XVI
Diicnstion fur les éyénements militaires du 30 novembre et da 2 décembre.
{Extrait des procès- ver baux du Gouvernement de la Défense
nationale.)
SÉANCK DU 21 DÉCEMBRE (8 heUfOS 1/S ).
Sont présents les membres du Gouvernement, les ministres, M. le préfet de police, les secrétaires; MM. vice-amiral La Roncière, contre-amiral Pothuau, général Ducrot, général Tripier, général Frébault , général Chabaud-Latour , général Guiod , général Noël, général Vinoy, général Clément-Thomas, général de Bellemare.
Le général Trochu entre dans tous les détails d*organisation de l'armée de Paris. Puis il indique qu'il a eu un plan complet et conforme au vœu du général Vinoy. Ce plan consistait à tenter une trouée par la ligne de Rouen , dont il expose tous les avantages au point de vue des opérations militaires et du ravitaillement. Ce plan allait être exécuté, lorsqu'il a été brusquement abandonné à la suite des dépêches et des objurgations de M. Gambetta annonçant qu'une armée de la Loire, forte de 150,000 hommes, marchait sur Paris, qu'elle était à Montargis; que delà, elle irait à Fontainebleau , et qu'il fallait absolument lui tendre la main de ce côté. Voilà ce qui a motivé le passage de la Marne et les combats du 30 novembre et du 2 décembre, qui ont tant et inutilement épuisé l'armée.
M. le général Trochu déclare qu'il se voit à regret obligé de révéler ces choses ; mais, enfin, la situation lui en fait une nécessité, et il énumère les difticultés de la lutte sur les bords de la Marne et l'absence des munitions qui Tout empêché , le £ au soir, de profiter du succès de la journée.
Séance du 26 décembre (8 heures 1/2 de l'après-midi). M. le général Trochu lit ensuite son rapport sur les opérations
conçues ou exécutées depuis le commencement du siège. Il en résulte que son plan sur la basse Seine a dû ôtre abandonné pour celui de la Marne, suivant la demande instante de M. Gambetta.
M. J. Favre demande que Ton rejette tout entière, sur la Délégation de Tours, la responsablité de ce changement de plan.
M. le général Trochu refuse à décliner ainsi, en la rejetant sur un autre, une responsabilité, dont il trouve juste de conserver sa part.