BOMBARDEMENT DU CÔTÉ SUD
Du reste, ce bombardement du front Est n'était qu'une diversion pour nous faire porter tous nos efforts de ce côté et éloigner notre attention du Sud de Paris, où les
Allemands établissaient près dé* deux cents pièces en batterie, du pavillon de Breteuil à la Seine, en passant par Meudon, Clavnart, Ghàtillon, Sceaux, Fontenay-aux- Roses, FHay (1).
Les hauteurs du Siid : Meudon , Clamart , Ghàtillon, augmentant l'amplitude des obus, qui devaient tomber dans les parties basses de la ville. Ton pouvait admettre qpie ces projectiles arriveraient, par-dessus l'enceinte extérieure, jusqu'au centre de Paris.
Pour augmenter la force de résistance de nos forts, complètement dominés à' petite distance par le plateau de Ghàtillon, on avait intercalé entre eux des épaulements de batteries derrière lesquels on amenait de nombreuses pièces de campagne, qui changeaient- immédiatement de place, dès que les Allemands les prenaient pour but de leur tir.
Le bombardement fut naturellement réglé par l'état de l'atmosphère. Généralement , le brouillard se dissipait vers les 10 heures, pour s'étendre de nouveau, vers les 3 heures, sur la vallée de la Seine. Les heures qui précédaient ou suivaient midi étaient donc les plus favorables pour le bombardement.
La marine, qui jusqu'ici, malheureusement pour la u marine défense, n'avait joué qu'un rôle assez secondaire, sup- bomb'nMemer porta en grande partie le poids de cette lutte suprême qui, Commencée le 27 décembre, ne finit que le 27 janvier (3). La situation de nos marins était tout excep-
(1) Voir croquis n*» 1.
(2) Une ReToe militaire anglaise, au milieu de critiques bienveillantes, nous a reproché de ne rien dire sur les collets bleus. Pour en parler, nous attendions le moment où leur rôle devint réellement important.
1$) La marine, qui avait le privilège de son organisation, de sa disciplina, qui avait tous ses cadres formés et constitués, aurait pu être d'un poids considérable dans la défense active. Elle aurait dû, avec nos deux
tionnelle, anonnale même; € c'était la première fois qu*ils opéraient si loin du littoral; à Sébastopol, au Mexique, en Cochinchine, en Chine, des contingents de marins avaient été joints aux troupes de terre, mais ils étaient sur un territoire ennemi où tout écart devenait un danger immédiat. » A Paris, les entraînements, les excitations populaires sur le tempérament de nos matelots, dont les habitudes à terre sont moins disciplinées qu'à bord, présentaient des écueils redoutables. Grâce à la direction de chefs intelligents et dévoués, on a pu les éviter.
Dès leur arrivée, on enseigna aux marins à considérer un fort comme un vaisseau, à y observer les mêmes règlements, c On y employait le même langage qu'à € bord, on faisait partie de Téquipage de tel ou tel fort, € on ne pouvait en sortir sans demander la permission c d'aller à terre; les parapets étaient les bastingages ; c les embrasures, les sabords.. •• i
régiments d'ancienne formation (S5« et 42*), former* une sorte de corps d'élite. Au lieu do cela, on enferma ces excellents éléments dans nos forts. A la vérité, dès le commencement du siège, un coup de force étant à craindre, il était rationnel de confier nos avancées à ce corps d'élite; mais après, quand il fut bien établi que l'on n'avait rien à redouter de semblable, n'aurait-on pas dû mettre nos marins à même de déployer toute leur énergie, toute leur vigueur ?
Aux journées de Chevilly, de la Malmaison, de Champigny, ils nous eussent été d'une utilité inappréciable
Le rôle important joué par la brigade de Lamothe-Tenet au Bourget, le SI décembre , donne la mesure de ce que l'on aurait pu obtenir de
cette excellente troupe Devant nos jeunes régiments, où tout
était improvisé, officiers et soldats, ils les eussent entraînés : employés comme réserve, ils eussent continué et complété leur action.
« Quoi qu'il en soit, dit le vice-amiral de La Roncière Le Noury, la marine avait insensiblement, et presque à son insu, provoqué de la part de la population parisienne, toujours si impressionnable, un engouement de plus en plus marqué, et les journaux, se faisant les échos de cet engouement, dépassaient souvent la mesure de Téloge. Ils rabaissaient de cette manière, par une sorte d'injustice, tant d'autres efforts, tant d'autres dévouements, tant d'autres sacrifices. »
c Ces braves gens surent rester étrangers aux débor- « déments d*une révolution qui , dans un tel moment, c excitait leur surprise, et aux ambages d'une politique « qu'ils ne voulaient pas comprendre, et qui, dans ces
< suprêmes moments de crise, répugnaient à leur bonc néte bon sens. Ils voyaient d'instinct que, cbez la plu- « part de ces gouvernants improvisés qui les venaient « visiter, la Patrie n'occupait pas seule et sans partage « la place qui devait lui appartenir. Ils comprenaient
< que les vaines théories de l'égalité ne cherchaient
« qu'à étouffer le sentiment de l'obéissance , et dédai- ^
< gnaient ces défiances mutuelles qui se traduisaient « toijyours par le mot : trahison! Enfin, ils sentaient « que là où le doigt de la Providence laissait une em- « preinte si éclatante, Toubli de Dieu, qu'eux n'oublient M jamais, avait fait naître l'oubli du devoir et menaçait « d'engendrer l'oubli de la Patrie. > (1).
Le 5 janvier le bombardement du front Sud com- sjantitr. mence. Dès 8 heures du matin, Vanves, Issy, Montrouge sont exposés à un feu presque continu ; deux batteries placées près de Fontenay et Bagneux tirent sur Montrouge; trois, établies sur le bord du plateau de Chàtillon, sur Vanves; plusieurs autres, plus à l'ouest, canonnent Issy.
Deux batteries de campagne postées à l'Hay et Sceaux prennent comme objectif l'ouvrage de la maison Millaud et la Grange Ory.
Partout nous ripostons vigoureusement; le feu s'éteint vers 5 heures pour reprendre pendant la nuit, mais lentement.
Nous avons dans chaque fort quelques blessés, quel-
<i) La Marine au siège de Paris, par le vice-amiral de La Roneière ts Noury.
ques pièces hors de sen'ioe; la nuit, les avaries sont réparées et le lendemain matin on est prêt à reprendre la lutte.
Lesobasarrivent Daus Taprès^midi du 5 , uu assez (rrand nombre
Idans les '^ » o
mon de Paris, d'obus tombèrent sur les quartiers de la rive gauche . . . ils semblaient être semés comme au hasard . . •
D'abord on crut c que ce n'était que Toeuvre de quelc ques soldats et de quelques officiers inférieurs qui c désobéissaient aux instructions de leurs chefs. »
Les Parisiens s'étaient laissé aller à cette dernière illusion, que les Allemands n'oseraient pas les bombarder. Ils savaient que Strasbourg, Toul, Mézières, Péronne avaient été brûlés ; ils savaient que Nuits, Châteaudun, Blois, Tours avaient reçu, comme première sommation, des coups de canon; mais ils ne pouvaient admettre que la capitale du monde intellectuel, < la ville sainte », subirait le sort de ces villes ordinaires. Il fallut bien cependant se rendre encore à la dure et cruelle réalité, quand toute la rive gauche fut sillonnée d'obus. Le Val-de-Grâce , le Jardin des Plantes, le Luxembourg, l'hospice des Aliénés, les Invalides furent pris tour à tour c pour centres des ronds de bombardement. »
Proclamation Joudi soir, 5 jauvior, parut une proclamation du Gou- G«u?ernemcnt. vemement :
c Le bombardement de Paris est commencé. L'ennemi ne se contente pas de tirer sur nos forts, il lanoe ses projectiles sur nos maisons, il menace nos foyers, nos familles.
« Sa violence redoublera la résolution de la Cité , qui veut combattre et vaincre.
« Les défenseurs des forts, couverts de feux incessants, ne perdent rien^de leur calme et sauront infliger à Tassaillant de terribles représailles.
c La population de Paris accepte vaillamment cette nouvelle épreuve. L'ennemi croit Tintimider; il ne fera que rendre son
élan plus vigoureux. Elle se montrera digne de Tannée de la Loire, qui a fait reculer l'ennemi, de Tarmée du Nord, <{ui marche à notre secours.
« Vive la France I Vive la République !
• Général Trochu, Jules Favre, Emmanuel Araoo, Jules Ferrt, Garnier - Pages , Eugène Pelletan, Jules Simon/ Ernest Picard. »
Le Gouvernement montrait plus de trouble et d'émoi que la population .... on se portait en foule vers les quartiers bombardés pour contempler curieusement la trajectoire -des obus, dont les gamins allaient ramasser les éclats qu ils vendaient depuis 5 centimes jusqu'à 5 francs, selon leur grosseur.
En réalité, le bombardement ne pouvait causer dans Paris, vu son immense étendue, de grands dégâts; il était impossible d'atteindre tous les quartiers , tous les abris, d'allumer assez d'incendies, de détruire assez d'églises, assez d'hôpitaux , pour forcer la population à n'avoir d'autres ressources que la capitulation. Par suite, ce bombardement était inutile. •
€ En guerre, comme en politique, tout mal, fût-il dans « les règles, n'est excusable qu'autant qu'il est absolu- € ment nécessaire. Tout ce qui est au delà est un € crime. » (1).
Le bombardement s'accentue contre les quartiers de e janyier, la rive gauche ; le jardin du Luxembourg, les baraques d'ambulances, le Val-de-Gràce, reçoivent de nombreux projectiles.
Les forts xeçoivent une moyenne de 70 à 100 coups par heure.
L'ennemi travaille activement à différentes batteries
(1) Napoléon î^.
autour de Saint-Denis; les forts tirent partout où ils savent pouvoir atteindre.
A 8 heures du matin, les batteries de Pont-Iblon commencent à canonher les batteries de la Courneuve.
Montrouge, placé sous le feu de plusieurs batteries prussiennes, tient tête avec une énergique ténacité ; commandé par le capitaine de vaisseau Amet, ce fort est un véritable modèle d'ordre, de discipline, où tout est ordonné, réglé comme à bord d'un navire. Le jour on rend coup pour coup à l'ennemi ; la nuit on répare les avaries.
7 janvier. Dos forcos eunomies considérables et un grand mou-
vement d'artillerie à Bagneux et Châtillon étant signalés, les troupes prennent les armes et se rendent aux emplacements désignés en cas d'alerte.
On rentre avant midi.
Au fort de Montrouge, l'ennemi ouvre dès le matin un feu assez nourri. Quelques bastions et courtines sont gravement endommagés. Le feu prend vers quatre heures dans le pavillon des officiers, on parvient à l'éteindre.
On fait sortir de Montrouge tout ce qui ne peut pas loger dans les casemates.
Du côté de Saint-Denis, les batteries de Pont-Iblon continuent à canonner la batterie de la Courneuve.
Les obus tombent en plus grand nombre sur la rive gauche ; plusieurs incendies se déclarent aux environs du bastion 76 vers Grenelle et Vaugirard. Les bastions de l'enceinte ripostent vivement.
8 janvier. L'eunomi démasque de nouvelles batteries ; le feu est
très-vif sur les forts du Sud. Un nouvel incendie se déclare dans le fort de Montrouge, qui ne cesse d'être pris comme objectif principal des batteries ennemies ; le fort de Bicètre lui vient en aide en dirigeant son feu sur les batteries de Fontenay.
Le tir sur la rive gauche de Paris a continué nuit et jour; les obus tombent en plus grand nombre. Le Valde-Grâce, la Sorbonne, la bibliothèque Sainte-Geneviève, le Panthéon sont atteints. Il y a dans la nuit 59 victimes : 22 morts et 37 blessés.
Le temps brumeux fait suspendre le feu de Tennemi 9 janvipr jasqu*à onze heures. Dans l'après-midi, le tir est assez vif sur Vanves, Issy, qui, depuis le bombardement, supportent bravement ce feu très-rapproché. Montrouge souffre moins ; toute la journée on travaille à réparer les avaries.
Dans la nuit du 9 au 10, le général Corréard, qui sortie contre commandait les troupes retranchées entre Issy et Van- ouvrages ves, organise une sortie pour bouleverser les travaux MouUn de pw^rre que Fennemi exécutait au Moulin-dc-Pierre : 300 marins sous les ordres du lieutenant de vaisseau Gervais, forment tète de colonne. Après une marche difficile, ces braves gens, entraînés par leur chef, qui s'était déjà distingué dans plusieurs affaires de ce genre, enveloppent le Moulin-de-Pierre et, sans tirer un coup de fusil, enlèvent le poste retranché. Malgré une vive fusillade venant de Clamart, ils bouleversent une grande partie du gabionnagede la batterie en construction et ramènent une vingtaine de prisonniers. Cette opération, bien menée, ne coûte aux marins que cinq blessés.
Le bombardement de la rive gauche s'accentue ; on a compté plus de trois cents obus tombés dans les quartiers Saint- Victor , Jardin-des-Plantes , Val-de-Grâce, Notre-Dame-des-Champs, École militaire ; en deux heures, il en est tombé cinquante aux abords du Panthéon. Les hôpitaux du Val-de-Gràce , de la Charité, de la Salpètrière, Necker, des Jeunes-Aveugles, ne sont pas épargnés.
Dans la nuit du 9 au 10, une reconnaissance des
lO'janvier.
Il janTier.
Saint-Denis.
Forts de l'Est.
Sud.
éclaireurs Poulizac fait sauter deux maisons qui servaient de postes à Tennemi sur le chemin de fer de Soissons.
Le feu est assez vif sur nos forts; leurs garnisons étant déjà réduites et très-fatiguées, des corvées d'hommes sont envoyées à Textérieur pendant la nuit.
Le bombardement de la rive gauche est très-intense; les obus tombent principalement dans les quartiers des Invalides, du Panthéon, Saint-Sulpice, Sorbonne, Jardin-des -Plantes, Vaugirard, Grenelle; les édifices atteints sont : TÉcole polytechnique. École de médecine, couvent du Sacré-Cœur, hospice de la Salpêtrière ; huit incendies se sont déclarés ; treize victimes ont été frappées.
Les quartiers du Val-de-Gràce et du Panthéon sont bombardés.
Les édifices atteints sont TÉcole normale, Téglise Saint-Nicolas, Tinstitution des Jeunes-Aveugles (cinq victimes); les hospices de TEnfant-Jésus ; en tout, vingt et une victimes.
L'enceinte et surtout le Point-du-Jour tirent vigoureusement sur les batteries de Meudon et de Breteuil, dont les feux sont concentrés sur le fort d*Issy.
Le tir sur la Courneuve continue régulièrement. « On voit de tous côtés des travaux ennemis qui font présager un bombardement peu éloigné. »
Rosny, Nogent, les batteries environnantes, continuent à être bombardés ; nous répondons vigoureusement, et parvenons à obtenir une supériorité très-marquée : c Le soir, on aperçoit un grand feu dans les bois de Noisy-le-Grand ; une reconnaissance de zouaves et de mobiles se rend sur le plateau d'Avron, déloge l'ennemi, et ramène six prisonniers >.
La brigade Martenot vieut se mettre sous les ordres
du contre-amiral Pothuau. Le Gouverneur donne Tordre d'envoyer des corvées de mobiles de la Vendée à Portà-l'Ânglais, pour aider le commandant Thomasset à dégager les canonnières et la flottille prises dans les ^ces.
Le commandant Poulizac pousse une reconnaissance vers Nonneville. La compagnie de francs-tireurs de la ligne du 122*, capitaine Samson, lui est adjointe; le commandant Deloffre, avec les autres francs-tireurs de la division, se tient à portée pour appuyer le mouvement.
La 1" section de la compagnie Samson, commandée par le sous-lieutenant Nacra, doit attaquer la ferme de Nonneville de front, et s'y maintenir jusqu'à une sonnerie déterminée; deux compagnies d'éclaireurs attaqueront en même temps la ferme par la gauche et y feront brèche avec la dynamite.
A une heure du matin, on se met en marche par un brouillard épais.
L'ennemi, qui se tenait sur ses gardes, reçoit nos tirailleurs par une décharge générale. Malgré ce feu violent, les soldats de la ligne, entraînés par leur jeune chef, le sous-lieutenant Nacra, pénètrent dans la ferme, et mettent le feu à une écurie; mais sur la gauche, les édaireurs irréguliers prennent la fuite en emportant la dynamite; la section Nacra, ainsi abandonnée, se trouve seule aux prises avec l'ennemi... un combat sanglant s'engage dans les clôtures et bâtiments envalris : dix hommes du 122^ sont tués à bout portant, le sergent Moccand et le caporal Lemoine sont grièvement blessés. Réfugiés derrière un grand mur, cette poignée de braves gens repoussent énergiquement toutes les attaques de l'ennemi.
A différentes reprises, le capitaine Samson cherche à
Attaqne de NonneTille.
(Nuit du 11 au 19 janTÎer.)
dégager son lieutenant, mais chaque fois il est refoulé par les Prussiens.
Cependant, les avant-postes ennemis ne tentent plus rien contre la section du sous-lieutenant Nacra, qui reste toute la nuit à son poste de combat. Le lendemain matin, voyant que l'affaire était entièrement terminée, ce jeune officier, qui avait fait preuve d'une énei^ique ténacité, se retire avec sa section et rallie lestement le cantonnement.
Dans la matinée, une nouvelle batterie de pièces de 12, à THay, placée dans le parc de la maison Benoist, croise son feu avec celle de Fontenay, et prend à dos une des courtines du fort de Montrouge. c De ce fort, on voit la batterie derrière un rideau d'arbres, et paraissant très-peu au-dessus du mur du parc. > Bicétre, Montrouge tirent sur elle et éteignent son feu ; mais les avaries sont graves, de nombreux coups d'embrasure nécessitent des réparations urgentes. Les marins sont exténués par un travail de jour et de nuit, c La compagnie du génie auxiliaire est insuffisante ; il y a de quoi occuper chaque nuit deux cents travaiUeurs, travailleurs sérieux, et non pas de ces terrassiers qui arrivent à moitié ivres ou que chaque obtô disperse pour dix minutes. » u janvier. Du côté Est, Rosuy, Noisy, Nogent, la Gravelle, nos redoutes et batteries ont repris un feu continu contre les positions ennemies qui répondent vigoureusement ; dsns la redoute de la Boissière, une casemate est crevée. Le même obus tue le commandant Odiardi, du 136*, et blesse grièvement deux autres officiers, M. Rang, capitaine-adjudant major et M. Armand^ enseigne de vaisseau.
Dans la nuit, une nouvelle reconnaissance devait avoir lieu sur Avron, mais l'ennemi, prévenu, renforce ses avant-postes : l'opération est remise.
Dans la région Sud, la lutte est assez vive. Pendant la nuit, à deux reprises différentes, Fennemi attaque le poste avancé de la Grande- Plâtriàre, sur la route de Ghoisy... il est repoussé. Le tir sur Paris s^accentue et tx)ntinue jus({u*à 5 heures du matin.
Malgré un épais brouillard qui n'a pas permis de consta- ^r tous les effets du bombardement, on a compté deux cent cinquante obus environ qui ont éclaté sur Paris ; les quartiers du Jardin-des-Plantes, de Notre-Dame-desfhamps ont principalement souffert.
En récapitulant les victimes depuis la nuit du 5 au 6
jusqu'à la nuit du 12 au 13, on compte 51 tués, 138
blessés, comprenant 39 enfants, 57 femmes, 93 hommes.
D'après les rapports publiés quotidiennement, il y aurait eu pendant les vingt-deux jours du bombardement 300 personnes environ tuées ou blessées.
Le Gouvernement de la Défense fait remettre aux la jaivi«r. avant-postes allemands une protestation contre le boml)ardement des hôpitaux. Le comte de Moltke répond •<iue « Tartillerie allemande ne tire pas avec intention sur 4es hôpitaux ; il exprime l'espoir que ce fait ne se reproduira plus dès que les l)atteries allemandes seront plus rapprochées de l'enceinte de Paris et qu'un temps clair rendra le but de son tir plus apparent, i
Le même jour, le corps diplomatique envoyait la pièce suivante :
^S, Exe, M. le eomte de Bismark-Shonliausen , chancelier do la Confédération do T Allemagne du Nord, à Versailles,
« Monsieur le Comte,
« Depais plusieurs jours des obus eu grand nombre, partant ides localités occupées par les troupes belligérantes, ont pénétré jusque dans l'intérieur de Paris. Des femmes, des enfants, des «malades ont été frappés. Parmi les victimes, plusieurs appar-