‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 5)Chapitre 19 sur 98 · IV · texte numérisé non relu

IV

130 DÉPENSE DE PAHIS.

commandant parvient enfin à mettre \û pièce en batterie, mais au bout du troisième coup, elle est renversée par un obus au milieu des débris de ses roues et de son affût (1)*

De ces quatre pièces tnontées avec tatit de peine aucune ne put donc être efficacement utilisée pour la redoute^ malgré le sang-froid et Fénergie du commandant Tardif de Moidrey qui les dirigeait*

A 8 heures le. géuértd Ouilleinaiit, envoyé dâtis Touvrage pour le retourner bortlre reiltietiii, télégraphiait :

c Le feu de Tennemi trés-violmit, le fnàuvaië état des « ôhemins surtout, nous empêchent de monter stlr les < parapets les pièces que tious avons à notre disposlUon. « Si on ne peut pas nous soutenir, des accidents sont « â craindre. *

Devant Timpossibilité de faire arriver les batteries ni

sur la crête , ni dans la redoute, appui énergique est

demandé au Mont-Valérien , ainsi qu'au 6* secteur qui,

avec leurs gros calibres , pouvaient atteindre le parc de

Saint-Cloud , le parc de la Brosse et celui de Thospice

Brezin. En même temps, le général Vinoy faisait avancer

son artillerie aussi près que possible de la crête en

avant de la Briqueterie. Mais tout contre le flanc du

coteau, elle ne pouvait nous être d'aucune utilité.

1 heure i/2. Daus le bois de Buzenval , les troupes de la brigade

Deux"^ièce8 Colouieu étaient toujours face à l'ace avec les infranchis-

à monter la crête sables obstaclos do la maisou Craon et de la Bergerie.

et c»nonaent ^

la Maison Craon. Ellos no roculaient pas à la vérité , mais elles ne gagnaient pas non plus une parcelle de terrain ; là , peutêtre, au moins autant qu'à l'aile gauche , le besoin de

(1) La 2« batterie légère réussit, vers midi, à obliger à la retraite une batterie ennemie ({ai avait pris position à l'ouest de la redoate, et qu; ne put tirer que trois coups. (Opérations du V* corps prussien.)

Taftillerie se faisait sentir. . . Il était bien évident que la mousqueterie seule était complètement insuffisante devant ces murailles.

Depuis longtemps le colonel Colonîeu , le lieutenantcolonel AUàrd, avaient demandé quelques pièces aU général de Bellemaré; mais tous les efforts pour faire avancer Tartillerie avaient été inutiles. . . Cependant, à force d'énergie et de résolution, une pièce de 42 de la batterie Donato , commandée par le sotls-lieutenant Lâcaze , parvient , en doublant les attelages , â gravir la pente en avant de la Pouilleuse. . . Aussitôt elle se met en batterie un peu en deçà de la crête, près du mur du parc de Buzenval, et tire sur la maison Craon; mais utl petit bois taillis, placé devant cette habitation, la cache à nos coups, les fusées percutantes éclatent souvent dans les branches , et les obus n'arrivent pas jusqu'au rtiur

de la maison. Ne pouvant faire brèche, M. Lacaze tire avec quelques fusées fusantes, mais sans obtenir de résultat décisif. . . il fallut donc renoncer à donner Tassatit à la maison Craon. Il est fâcheux que d'autres pièces

n'aient pas suivi le chemin de la section Lacaze. . . Quelques-unes établies en T , par exemple , dans l'aveiiue FD, face à la ferme, où elles pouvaient arriver, auraient certainement réussi à rendre cette position tout à fait intenable, alors le plateau de la Bergerie aurait pu être enlevé directeibent.

A la droite, bien qu'arrêté devant le mur de Long» Boyau, on continuait à se maintenir sur les positions conquises ; malheureusement on ne pouvait rien faire de plus... la presque totalité des troupes de réserve était engagée; le général Faron, après avoir envoyé d'abord dans le parc le Sb" de ligne et le 19" régiment de garde nationale, avait dû quelque temps après les faire soutenir par le 42* de ligne.

La division Pendant que les divisions Berthaut et Faron étaient repousse les aux priscs dans le parc de Buzenval, la division de Sus-

Allemands

jusque dans le bielle, maintenant l'ennemi en avant de Rueil, le refou-

vallon '

de saint-cucofa. jait j^ poste do la Malmaison et de la villa DoUinger...

Poursuivant ses avantages, elle finit par rejeter les Allemands dans le vallon de Saint-Gucufa . . . Tout le jour, le général de Susbielle arrêta ainsi une partie de la 10* division prussienne, Tempôcha de déboucher et observa en môme temps l'ennemi établi dans la presqu'île d'Argenteuil.

De ce côté, en effet, une attaque de flanc était à craindre de la part du 4* corps allemand ... En prévision d'une pareille éventualité, le général Ducrot avait fait observer toute la ligne de Chatou à Bezons par le commandant Fâverot de Kerbrech. Cet officier supérieur, ayant sous ses ordres deux escadrons de dragons, les éclaireurs Franchetti, une section d'artillerie, accomplit parfaitement sa mission en rendant un compte exact et détaillé de tous les mouvements des forces ennemies qui venaient successivement couronner les abords de Montesson, Chatou, Carrières-Saint-Denis.

Ces troupes ennemies ne donnèrent pas, mais les batteries de la presqu'île prirent une part très-active à la lutte... l'artillerie de la colonne de droite engagea avec elles un combat vif et soutenu. . . Le Mont-Valérien, les batteries des Gibets, de la gare de Rueil, deux batteries sur wagons blindés arrivés à toute vapeur, criblèrent de projectiles les batteries de la presqu'île et les obligèrent, sinon à cesser leur feu, du moins à changer fréquemment de position. . . Une de ces batteries étant venue se placer près de Chatou, à 1 ,200 mètres de la gare de Rueil, eut bon nombre de ses hommes fauchés par nos mitrailleuses avant d'avoir pu tirer un coup de canon. . . Malgré l'entrée en action des batteries ennemies du pla*

teau Saint-Michel qui, aussitôt le brouillard complètement disparu, croisèrent leurs feux avec Fartillerie de la rive droite, nos batteries continuèrent à se maintenir énergiquement et à rendre coup pour coup ; seul, le train blindé fui obligé de battre en retraite. . . Le lieutenant de vaisseau qui le dirigeait ayant été blessé, plusieurs matelots tués, une locomotive mise hors de service . . . , il fallut faire machine en arrière et se retirer.

L'attaque de front du plateau de la Bergerie étant toujours aussi infructueuse, les troupes des généraux Valentin, Bocher, Miribel se décident, sur Tordre du général commandant Taile droite, à faire un nouvel effort contre le mur de Long-Boyau, mais il n*est pas plus heureux que les précédents . . . nous ne pouvons entamer cette muraille qui nous avait coûté tant de braves soldats.

Dans la partie inférieure, le colonel de Miribel veut cependant, de nouveau, essayer de s'emparer de la porte de Long-Boyau : le mouvement n'ayant pas réussi par Tin teneur du parc, il pense être plus heureux en rasant extérieurement le mur MO (1). . . Prenant ses dispositions, il échelonne tout le long de ce mur un bataillon du Loiret et place sa réserve dans l'angle P...; mais il était déjà tard, le mouvement, en lui-même, n'offrait que peu de cJiances de succès, et, dans tous les cas, il ne pouvait avoir aucune suite... C'était donc un nouveau sacrifice de braves gens sans résultat. Le général Ducrot, consulté, arrête le colonel de Miribel et lui ordonne de se maintenir sur ses positions, sans plus rien tenter.

Puissamment soutenu par de nombreuses batteries dont les repères, les champs de tir sont depuis long-

Noovelle tentative contre

la porte de Long-Boyau.

Situation de nos troupes

vers les 3 heures

(1) Voir croquis n« 13.

temps étudiés..., parfaitement abrité par des tranchées, des abatis, des murs crénelés, Tennemi nous oppose dono depuis Saint-Cloud jusqu'à la Seine une résistance invincible (1).

Toutes nos attaques, tous nos assauts ont échoué devant ces murailles bien défendues, murailles que notre canon ne peut môme apercevoir, des points où il est immobilisé. Ces efforts infructueux, ces insuccès répétés avaient forcément amené sur toute la ligne un moment d*attente, temps d*arrét comme il s'en produit souvent sur les champs de bataille. . . les hommes, visiblement fatigués, ne tiraient plus. . . Tencombrement sur certains points était immense ; nous avons vu, dans le parc de Buzenval, avec quelle peine infinie on était parvenu à mettre un peu d'ordre au milieu des mobiles, des soldats de la ligne, des gardes nationaux mélangés pêlemêle... vers la gauche, la confusion était plus grande encore.

A la Briqueterie, Tartillerie qui avait quitté cette po<sition avait été aussitôt remplacée par des files innombrables de voitures d'ambulance venues s'entasser sur la route menant au rond-point des Bergères et sur low les chemins qui descendent à la Seine, t On y voyait

< aussi des camions de chemin de fer portant le» oais- % ses de vivres et de munitions de réserve de la garde f nationale, qui, bien que peu engagée, avait déjà fait

< une gr^iide consommsition de cartouches. Ces (ourdis

< voitures se trouvaient enfoncées dans les pri^ières c profondes creusées par le passage des grosses piècps « d'artillerie.

c . . • Beaucoup de gardes nationaux commengeient c à trouver la journée un peu longue... Déjà nombre

1) Voir croquis n» 14.

DÉPENSB DE PilRIS. 185

c de simples gardos, des officiers s'esquivaient sous préf texte de blessures imaginaires. Plusieurs d'entre eux f ealevèr(»nt d'assaut les omnibus destinés ap transport • des blessés et se firent ramener par eux à Paris (1) ! ... ii

Cependant le moment le plus critique de la journée 3 haarM 1/2. allait arriver. Voyant notre feu s'affaiblir, voyant que nîroffensivc nous nous maintenions exclusivement sur la défensive, l'ennemi se décide à prendre l'offensive, c La lutte devenant de plus en plus faible, dit le récit allemand des opérations du V* corps prussien, le général von Sandrart, commandant la 9^ division, crut le moment venu de prendre l'offensive sur toute la ligne ; il prescrivit à l'artillerie d'alloager son tir sur le pare de Buzenval et les hauteurs de Garches, prin* cipalement sur un mur situé au nord du cimetière de Garches, derrière lequel l'ennemi s'organisait pour la défense, et sur les réserves qui se tenaient à Tabri en arrière des hauteurs. . .

€ En même temps, les dispositions sui\antes sont ordre de combat

.. nit jit'1 1.1 • de l'ennemi.

présentes pour 1 attaque de 1 aile gauche. Le major Cumme, avec deux compagnies de fusiliers du régi* ment n" 59, délogera l'ennemi du mur du château de la Bergerie et du mur inférieur de Buzenval ; le ba» taillon de fusiliers du régiment n* 47 se portera a « la Joyeuse Saucisse aux Pois t (S) et s'y tiendra prêt à marcher; le colonel vonKôthen, avec les S"" et 8' compagnies du régiment n**59 et la 4* compagnie de chasseurs, le bataillon de fusiliers et le 1" bataillon du régiment des grenadiers du roi n'' 7, ces deux derniers appartenant à la réserve principale, enlèveront les

^1) Extrait du général Vinoy {Siège de Paris, tome 1").

[i) Enseigao d'un cabajret que les Prussiens avaient installé au Miiliuu <le9 ruines de Villeneuve-rÉtang.

ff hauteurs de Garches en partant du village du même

< nom... (1) »

3 heures 1/2. Ëxcités par la présence du prince royal qui venait L'atûqne d'arriver sur le champ de bataille, certains d'être solirepoussée. domeut souleuus par toutes leurs réserves, les Prussiens s'élancent sur nos positions ... (2)

Le bataillon du régiment n* 59 (major Cumme) sortant de la Bergerie, parvient à déloger nos tirailleurs du mur situé en avant de cette ferme. • ., mais il échoue complètement contrôle mur de Buzenval; le 1"^ bataillon de zouaves, le â* bataillon du 35* (division Faron), les 1* et 2* bataillons du Morbihan, entrant dans le parc, soutiennent énergiquement les défenseurs du haut du plateau (brigades Valentin, Colonieu), et contribuent [à repousser l'ennemi.

< A l'aile gauche, dit le récit allemand, le major « Cumme, ne réussit pas, malgré des attaques réitérées c partant de la Bergerie, à débusquer l'ennemi posté « derrière le mur supérieur de Buzenval, en dépit de c toute la bravoure déployée par les hommes et de tout c le dévouement des officiers ... ; un capitaine et un c lieutenant sont tués et deux ofQciers grièvement bles-

< ses, en essayant, à deux reprises, de forcer le passage « à travers le mur (3). »

Échec Sur les hauteurs de Garches, l'attaque des Allemands

des Allemands ^

es hauteurs de ^^'^tait pas plus houreuse ; le colonel von Kôthen, dé-

Garcbes.

(1) Voir croquis n* 15.

(2) Une partie de la 22* division venait d'arriver dans le parc de Saint- Cloud. . . En même temps, accouraient une brigade bavaroise et une brigade de landwehr de la garde.

(3) « Les fusiliers du régiment d'infanterie n* 67 devaient seconder un nouvel assaut contre le mur de Buzenval; on y renonça à cause de la nuit survenue sur ces entrefaites, et, en raison des abatis qui se trouvaient le long du mur, on le réserva pour le lendemain matin, m {Récit allemand,)

ployant trois compagnie^ de fusiliers du régiment de grenadiers du roi n"" 7 et les quatre compagnies de chasseurs en colonnes de compagnie, suivies par une compa* gnie de fusiliers en réserve, débouche de Garches. . . Le 1* bataillon du régiment des grenadiers du roi n" 7 appuie Tattaque du colonel von Kôthen qui est soutenu, à gauche, par le bataillon de fusiliers du régiment n"" 47 , à droite, par la 3* compagnie de chasseurs, reliant cette colonne avec celle qui se porte sur la redoute de Montretout.

Accueillis par une vive mousqueterie, les Allemands n'en continuent pas moins à gravir les pentes . . . Déjà sur quelques points la ligne de tirailleurs de la brigade Fournès commence à reculer, quand arrivent au pas de course les soutiens ... le feu redouble ... les bataillons de Seine-et-Marne, le 4* bataillon des Côtes-du-Nord, les francs-tireurs de la division Courty viennent successivement renforcer les combattants : zouaves, soldats de la ligne, mobiles, rivalisent d'entrain et d'ardeur. • .

Bientôt les grenadiers du roi, les fusiliers-chasseurs, écrasés sous une grêle de balles, font demi-tour et descendent plus rapidement la côte qu'ils ne l'ont montée. Nos francs-tireurs de la ligne les poursuivent jusqu'au cimetière... Mais là, les Allemands, bien abrités derrière les murs, les assaillent par un feu de mousqueterie qui en tue ou blesse un grand nombre . . . Leur commandant Lécuyer est blessé, le capitaine Frère, qui lui succède, est également atteint. . . Le capitaine Risbourg parvient cependant à ramener nos francs-tireurs sur la crête, où, malgré la pluie d'obus qui inonde le terrain, nous tenons ferme sur nos positions.

En résumé, l'attaque de gauche de la 9' division en-

* nemie avait complètement échoué devant les troupes du

général de Bellemare, soutenues dans le parc de Bu-

iS8 DÉFENSE DE PARIS.

zenval par une partie des troupes du général Duerot, et sur la crête de la maison du Curé, par les francs-tireurs de la division Courty.

Atuque « A Taile droite de la 9* division, le général von

de l'aile droite . , , , i , * » » i

de Bothmer ayant vainement cherché a s emparer de la re-

la 9« division '

ennemie doulc BU faisftnt converffer sur elle un feu de plusieurs

sur Montreloot. ^ *^

batteries et n'ayant obtenu aucun résultat par ce moyen, prescrivit au lieutenant-colonel von Klaiz de faire enlever la redoute. Celui-ci charf^ea de cette opération la 2* compagnie de chasseurs, les 9* et !()• compagnies du régiment n"" 58 et la 12* compagnie du régiment n* 69. c Afin de protéger ce mouvement sur la gauche, la 3* compagnie de chasseurs et la 9" cx)mpagnie du régi-* ment n"" 59 devaient s'avancer de la Porte-Jaune vers les hauteurs. Sur la droite, cette attaque était couverte par les l*", 4*^ et 12* compa^icnies du régiment n* 58 et la 6* compagnie du régiment n* 88. • Le pnérai vinoy Pour relcvcr et souteuir les troupes du général de ou TlJorcev^es Boaufort, qui, sous le feu de Tennemi depuis le malin,

troupes . 1 • 1 1 1 . . 1

qui vont avoir à vout reccvoir tout le poids de cette attaque, le gênerai

soutenir » *>

ï'a}^i«'i"e de Vinoy fait avancer la brigade Avril de l'Enclos (123*, 124* et 5* régiment de garde nationale). Le 123*, dirigé sur Montretout, envoie le 2* bataillon dans le parc de Béarn ; le l*' bataillon occupe la redoute et le 3* est placé en réserve sur la pente à l'Est de l'ouvrage.

Le 124% avec son l*' bataillon, renforce la villa Àrmengaud, les deux autres se placent en soutien derrière la crête de la maison du Curé occupée par les zouaves et les mobiles de Seine-et-Marne. . . (1)

(i) Bicnlol les deux balaillons du 123* entréreDt en ligne pour remplacer les ^ouave» et les mobiles qui combattaient depuis le matin. La brigade Avril de l'Enclos appuya alors sa droite à la maison du Ciiréf pendant que la brigade Fournès, remontant vers la droite, renforçait (^ plateau 155, ^ soutenait «jnsi 1# bri994o Coloaieu«

DEFENSE DE PARIS. iSO

Abrités derrière la ligne de hauteurs, bien postés L'assaut de u dans la redoute et autour de cet ouvrage, nos tirailleurs deHontretoutest

repoussé.

couvrent les assaillants de leurs feux et les forcent à se retirer après leur avoir fait subir des pertes considé* râbles.

« Cette attaque, dit le récit des opérations du V corps, tomba sur des forces supérieures qui s'étaient tenues cachées derrière la ligne de hauteurs. • . Dans cet assaut, nous eûmes à subir des pertes énormes. . , < Le mouvement des compagnies parties de la grille f:chec

de Tennemi dans

d*Orléans n'amena pas le résultat qu*on désirait (1). .„ le

* ^ ^ ' villaf;e même

Elles éprouvèrent, dès la rue Impériale, une forte ré- ^« Montireiout ; sistance qui empêcha la 2* compagnie de chasseurs et pjj^ {[npéîlaie!* la 12' compagnie du régiment n° 59 de traverser Saint- Cloud pour gagner le flanc de la redoute ainsi qu'on l'avait projeté. Les T et 10* compagnies, qui atta* quaient de front, durent s'ar^ét^r devant la résistance opposée par l'ennemi dans les maisons Zimmermann, Pozzo et celles situées en avant de la redoute; la 7* compagnie du régipienl n" 38, envoyée comme ren- ^ fort par le lieutenant-colonel von Klaiz, ne fut d'aucun secours. »

L'attaque de droite de la 9* division ennemie n*avait

donc pas eu plus de succès que celle de gauche ; les

troupes du généra Viqoy, comme celles du général d^

Bellemare, avaient partout tenu l'ennemi en échec. A notre extrême droite, vers Bois-Préau, la |0* divi- La lo- division

sion ennemie, sous les ordres du général Schmidl, cher- tente"vSnpnt

1 de

che à nous refouler dans Rueil. Tout d'abord, les batte- nous chasser

. 111 1 i» *'^^ positions

nés Samt-Michel redoublent leurs feux et couvrent conquises. d'obus nos positions. « La 5* batterie légère quitte son « emplacement de Saint-Michel pour se porter jusqu'au

[\) Voir croquis n» i6.

c bord supérieur delà pente escarpée », et contrebatnos batteries du Moulin des Gibets. Sa canonnade ayant suffisamment préparé Tattaque, le général von Schmidt prescrit au 2* bataillon du n° 37 de reprendre la Malmaison et Bois-Préau.

De notre côté, par suite d'un mouvement vers la gauche (1), le 116', qui occupait Bois-Préau, avait dû abandonner cette position et se porter à la maison Crochard, laissant la défense de Bois-Préau à deux bataillons du 53* régiment de garde nationale, le 90* et le 160*; l'un s'était placé en première ligne, l'autre en réserve dans Débandade lo parc. Lo 90* bataillou de garde nationale allait donc

u eo^^^a on pQjjgyQjp jg çjjQj, J^ ga bataillon du n» 37 prussien. Cegarde nationale. , . . . ^ .J ^ A- .11

lui-ci, garmssant rapidement avec ses tirailleurs un mur de clôture crénelé et une maison de garde située prés du rond-point, ouvre un feu assez vif sur les défenseurs du parc. A la première fusillade, le 90* bataillon de garde nationale lâche pied et s'enfuit à toutes jambes. Le général de Susbielle, qui était au Monte-Maria, accourt au milieu d'eux. En vain fait-il tous ses efforts pour les arrêter, les ramener. . . < Nous sommes trahis, s'écrient-ils, la ligne tire sur nous. . • » Un d'eux, brandissant son fusil, s'écrie : « Non ! général ! ce n'est pas c aujourd'hui que nous risquerons de nous faire tuer...; c bientôt, une occasion meilleure se présentera ! ! ! »

Et toute cette masse, affolée de terreur, entraîne avec elle le 160* bataillon et se jette, en poussant des cris affreux, dans le village de Rueil.

Belle conduite Sur l'ordro du général de Susbielle, le 115* de ligne

du bataillon . , i i «i*

de voionuires de accourt au pas de course pour reprendre la position

Montrouge.

(1) Le 42* ayant été appelé dans le parc de Buzenvat, le 116* avait reçu mission d'appuyer vers la maison Crochard, pour soutenir Tarlillerie, en attendant l'arrivée de la brigade Lespiau, en réser\'e à Rueil.

abandonnée ; mais les volontaires de Montrouge, faisant partie du 53* de garde nationale, honteux de la lâche conduite du 90* bataillon, réclament l'honneur de marcher à l'ennemi ; ils veulent réhabiliter la garde nationale, et, leur chef en tête, le lieutenant-colonel Delamarche, viennent prendre la place du 115* de ligne... Jusqu'à la tombée de la nuit, la fusillade avec l'ennemi fut assez vive, mais les Montrougiens, auxquels s'étaient mêlés quelques gardes des 90* et 160* bataillons, tinrent bon et conservèrent intacte la position qui leur avait été confiée...

Dans le parc de Buzenval, depuis la dernière tentative sitaation sur le mup de Long-Boyau et le Pavillon du Garde, on BuMnvai. ne faisait plus que combattre sur place. Du reste, la situation ne laissait pas que d'être assez difficile . . . Devant nous, se trouvait un mur infranchissable défendu par de nombreuses troupes relevées et renforcées par des réserves fraîches . . . sur notre droite et même sur nos derrières, des projectiles nous arrivaient de l'autre bord du fleuve... Généraux et officiers durent, à diverses reprises, faire tous leurs efforts pour empêcher certaines fractions d'abandonner la position; il fallut, pour relever ces troupes fatiguées, épuisées, faire entrer successivement dans le parc la majeure partie de la division Faron... six bataillons de mobiles, appartenant à la colonne du centre, sont également envoyés dans la partie sud de Buzenval par ordre du Gouverneur (1).

(1) Billet ail crayon,

2* AMCC. « 19 janvier, 3 h. 45.

tTAlHIUJOR CillilUL.

« Le général de Bellemare a reçu l'ordre de renc forcer votre gauche, et il envoie sur la crête s 6 bataillons.

a VOSSEUR. M

I/artlIlerie de Tuile droite

continue éneriîiqiiement

la lutte.

Nouvelle tentative infructueuse des Allemands

à S heures

sur le centre et

la gauche.

Les 10* et 11'' bataillons de mobiles du 4* régiment de la Seine (colonel Dautrement) prennent position dans le chemin creux au sud du parc.

Les 1*, 2*, 3* et 4* bataillons (1* régiment, colonel Piétri) restent en arrière, à l'entrée du parc.

Le régiment du Loiret peut alors se retirer en seconde ligne, prés du château (1).

Si à Talle droite, Taction de Tinfanterie ne se faisait plus fortement sentir, en revahche, l'artillerie poursuivait énergiqUement la lutte, ainsi que l'établit le récit allemand des opérations du V* corps, c Pendant toute « la durée de Tâctioti et longtemps après, le terrain en € arriére de la première ligne de la 10* division fut for- < temeUt balayé par leâ pièces de gros calibre de l'eri- « nemi. Leurs dbus arrivaient jusqu'à la réserve prin- «t cipale, près BeaUregard. Les pièces de campagne, k qui reridaient surtout le boid en arrière du pavillon € très-dangereux, battaient aussi le plalead de la Cellèc Saint-Cloud et la Jonchère. Des balles de mitrailleuses « et quelques-unes de fusil arrivèrent même jusqu'à ces « points. . . A

Repoussés sûr toute la ligne, depuis 6ois-t*réau jusqu'à Saint-Cloud, les Allemands tenteiit, vers 5 heures. Un nouvel effort (2).

Entre Garches et Montretout, les mêmes colonnes ennemies qui avaient déjà donné l'assaut, s'élancent tambours battant en poussant des hurrahs... Les nôtres font partout vigoureusement tête ; sur quelques points,

(1) A ce même moment, un bataillon de Seine-Infériem*e, placé en soutien de batterie, entre à son tour .dans le parc de Buzenval» et s'établit dans le chemin creux, avec les 10* et 11* bataillons des mobiles de la Seine.

(2) Voir croquifl n« 17.

cependant, la ligne eâl entamée. « . Devant la maison du Curé, surtout, l'ennemi gagne du terrain.

Le 11* régiment de garde nationale, en réserve, est porté de ce côté pour soutenir les zouaves et mobiles de la brigade Fournés, épuisés par une lutte de prés de dix heures. 4 • Mais â peine arrivés sur la crête, les gardes nationaux, terrifiés par le sifflement des balleâ, s'arrêtent, se couchent, et sans ordre, sans commandé-^ ment, tirent dans toutes les directions . . . , tuant ou blessant les zouaves et mobiles qui sont devant eux • . . On a toutes les peities du monde à faire cesser le feti... Le Gouverneur, accouru avec le général Clément Thomas pour mettre fin â cette sanglante confusion, a Fun de stoÊ dfRciers, M. Delangle, traversé par la balle d*un garde effaré . . .

Profitant du désordre causé par les gardes natiohatix, retmemi gagtie du tefrain ; mais à l'arrivée de là brigade Hanrion, envoyée par le général de iiellemare pour renforcer les brigades Fotirnès et Colonieu, ses efforts sont eti partie contenus.

Vers Montretout, la brigade Pistouley (125% 126*), avancée jusqu'à la Briqueterie, appuie également l'énergiqtie défense de nos soldats.

Pendant que se produisait ce nouvel assaut entre le Les Allemands plateau 155 et Montretout, le parc de t(uzenval était réaBsis^ênt pas

, mieux dans

attaoué. lear nouvelle

* attaque

Dissimulé derrière la tranchée qui reliait la Bergerie ^® Buienfai au Haras, un fort parti ennemi, armes baissées, s'avance par le fossé CD (1). La nuit étant presque complète, on ne peut distinguer les couleurs sombres de Tuniforme allemand.

(1) Voir aroquift n* 9, pêfe li4.

Au qui vive ! des sentinelles, il est répondu en français : c Ne tirez pas, ne tirez pas!!... »

Indécis, anxieux, officiers, soldats épient les mouvements de cette masse noire s' avançant lentement entre les broussailles... quelques-uns pensent que c*est une troupe de mobiles ou de francs-tireurs qui, parvenue à tourner la Bergerie, vient se relier à nous... mais à 20 métrés le doute n*est plus possible..., ce sont des Prussiens !!... une forte décharge à bout portant en renverse une partie, le reste s'enfuit à toutes jambes, mais pas assez vite pour échapper à notre feu qui atteint bon nombre des assaillants , le fossé par lequel ils sont venus est rempli de leurs cadavres.

En résumé, ce dernier assaut de Tennemi n'avait pas été plus heureux que les précédents.

c Un nouvel effort , dit le récit allemand , tenté pour

c gagner du terrain échoua encore, malgré toute la bra-

c voure des officiers et des soldats » (5 heures).

Situation A la nuit , le champ de bataille est encore à nous ,

^ntrâ^ "^ mais la plus indicible confusion régne à la gauche et au

de la liffne de % n . i, i . i m

bataille. coutro OU 1 OU Vient d essuyer de si rudes assauts. Toutes les troupes sont mêlées. Gardes nationaux, mobiles, soldats de la ligne , dans un désordre inextricable , se trouvent à quelques pas des Prussiens... Les deux lignes sont si rapprochées qu'un de nos officiers est enlevé presque au milieu de son bataillon...

Le Gouverneur c qui, au centre et à la gauche, avait, c au milieu d'une alternative d'attaques et de retours, « guidé jusqu'à trois fois contre l'ennemi de nouvelles c troupes, se rendait bien compte de la situation... »

Il voyait qu'il n'y avait plus rien à demander aux hommes épuisés par la longue lutte de cette journée succédant à une nuit passée sans sommeil. On ne pouvait plus surtout en aucune manière compter sur les

X\'lll

4'€fOO mè^rejF

gardes nationaux... Parmi eux, un certain nombre s'était bravement, héroïquement comporté... Des exemples d'intrépidité, d'abnégation avaient été donnés par des hommes comme le vieux marquis de Coriolis qui, malgré ses soixante ans passés, avait pris le sac, le fusil et était venu chercher la mort au milieu de l'ennemi... Comme ce jeune et brillant peintre Henry Regnault, devant qui s'ouvrait un avenir de bonheur et de gloire , tombé sous une balle prussienne à la fm de cette journée sanglante.

Parmi les plus illustres comme parmi les plus obscurs, beaucoup avaient montré que le dévouement Ji'était pas rare dans les bataillons de Paris ; mais si des personnalités savaient faire leur devoir, savaient se feire tuer, la masse, nullement façonnée par la discipline à soutenir les longues et émouvantes épreuves du champ de bataille, se trouvait à la fm de la journée du 19 complètement abattue, découragée et absolument impuissante.

« Les chefs de corps consultés ne cachaient pas que leurs hommes auraient de la peine à se maintenir longtemps en face des entreprises toujours menaçantes de Tennemi. On semblait craindre la nuit... on n'avait nulle confiance dans l'issue définitive de la lutte ...»

Au spectacle de tout ce qu'il voit à la gauche et au centre, le général Trochu se décide à battre en retraite.

Ordre est donné d'abandonner les positions de gauche; la brigade Noél couvrira le mouvement. . .

A peine le mot de retraite est-il prononcé que sur les derrières de la gauche, la débâcle commence...

Dans la plaine de la Pouilleuse, couverte des ombres d'une noire nuit d'hiver, tout se débande, tout s'en va. . .

Sur la route l'encombrement est effroyable : les ca- .mions de chemin de fer, les omnibus, les fourgons, les

Le gëaéral Trochu donne

l'ordre de la retraite

Désordre à la gauche.

Page 1