‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 5)Chapitre 45 sur 98 · ATTAQUE · texte numérisé non relu

ATTAQUE

l"" En examinant le tracé général des travaux de toute nature, exécutés autour de Paris par les assiégeants, il est à remarquer que la plupart des positions adoptées dans la ligne d'investissement avaient pour but d*amener les assiégés exécutant des sorties, à s'engager dans un rentrant, dans une gorge, c'est-à-dire entre plu* sieurs feux convergents.

Tels étaient au nord les ouvrages : Le Crould, Dugny, Blanc-Ménil, Nonneville et la Voirie ; cette grande ligne de défense formait un immense front bastionné avec le Bourget comme demi-lune.

Le mur de Longboyau, les défenses de la Bergerie dessinaient un vaste rentrant que nous n'avons jamais pu enlever, malgré les plus vaillants efforts....

2"" Les travaux de l'ennemi étant généralement masqués derrière des arbres ou des maisons, € les Allemands les plaçaient assez loin en arrière pour empêcher les

coups pointés sur le rideau d'atteindre les défenseurs du parapet ou de Tépaulement. . . »

i Leurs batteries n'avaient plus aucune de ces embrasures qui fournissent à Fadversaire un point de mire très* distinct et un but favorable... Les ouvrages n'avaient plus ces arêtes saillantes, et ces formes régulières qui les dénoncent à Tœil de très4oin... parfois, enfin, des terres remuées à quelques cents mètres en avant d'une batterie, trompaient les officiers d'artillerie de la place, car ils croyaient leurs projectiles efficaces quand ils les voyaient tomber sur les terres Fomuées, qui se confondaient à l'œil avec l'épaulement des batteries ennemies... » (1).

S^Ces lignes d'investissement, si habilement construis

(1) c U y avait, ainsi que le remarque Tainiral. La Roncière, une extrême diversité d'ouvrages. H conclut de là que toute latitude a été laissée aux offlciers allemands pour le tracé et le système de construction à adopter... Le caractère général de ces travaux, c'est qu'ils n'ont exigé que peu de monde, et qu'ils sont poiu* la plupart enterrés, et, par conséquent, peu visibles sur le terrain... « Les batteries aUemandcs étaient très-supérieures à celles de l'artillerie française, à raison aurtoat de la science du terrain qui a présidé au soin de leur emplacement... » c Ces ouvrages ne se recommandent ni par leur étendue, ni par un aspect formidable, ni par la perfection d'exécution. Si on les regarde de la nacelle d'un*ballon, ils rappellent plutôt les quelques terrassements laissés par les hordes barbares qui envahirent les Gaulas aux yf et x« siècles, que les travaux dus aux ingénieurs des armées de notre temps... Mais si l'on s'en approche, si l'on suit leur tracé sur le terrain, on s'aperçoit bien vile qu'ils sont dus à une connaissance très-exacte des localités, et aune observation très-judicieuse des ressources qu'elles fournissent, soit comme relief, soit comme accidents naturels ou artificiels. Les murs, les fossés, les carrières, les fondrières, les sentiers creux, les chaussées, sont autant d'obstacles artificiels dont ils ont su profiter avec une rare sagacité... Des précautions infinies sont prises non-seulement pour cacher les hommes, mais pour dissimuler les ouvrages mêmes à l'assaillant. Aussi est-il arrivé que pendant des actions qui duraient plusieurs heures, on n'apercevait pas l'ennemi, bien qu'on reçût son feu... Forcé dans quelques positions avancées, il battait en retraite aana qu'on le vît disparaître... Cette maniera da combattra commonçalt toujours par oxatpérar nos troupes, et finissait par les décou« rager. ■

tes, étaient généralement placées assez loin des ouvrages de la place, à 3,000 ou 4,500 mètres, afin qu'elles aient peu à redouter les feuit de l'artillerie de gros c«dibre... « Partout où elles furent approchées davantage, il est résulté de graves inconvénients. On provoquait par là l'ennemi à des attaques oontiiluelles, presque toujours couronnées de succès, qui augnàentaient la confiance des défenseurs et affaiblissaient à la longue le mopal des trou* pes d'investissement » {Opérations du corps du génie allemand.)

i"" L'ennemi s'est ser^ avec grand avantage des pièces de petit calibre de 9% de 12** et môme de 15^ qu'il Installait, quand il y avait nécessité, derrière des épaulements, des fossés disposés en conséquence. •• «Cette artillerie'de position n'avait pas à engager la lutte avec l'artillerie des ouvrages ; elle devait uniquement se tenir prête à intervenir dans toute action de vigueur engagée par l'ennemi ...»

« 5"^ On n'a construit sous Paris qu'un nombre trèslimité de redoutes ; même les ouvrages décorés de ce nom n'étaient^ils guère que de simples tranchées défensives de fort profil enveloppant un point, donné de terrain. . . 1 (1)

[i) Dans l'état actuel des armes, et en présence de la portée considérable du fusil d'infanterie, il est hors de doute qu'il faut s'attacher à di» minuer la hauteur du but visible à l'ennemi, ainsi que lê profondêar da l'espace à protéger, attendu que la probabilité d'atteindre une zone don* née croît Irès-rapidcmont avec la hauteur et la profondeur de cette xone... D'un autre côté, si l'on réfléchit que c'est surtout l'infanterie qu'il faut couvrir contre les feux ; quo des redoutes isolées ne peuvent procurer ce couvert qu'à une faible partie des troupes... que ce couvert demande un temps considérable; qu'enfin, les redoutes enchaînent les garnisons à un point flxe du terrain, et sont exposées aux feux convergents d'artille lerie et de mousqueterie, on comprend qu'il n'y a plus désormais qu'une seule forme de retranchements qui satisfasse à toutes les conditions... Cette forme, c'est la tranchée avec ses divers profils depuis la tranchée

&" Les corps d'armée ont été généralement tenus sur les mêmes positions pendant toute la durée de l'investis*semant.

T En se conformant à ces principes généraux, il a suffi généralement à l'armée allemande d'une division pari ,600 métrés (un mille) pour garder la ligne d'investis** semant. La réserve, formée habituellement par l'autre divisiaQt était cantonnée a 7 et â 8 kilomètres (un mille en arriére)^ eu dehors de la wae d'Action de pièces a longue portée, et l'ennemi a toujours eu le temps de ibire arri* ver au nuxneût opportun des troupes sur le point me* nacé. •

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