‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 5)Chapitre 17 sur 98 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

BATAILLB DE MONTRETOUT-BtIZENVAL.

(19 janvier 1871.)

Le signal Lo sigual do l'action devait être donné du Mont-

1 aciionestdonné Valérieu à 6 heuros et demie; mais le commandant du

fort , le colonel de Lochner , ne voyant pas arriver le

Gouverneur, avait attendu Enfin » à 7 heures , il

fait lancer la troisième fusée tricolore qui doit annoncer

le commencement de la lutte A ce moment même

le généia^ Trochu entre sous les portes de la forteresse où on lui remet une dépêche du général Ducrot datée du moulin des Gibets : « Les colonnes ne sont pas là; « f attends. »

Le Gouverneur envoie aussitôt le commandant de Lemud, son officier d'ordonnance, courir après le général Noél, qui s'était porté en avant dès le signal donné, pour arrêter son mouvement et lui prescrire de différer Tattaque jusqu'à nouvel ordre.

En même temps , il expédie au général Ducrot la dépêche suivante : « 7 heures un quart. — Nos têtes de

( colonnes ne sont pas encore arrivées , le général Noël c s'est engagé seul ; je fais courir après lui pour l'arrêter I s*il en est temps encore ; pressez la formation de vos

< troupes, je ferai donner un nouveau signal dans une

< heure. »

Malheureusement le commandant de Lemud , malgré la plus grande diligence , ne put arriver assez tôt pour arrêter les colonnes du général Noël déjà fortement engagées, et il fallut donner Vordre au général de Bellemare d'appuyer leur attaque, dès qu'il pourrait disposer d'une brigade ; c'était le décousu qui continuait , c'était la mauvaise chance qui s'acharnait dès le commencement de celte journée si hâtivement préparée.

Quoi qu'il en soit, et malgré cette première confusion, la bataille s'engageait : la division de Beaufort marchait en trois colonnes.

Au centre, le général Noël s'avance sur la redoute de Montretout avec un bataillon du 139' de ligne et le 2' régiment de garde nationale mobilisée ; à droite, le lieutenant-colonel Madelor avec le régiment de mobiles de la Vendée, le 2* bataillon de la Drôme et le 41'' régiment de garde nationale se dirige sur la Briqueterie (point coté 112) ; à gauche , le commandant de Lareinty avec les francs-tireurs des Ternes, le 4* bataillon des mobiles de la Loire-Inférieure et une partie du 2* régiment de garde nationale longe la route de Saint-Cloud pour enlever la villa Pozzo di Borgo (1). .

Les hommes marchent difRcilement... le brouillard est intense , le dégel a détrempé le sol couvert de boue « de (laques d'eau... Néanmoins, on arrive près de l'ennemi ; la brume épaisse cache nos mouvements . . . , les Allemands sont surpris, d'autant plus surpris qu'ils

7 heures.

Division

de Beaafort

marche

sur MontreiOBt

et

tes abords.

Il) Voir croquis n" 4 bis.

étaient habitués à une violente canonnade de notre part avant tout engagement.

Bientôt la fusillade retentit de tous côtés . . . Les troupes peu nombreuses de la redoute de Mont retout se multiplient et résistent énergiquement aux nuées de tirailleurs qui les assaillent. Mais les francs-tireurs des Ternes étant parvenus à s'emparer des maisons échelonnées sur le versant de Montretout, du côté de la gorge de l'ouvrage, les Allemands se voient sur le point d'être enveloppés... ils prennent la fuite... une soixantaine des leurs, cachés dans les casemates, sont faits prisonniers. En même temps la Briqueterie est occupée, les autres postes du chemin de la Guette sont refoulés, et les mobiles de la Drôme, de la Vendée prennent position sur la crête, à l'ouest du Montretout.

Prise Pendant que le général Noël fait occuper la redoute par

pozzo*d?Bo?go le bataillon du 139* de ligne et les gardes nationaux du les framïtireurs 2* régiment, les fraucs-tirours des Ternes, les mobiles de

des Ternes

et les mobiles la Loiro-Inférieure pénètrent dans le potager, le jardin du Loire-Inférieure, parc Pozzo di Porgo, rofouleut los Prussions jusqu'au

château, mais ne peuvent s'emparer de ce réduit; la 4'usillade se précipite, les balles sifflent, ricochent d'arbre en arbre..., plusieurs francs-tireurs sont atteints, un de leurs officiers, le capitaine Junnemann, est tué roide (1). Le commandant de Lareinty , voyant les difficultés d'une attaque directe, laisse les francs-tireurs aborder de front l'ennemi et essaie de tourner le château en suivant' le boulevard de Saint-Cloud. Pendant que s'exécute ce mouvement tournant à long circuit, quelques groupes de francs-tireurs des Ternes se précipitent dans la rue Impériale en se jetant par les petites rues de Montretout intérieures au grand boulevard.

(1) Voir croquit) n" 5.

us

4,000 mdêre^F

Des greniers, des caves, des croisées, part une fusillade des plus vives ; le lieutenant Guillot et plusieurs hommes tombent en face la maison Zimmermann (1).

Le commandant de Lareinty, après être parvenu à enlever une barricade sur le boulevard de Saint-Cloud, est bientôt arrêté par le feu d'une autre barricade établie au rond-poiiit qui forme l'extrémité de la rue Impériale. Ne pouvant forcer cet obstacle, il revient sur ses pas, longe le mur du parc Pozzo , y pénètre par une petite porte , s'empare du château et de la terrasse voisine , dite terrasse de Mont retout.

En vain les réserves des avant-postes ennemis cherchent-elles à soutenir les grand' gardes (2) en se portant sur leur emplacement de combat ; arrivées à mi-côte de Montretout, elles sont obligées de se retirer devant le feu des nôtres qui occupent la redoute, le château Pozzo di Borgo et une partie du village.

Plus à gauche, entre le chemin de fer et la Seine,

(1) « Vers 6 heures et demie, dit un récit allemand, écrit par un térooin oculaire, au moment oîi la patrouille réglementaire prenait les armes, le fort Valérieni qui était resté muet durant toute la nuit, tira uae bordée immédiatement suivie de trois fusées tricolores : ce signal nous mit en alerte. Malgré l'obscurité, je vis à droite de la redoute do Montretout des masses noires descendre rapidement les pentes et s'élancer vers Saint-Cloud et la redoute. Notre avant-poste, retranché à Montretout, se composait de 40 chasseurs n*» 2, commandés par le lieutonant von KaufflngeD, auxquels furent immédiatement adjoints 80 hommes du régiment 58 de Posen. Le gros de la colonne française tourna laredoute, et s'élança vers les maisons du haut Saint-Cloud, que défendait en se repliant le bataillon de chasseurs n* 2, capitaine von Stranz. J'arrivai au moment critique oîi un peloton de francs-tireurs (vert et bleu, avec des chapeaux de mousquetaires) et un bataillon de mobiles (commandant Lareinty, fait prisonnier plus tard] pénétraient dans la rue de la Guette, que nos fusiliers occupaient ; les Français étaient à dix pas, quand je' donnai l'ordre : Feu I et une meurtrière décharge arrêta net les assaillants. Ramenés au feu par leurs chefs, les Français chargèrent, et je vis mes fusiliers se replier devant les francs-tireurs, les mobiles, et UD garde national^ qui seul avait suivi l'élan donné. »

(â) CoBipagnies de chasseurs de la 9* division.

la colonne Mosneron-Dupin (3* bataillon d'Ille-et-Vilaine, 6^ régiment de garde nationale) en tète de laquelle marchent quelques francs-tireurs des Ternes , s'empare des villas Armengaud et de Béarn , et arrive aux premières maisons de Saint-Cloud au moment même où le comman* dant de Lareinty pénétrait dans le parc Pozzo. Prise Allant toujours de Tavant, mobiles de la Loire-Infé*

de la maison -i» *• jm i»i*xi

zimmermann. riouro , fraucs-tireurs des Ternes franohissent la rue Impériale près du pont du chemin de fer, cette partie de la route, un peu en contre-bas, se trouvant détUée de la barricade du rond-point, les assaillants marchent à l'abri ... ils pénétrent dans le parc, chassent les Prussiens de maison en maison, et s'établissent dans la villa Dantan, d'où l'on domine la voie ferrée, la grande route et une partie des terrains environnants ; mais, par ordre, on évacue cette bonne position pour aller occuper seu* lement la maison Zimmermann (1) .

Celte villa, située sur la rue Impériale , juste en face du château Pozzo, était solidement défendue; plus élevée que les abords du pont, du chemin de fer, elle n'était pas déniée de la barricade du rond-point qui balayait ses approches... Les mobiles hésitent à l'attaquer. Le commandant de Lareinty, des officiers et un certain nombre d'hommes énergiques se jettent en avant... Quelques-uns tombent en traversant la rue, mais la grande porte de la villa Zimmermann est enfoncée. . . la maison est bientôt envahie sans résistance sérieuse... le commandant de Lareinty s'y établit solidement, pendant que les francs - tireurs des Ternes et les gar-

(1) La maison du sculpteur Dantan, désignôd sous le nom de * maison Musée », dominaQi la voie ferrée, la rouie efc les parcs de ÎNiiiil-('luud el de Montreloui, était beaucoup plus avantageuse à eocupor t^ue ia inaisun Ziaiinermaaià. L'ordre fui porté par le Ueuteaani de La KouU- Inde, ofnrior d'ordonnance du général Noël.

DÉFENSE DE PARIS. IQl

des nationaux du 2* régiment occupent le parc Pozzo. En même temps le colonel Mosneron-Dupin élève de forteà barricades dans Saint-Cloud, depuis la gare jusqu'à la Seine, et reste maître de toute cette partie de . la ville, malgré les efforts réitérés de l'ennemi pour l'en déloger.

Ainsi de ce côté nous étions maîtres de la redoute de Montretout, du parc Pozzo di Borgo, de la maison Zimmermann , de la moitié de Saint-Cloud. C'était un succès, mais il ne fallait pas s'en exagérer l'importance ; car ces positions n'étaient occupées que c par des petits < détachements qui , chargés (l'observer le terrain, dec vaient , en cas d'attaque sérieuse , se replier immé- « diatement sur le gros des troupes ». (1)

Le général de BeUemare , suivant l'ordre du Gouverneur , met ses troupes en mouvement a mesure qu'elles arrivent en ligne ; dès 7 heures et demie ^ la brigade

Colonne du centre.

7 heures 1/2.

Fournès appuie le flanc droit des colonnes d'attaque de marche sur

*^*^ ^ Maison du Cure

Montretout-SaintrCloud (2). Celte brigade était divisée ^^

en deux colouuos, Tune, composée du 4"" zouaves, avait pour objectif la maison du Curé et le point 155, l'autre , 11* régiment de garde nationale, devait gravir le plateau sur la droite en conformant son mouvement a celui de la colonne de gauche.

Le 1" bataillon de zouaves, précédé d'une compagnie de tirailleurs, refoule les avant-postes et atteint rapidement l'autre flanc du coteau qui descend vers Montretout et Garches; les premières maisons de Garches sont occupées et mises promptemenl en état de défense; le '2* bataillon, formant deuxième ligne, prend position dans

phitrau l.'iS.

il) Maijur Blum.

i2. Voir croquis n* 6.

une tranchée en arrière du village, de manière à soutenir le 1" bataillon.

En même temps que s'exécutait cette pointe hardie, le 3* bataillon de zouaves et le 11" régiment de garde nationale (lieutenant-colonel Duval) s'étaient emparés de la maison du Curé et avaient poussé leurs tirailleurs jusqu'au bord du plateau.

Brigade coionieu Aussitôt arrivée à la Pouilleuse, la brigade Colonieu

marche sur ^

parc de Buienyai est laucée sur le parc de Buzenval (1). La colonne d'al-

angle N. E. * ^ '

8 heures. taque , SOUS los ordres du lieutenant-colonel AUard , est formée par les 2* et 3" bataillons du 136* et le 9* régiment de garde nationale (lieutenant-colonel Crisenoy). Le 1*' bataillon du 136* et le régiment du Morbihan sont en réserve.

A droite, les francs-tireurs de la division de Bellemare (commandant Blanc) doivent se relier à la colonne du général Ducrot.

Les 2* et 3* bataillons du 136*, précédés de tirailleurs, dirigent leur attaque depuis l'angle nord-est du mur jusqu'au grand rentrant au pied du château. Après une très-faible résistance de Tennemi, nos soldats atteignent le mur du parc ; les sapeurs du capitaine Coville pratiquent plusieurs brèches à la pioche et à la dynamite... les colonnes s'y précipitent... — Pendant que nos tirailleurs poursuivent les petits postes ennemis , qui se replient en toute hâte vers la maison Craon et la Bergerie, le 136* pousse à droite pour explorer le versant nord; il est soutenu par le 105* bataillon de garde nationale (9* régiment), qui vient de franchir la brèche, le colonel de Crisenoy en tète : les deux colonnes s'avancent dans le parc de Buzenval ; le 105% longeant le mur de clôture, cherche à tourner les défenseurs du château,

(1) Voir croquis n« 7.

et le 136* s'élève obliquement sur les pentes, de manière à gagner la crête, pour de là aborder la Bergerie. A peine avions-nous fait quelques pas, que, du fond du parc , une fusillade des plus nourries nous accueille... des fossés, des abatis, pleut une grêle de balles. Forcés de s'arrêter, les hommes s'embusquent derrière les arbres, dans un chemin creux, et engagent le feu, mais sans trop savoir comment diriger leurs coups contre un ennemi invisible.

A ce moment, 8 heures et demie, la tête de la brigade Valentin se porte en ligne sur la droite , pendant que le 16* régiment de garde nationale reste en réserve en dehors du parc (1). Le 1" bataillon du 109*, conduit par le HeutenantK^lonel Landrut, se dirige sur le château de Buzenval.

Pénétrant par la grille, nos hommes envahissent le château, promptement abandonné par Tennemi, dès que celui-ci se voit menacé d'être coupé par le mouvement tournant du lieutenant-colonel AUard. — Cette position est fortement occupée.

Pendant que le 2* bataillon du 109* contient les défenseurs du mur de Long-Boyau, la colonne AUard (136' et 9* régiment de garde nationale) fait un changement de direction à gauche pour gagner la crête et faire face à la Bergerie...

La marche est difficile ; il faut gravir les pentes boisées sous une fusillade de front et de flanc... On se heurte à des abatis formant un obstacle impénétrable. Cependant nos sapeurs, la hache à la main, s'y frayent un passage, et les hommes arrivent à la crête : devant eux s'étend un terrain presque découvert, limité par des murs crénelés, des tranchées, des abatis.

Brigade Valentin

marche

sur le chfttean

de

Busenval.

8 heures 1/2.

La colonne Allard (brigade

Colonieu) marche sur la

Bergerie.

(1) Voir croquis n« 8.

110 DÉFENSEJÎ^DE t^ARlS.

On laisse les soldats respirerjquelque temps, et on attend l'entrée en ligne du colonel Colonieu, qui ne tarde pas à arriver à la tête du 1** bataillon du 15R*, et du 82* bataillon de garde nationale (du 9* régiment) ; il prend position à gauche de la colonne AUard. Attaque L'actiou s'eugage immédiatement. Le colonel Colonieu

la maison craon s'avance suf la maisou Craou , le lieutenant - colonel

et ^,^

de la Bergerie. Allard, vers la Bergerie. .. En même temps, à la gauche 9 heures 3/4. ^q ja colounc d'altaque Colonieu , les zouaves et les gardes nationaux du H* régiment, poursuivant leur premier avantage, marchent sur le plateau 155, dont ils s'emparent facilement, ainsi que de l'enclos situé de l'autre côté du chemin de la Guette...

Mais les difficultés sont beaucoup pluë grandes devant la Bergerie, grand bâtiment précédé de lotigs mtirs crénelés , de tranchées , formant Une sorte de vaste quadrilatère dont les faces sont couronnées de feux (4).

Néanmoins, tout le 436* s*élancë vivement en avatit, le l** bataillon à gauche, le 2* au centre, le 3* â droite.

L'attaque du centre, menée par le commandant Suillot, qui se fait bravement tuer à la tête de ses hommes, arrive jusqu'au pied du mur AB; mais criblé par le feil meurtrier partant de tous les créneaux, le 2* bataîlloîi est obligé de se retirer... il prend position â Une centaine de mètres en arrière . . . Abrités par les abatis de la défense, noô soldats engagent un feu nourri àvec les tirailleurs postés derrière les créneaux de la fertne et des murs.

A droite, le 3* bataillon du 136*, le bataillon des francstireurs du commandant Blanc, et le 103* bataillon de la garde nationale parviennent à gagner le mur DE, qui sépare le parc de Buzenval de la grande plaine du

(1) Voir croquis n* 9.

vu

DÉFENSE DE PARIS. Hl

Haràs, et forcent les Allemands à se retirer dans les défenses de la Bergerie. Du mur DE, nous débouchons dans la plaine par des brèches rapidement pratiquées ; mais une fois sur le plateau complètement découvert, nous sommes reçus par un feu violent venant à la fois de la Bergerie, du Haras, de la tranchée et des abatis reliant ces deux positions. Forcés de se replier, nos hommes s'embusquent dans le fossé qui longe extérieurement la muraille, à cette môme place, s'établissent le bataillon des francs-tireurs et une compagnie du 3* bataillon du 436*. Les autres compagnies du 3* bataillon , ainsi que les gardes nationaux, s'abritent derrière le mur qui vient d'être crénelé, et fournissent ainsi un deuxième étage de feux.

Sur la gauche, le 2* bataillon du 136% auquel s'étaient jointes quelques fractions du 105* bataillon de la garde nationale, gagne assez facilement l'enceinte du parC; mais de Tautre côté se trouve un mur crénelé , séparé par un chemin, lequel est enfilé par la barricade A.

Exposés aux feux croisés de la maison Craon, du mur crénelé et de la barricade , nos tirailleurs ne peuvent pousser plus loin ; ils se défilent sur le bord du plateau, en avant d'un bois de sapins, les réserves prennent position derrière le mur du parc.

La brigade Colonieu, serrant de très-près les défenseurs de la Bergerie et de la maison Craon, tient donc toute la lisière sud du parc de Buzenval ; elle se relie à la brigade Fournès, postée sur le plateau 155, à l'aide du 82* bataillon de garde nationale ; elle est couverte sur son flanc droit par le 109* de ligne, dont les â* et S" bataillons viennent d'arriver.

Pendant que ces diverses péripéties du combat se déroulent sur le plateau de la Bergerie, nous continuons â maintenir nos positions sur la gauche, et nos tirailleurs

forment une ligne continue depuis le mur de Long- Boyau jusqu'à la Seine, passant par le mur Sud de Buzenval, le point 155, la redoute de Montretout, le parc Pozzo di Borgo et la ville de Saint-Gloud. Les deux bataillons de zouaves se trouvent en pointe vers Garches, dont les premières maisons sont en leur pouvoir. Opérations VoFs los ucuf houres, lo général Vinoy, voyant arri-

en avant de « • i • * i

la ver les renforts ennemis, et craignant que les zouaves ne

Maison du Curé. , , i . .

soient enveloppés dans la position avancée de Garches, leur envoie Tordre d'évacuer les maisons qu'ils occupent. Le 2* bataillon , posté , comme nous l'avons dit plus haut, dans une sorte de tranchée parallèle à Garches, protège la retraite du 1** bataillon, et refoule lés Allemands qui débouchent à la suite des nôtres... Mais, plus sur notre gauche , une colonne ennemie , cheminant à mi-côte, force les gardes nationaux du 11* régiment (1) à rétrograder, et marche vivement sur la maison du Curé, de manière à séparer la colonne du centre de celle de droite.

Ordre est donné au colonel Franceschetti de faire avancer les réserves : le lieutenant-colonel de Courcy, à la tête du 4* bataillon de Seine-et-Marne, se porte en avant et reprend la position abandonnée par les gardes nationaux; il pousse jusqu'à hauteur du cimetière, chassant devant lui les tirailleurs ennemis, qui rentrent dans le village... Les Allemands tentent un nouvel effort sans plus de succès ; ils sont refoulés par les mobiles, et Ton continue à se tirailler à distance.

Nouvelle atuque Devant la Bergerie, nous continuons à rester face

de

la Bergerie, à faco saus avancer ni reculer. Le lieutenant-colonel AUard, voyant qu'il ne peut tourner cette ferme par le plateau , sillonné de tous côtés par un feu violent de

(1) Co régiment formait brigade avec les zouaves.

mousqueterie , demande au capitaine du génie Coville d'essayer de faire brèche à la ferme môme : si cela est possible, il enlèvera la Bergerie d'assaut.

Le capitaine Coville a encore de la dynamite, mais plus d'amorces. Les dernières ^nt été brûlées en renversant une partie de la muraille DE (1)... Néanmoins, cet ofQcier veut tenter l'opération ; accompagné du souslieutenant Âzibert et du sergent-major Lepage , il se dirige sur la ferme, en se défilant le plus possible le long du mur, dans le fossé DG, bordé de broussailles ; ces trois hommes parviennent au pied môme de la ferme saqs être aperçus... Ils placent la dynamite contre la muraille...; le serçent-major fait feu presque à bout portant sur le sac de dynamite... M. Azibert décharge son revolver...; la détonation ne se produit pas... Le sergent-major recharge son chassepot et tire de nouveau... ; mais sans plus de résultat... la dynamite en partie dispersée ne fait pas explosion. . . elle était gelée.

Entendant ces coups de fusil , les Allemands sortent de la ferme ... ils voient ces trois braves gens dans le fossé..., font précipitamment feu sur eux à vingt ou trente pas..., les manquent, et atteignent au delà quatre sapeurs, qui, malgré leur capitaine, avaient voulu le suivre dans sa mission périlleuse. L'ennemi garnit aussitôt la tranchée reliant la Bergerie au Haras, d'où il tire sur nos soldats du génie, en train de prolonger le fossé jusqu'à l'angle de la muraille, afin de permettre au capitaine Coville et à ceux qui l'accompagnent de rentrer à

(1) On sait que pour obtenir avec la dynamite une détonation et des effets brisants, hn doit y mettre le feu en faisant aboutir le corcieau porte-feu à une capsule fulminante; alUiméc autrement, elle fuse ou flambe sans détonation... Cependant, la dynamite détonne également sous un choc violent : ainsi, une balle de revolver tirée à petite distance, une balle de chasseput à plusieurs centaines de mètres, provoquent une explosion, mais il no faut pas que la dynamite soit gelée.

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