‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 5)Chapitre 46 sur 98 · DÉPENSE · texte numérisé non relu

DÉPENSE

1"* Devant la puissance et la portée des feux d'arlilleria, il faut éloigner les forls de la place de^maniére à éviter tout bombardement et rendre plus difficile Tinvestissement.

2* L'ancien système bastionné ne peut plus être employé; il doit être modifié dans son tracé et son profil, il y aura lieu de se rapprocher du système polygonal, c'està-dire de la ligne droite par la suppression des faces et des ûancs qui sont pris d'enfilade et de revers... On suppléera au défaut de ilanquements dans les fossés par des caponnières ou ouvrages casemates (1).

de batBÎUo jusqu'à la tranchée de siège, dont le parapet cstien ûtat de résister aux gros calibres de l'artillerie de place.

Les lignes étendues do tranchées auront quelquea'points d'appui. En général, on les trouvera dans le terrain mGme : ce seront les maisons, l69 villages, les bois, çto.

(1| Pour les Ilanquements, on devra utiUscr les canons à bulles... qui remplaceront avec avantage le feu de la mousquclcrîc....On emploiera également les mitrailleuses pour entraver les progrès des tranchuos de l'assiégeant, en « tirant non contre les tranchées achevées, mais seulement contre les parties en voie d'exécution., . 9

3'' Diminuer la largeur du fossé qui permet le tir en brèche à grande distance; surélever la contrescarpe de manière à en faire une masse couvrante. . . (1).

4* Les feux de l'artillerie et de la mousqneterie venant partout chercher le défenseur, il est de toute nécesaité de placer hommes et canons sous des casemates^.:

&" Faire le plus grand usage des ouvrages de contreapproche.. % Ces ouvrages, déjà mis en pratique parle général Meunier au siège de Mayence en 1793, par le général Totleben à Sébastopol, ont permis à Paris de résister au déploiement des forces énormes de l'attaque. lU ont suppléé dans une large mesure à la faiblesse relative de notre système de fortification permanente. • . (2).

En présence de ces changements apportés dans l'attaque et la défense, on en conclut :

l^" Qu'il faut raser toutes nos petites places encore existantes, afin d'éviter de les voir succomber à un court bombardement ;

2^ Que le nombre des nouvelles places entourées de grands camps retranchés ne peut être considérable; car

(1) « La largeur donnée jusqu'ici au fossé du corps de place permet au projectile oblong, franchissant la crête du chemin couvert dans la branche descendante de la trajectoire, de frapper la muraille du rempart assez bas pour faire brèche. » Dans nos nouveaux forts, on a diminué la largeur du fossé, on a élevé la contre-escarpe, qui, seule, est murée généralement, du moins, dans la partie oii le mur d'escarpe a été construit,^ on l'a isolé des remparts comme Garnot l'avait proposé. « Les fortà ne sont plus, pour ainsi dire, que des batteries de nouvelle forme, munies de leurs canons à grande portée. »

(2) Outre ces ouvrages de contre-approche, il y aurait Heu de construire des tranchées offensives, qui permettraient d'aller chercher l'assiégeant au milieu de ses propres travaux d'attaque... En Crimée, les Russes ont construit de ces tranchées qui nous ont fait éprouver de grandes pertes. Bien coulés des ouvrêgea en arrière i ces boyaux ne peuvent fitre occupés par les assiégeanU, oar ils n'y ireuvtnient ittsua «ouvert ooairs Iss feux de la place •.•

si on multipliait outre mesure ces colossaux engins dont quelques-uns atteignent jusqu'à près de trente lieues de circonférence, toutes nos ressources en hommes, en argent, en matériel se trouveraient absorbées ... Au lieu d'ôtre un accroissement de force, ces places deviendraient bientôt une cause de faiblesse et de ruine.

Page 1