ORDRE DU JOUR DU 6 JANVIER
« Depuis neuf jours, les troupes qui occupent Drancy et Bondy ont supporté un bombardement des plus violents avec une énergie qui leur fait d'autant plus d'honneur que cette ténacité et ce courage passif sont plus rares et plus difûciles que la vaillance spontanée du champ de bataille.
« A plusieurs reprises les troupes ont eu à résister aux attaques de Tennemi; elles les ont repoussées avec une fermeté et une solidité dignes d'éloges.
« Au grand quartier général des Lilas.
« Le Général commandant en chef, « Ducrot. »
Pendant les journées du 6 et du 7, le bombardement continue et 's'étend jusqu'à Fontenay-sous-Bois. • jartTier. Dès le matin du 8, le feu reprend sur Bondy et
Drancy; mais toutes nos batteries sont achevées, nos * pièces complètement approvisionnées : les forts de Noisy, Rosny, Romainville et les batteries nouvelles de la voie stratégique ouvrent le feu et font bientôt taire celui des assiégeants.
Le 9, l'ennemi tire sur Romainville, mais sans effet ; tes coups sont trop courts. Nogent, Rosny, la Boissiére «ont canonnés régulièrement ; la. brume et la neige empêchent le tir des Allemands d'être bien précis.
Ce même jour lé colonel de Coatpont est envoyé par te général en chef à Bondy, pour y augmenter les tra- V'aux de défense et renforcer la droite de la position en organisant défensivement la. ligne de Strasbourg et le village de Merlan.
Le 10, les batteries prussiennes tirent mollement au début de la journée... à Noisy, les redoutes et les batteries de la voie stratégique canonnent toute la nuit le Raincy.
Ce bombardement de quatorze jours sur notre front Est ne nous occasionne que peu de pertes ... les tués , les blessés sont en petit nombre ; mais le froid, la privation de sommeil , la mauvaise nourriture éprouvent cruellement nos hommes. Ce n'est que par un effort constant d'énergie qu'ils peuvent continuer le dur et fatigant service des tranchées.