IV
€ M. Thiew le 81 octobre , et il reprendra ce c[u'fl a c promis.
« M. le général Vinoy partage celle opinion ; si Ton € tarde, il croit à l'émeute. La Prusse craint encore c 'Bourbaki ; elle craint qu'il ne franchisse le Rhin et c qu*il ne soit rejoint par les 800,000 prisonniers. € Peut-être ne voudra-t-elle plus rien dans quelques « jours.
« M. Ferry est d*avis de ne pas perdre un instant, € mais il est de Tavls du général Trochu quant à la c publicité; car c'est le seul moyen d'éviter l'émeute; € il faut détruire les illusions.
c M, Cresson croit indispensable de traiter avant de c prévenir la population de ce qu'on a fait , car on ne c pourrait s'expliquer nettement comme il le faudrait. € Il faudrait donc se borner à l'insertion à VOfBcIel et c dans les journaux d'une note très-brève destinée â « faire connaître le travail qui se fait sur l'état des € subsistances.
M. Ferry pense que cette note serait dérisoire. M. Jules Favre déclare que s'il se rend de nouveau à Versailles, il lui faudra un militaire et un financier. Le Conseil repousse cette demande.
M. Simon craint qu'une émeute ne soit tentée demain.
M. Ferry engage à dire toute la vérité dès demain aux maires et aux journalistes.
M. Picard consent à ce que ces Messieurs soient informés, mais par un autre que M. Jules Favre qui c ne peut s'expliquer sur des négociations engagées. L'insertion à V Officiel est mise aux voix. Pour : MM. Trochu et Fefiy.
Contre : Tout le reste du Conseil. >
(Séance levée à 2 heures et demie du matin.)
DEFENSE DE PARIS. Sffl
iOURNÉB DU MERCREDI 25 JANVISR. ^
Séance du Gouvernement au Ministère de Flntérieur.
Mercredi, 25 janvier, i heure et demie.
c M. Jules Favre témoigne de nouveau son regret de séance retourner seul à Versailles; il demande que MM. Tro- GouYemement
^ (Mercredi
chu et Picard viennent avec lui. 25 janvier).
« M. Picard croit que M. Jules Favre doit simplement ne pas fixer, quant à présent, la contribution de guerre de Paris.
« M. Jules Favre déclare qu'on lui a déjà demandé une somme énorme, un milliard. Il a répondu que c'était là une contribution dépendante d*un traité général qu'il ne pouvait conclure.
« M. Simon fait remarquer que c'est là demander quatorze fois les contributions annuelles de Paris. « M. le général Trochu croit qu'il faut faire observer que Paris est ruiné par ses efforts.
« M. Picard trouve que 400 millions serait déjà un chiffre considérable. Le dépasser serait réaliser une spoliation absolue ; il demande donc que la discussion de cette indemnité de guerre soit renvoyée à Texamen d'une commission mixte.
< M. Simon partage cette opinion.
« M. Picard demande qu'on fasse observer que si l'on demande trop, on enlèvera les moyens de payer en atteignant le cours des billets de banque. On a payé jusqu'ici à l'aide du crédit (Bons du Trésor) ; or, briser cet instrument^ c'est tuer la poule aux œufs d'or. « M. Simon approuve en disant que le groupe bona- « partisle constitue en dehors un véritable foyer de
DEFKNSE DE PARIS.
haine et d'anéantissement contre Paris. Il faudrait savoir, en outre , si la contribation de guerre portera sur Paris seul ou sur tout le département de la Seine, c M. Picard demande qu*on obtienne que les forts ne soient pas occupés par les Prussiens jusqu'au complet payement.de Tindemnité, car tant que Paris sera ainsi enserré par l'ennemi, il ne pourra reprendre sa prospérité.
€ M. Jules Favre lif un projet de convention préparé par lui et qui établit un armistice sur toute la ligne militaire pendant trois semaines et à partir d'un joar a fixer.
« M. Picard est d'avis de brusquer les choses et de raccourcir les délais, sauf à obtenir ensuite une prolongation.
c Cet armistice aura pour but de permettre l'élection d'une Assemblée qui aura à statuer sur la paix ou sur la guerre. Enfin, cette Assemblée se réunirait dans la ville de Bordeaux.
€ M. Jules Favre fait remarquer que M. de Bismark a soulevé contre Bordeaux les mêmes objections que contre Bourges , mais il les a levées , parce qu'il croit le danger beaucoup plus grand dans une petite ville.
< Le Conseil se prononce en faveur de Bordeaux.
< M. Jules Favre annonce qu'il n'a rien dit de TÂlsace et de la Lorraine. Le Conseil décide qu'il ne faut point en parler.
c M. Ferry déclare qu'il s'agit pour l'instant de savoir si ces provinces voteront, c M. Picard se demande s'il n'y a pas autant d'intérêt à ne pas avoir à l'Assemblée de représentants pour ces deux pays ; son avis est donc de garder également le silence â cet égard, c M. Simon est d'avis de ne pas soulever la question,
mais de se préparer pour le cas où elle viendrait à naître.
« M. le général Trochu demande, dans ce cas, ce qu*il faudra faire.
c M. Picard pense qu'il ne faudra pas faire d'un refus un cas de rupture.
« M. Simon est de cet avis, mais il ne peut admettre qu'un et même mode d'élection.
« M. Jules Favre donne lecture de l'article relatif à la remise à la Prusse de tous les forts de Paris avec leur armement.
c Le Conseil est d'avis de ne livrer ainsi qu'une partie de ces forts.
c M. le général Trochu croit qu'on pourrait certainement réserver Vincennes qui n'est pas un fort; on pourrait limiter la condition à tous les forts de la défense extérieure (seize forts avec annexes). « M. Jules Favre demande si le matériel de guerre doit ^ comprendre aussi les vivres renfermés dans ces forts.
« MM J Trochu et Vinoy répondent négativement. Les forts n'ont que vingt jours de vivres chacun ; une commission mixte pourrait être chargée de la prise de possession des forts.
c M. Jules Favre lit l'article 4 relatif au désarmement de l'enceinte qui devra être désarmée, et dont les pièces devront être descendues dans la rue des remparts. Les garnisons se retireront dans Paris après avoir déposé les armes.
c M. le général Trochu est d'avis de ne pas consentir à ce désarmement ; il serait dit seulement : Les garnisons rentreront dans Paris, c M. Jules Favre indique que M. de Bismark ne vouc drait pas que la troupe rentrât dans Paris, dans la
crainte qu'elle ne se saisît des armes de la garde nationale pour se jeter sur les forts, c M. le général Trooha répond : Hélas I j'ai honte de le dire^ l'armée, loin de se saisir de nouvelles armes, abandonnera volontiers les siennes pour acclamer la paix.
« M. Jules Favre demande le chiffre de l'effectif des troupes. MM. les généraux déclarent ne pas être en état de le lui fournir.
« M* le général Trochu est d'avis de demander le maintien de l'armement â Paris de trois divisions de 8,000 hommes chacune.
« M. Jules Favre se déclare prêt à s'offrir en otage pour garantir l'honneur de Tarmée et lui conserver son armement; il ajoute qu'il trouverait plus grand et plus utile de dire à la garde nationale que le Gouvernement se remet entre ses mains, et il est persuadé qu'on n'aurait point à s'en repentir.
« M. le général Clément Thomas craint que la garde nationale ne renferme dans son sein tous les ferments de discorde qui peuvent agiter la cité. « M. Jules Favre fait observer qu'il s'agira d'une transaction absolument exclusive de toutes passions politiques. Il a d'ailleurs peur d'échouer sur le maintien de l'armement pour une partie de la garnison de Paris.
« M. le général Trochu regrette vivement qu'on n'ait point exigé que la garde nationale fût dissoute et réorganisée de façon à en éliminer tous les éléments perturbateurs. Il ne croit pas pour son compte le gouvernement possible avec cette garde nationale.
tf Le CONSEIL REPOUSSE UNANIMEMENT CE RS6R&T BT CETTE APPRÉCIATION.
« M. Pelletan demande que les officiers ne soient pas
DÉFENSE DE PARIS. dit
séparas de leur troupe» laissée à l'abandon et livrée au désordre le plus absolu.
c M. Jules Favre résume la discussion; il essaiera d'obtenir le maintien à Paris de trois divisions armées; si on lui refuse» il demandera le maintien de la gendarmerie et dos troupes assimilées dans le but d*ordre intérieur.
< M. le général Troohu indique qu'en oe qui concerne le déiarmementi les ^rmes pourraient être déposées dans un lieu désigné, sans que les troupes soient astreintes à cette douloureuse cérémonie du défilé devant Tennemi.
c II pose également la question des moyens de circulation.
c M* Picard répond que la circulation sera maintenue libre, sauf les mesures indispensables à Texécution des conventions faites : liberté de navigation et des voies ferrées pour le ravitaillement* ainsi que pour la sortie et l'entrée ^es habitants, tt Le conseil approuve cette solution, c M. Garnier-Pagés demande» pour éviter tout désordre» qua Paris soit appelé à ratifier le traité. Il est convaincu que Paris acceptera» et» en le consultant» on coupe court à toute tentative de troubles» « M. Ârago émet le môme avis.
< M. le général Trochu déolare s'opposer de toutes ses forces à cette proposition qui remet à son avis tout en question. Il ne s'agit point ici d'une question politique, il s'agit de la vie de femmes et d'enfants qu'on ne peut livrer a la famine » il faudrait alors les consulter aussi.
c M. Ârago persiste a croire que le Gouvernement de la défense nationale est sans droit pour traiter ; sa mission prend fin avec la possibilité de la défense. Il
rappelle qu'on a toujours reconnu Timpossibilité de traiter pour la France. Le Gouvernement de la défense nationale doit être le gouvernement qui se bat, mais qui ne peut traiter. Or, par Tarmistice, on engage la situation puisqu'on livre les forts. Il ne se reconnaît pas le droit de faire ce qu'il appelle un coup d'État.
c M. Jules Favre répond que le matin même les maires ont semblé satisfaits et désireux de voir conclure vite
sans consulter la population.
c M. Garnier-Pagès dit qu'en fait de diplomatie, il est
toujours d'usage de faire ratifier par le souverain;
or, le souverain en ce moment, c'est le peuple de
Paris, dont il faut réserver l'acceptation,
« M. Ferry objecte que la population ne voudra pas
se prononcer par un vote.
c M. Pelletan déclare avec animation qu*il faut savoir accepter la défaite comme on aurait certainement accepté la victoire. La situation ne serait autrement ni vraie, ni franche ; il faut éviter l'affaiblissement moral qui en serait la conséquence.
« M. Jules Favre se retire pour rédiger le formulaire des pouvoirs qui doivent lui être confiés.
« Le Conseil décide la publication à V Officiel des nouvelles prussiennes du journal de Versailles, en prescrivant toutefois d'indiquer avec soin l'origine de ces nouvelles.
c M. le général Trochu demande s'il faut publier l'état des subsistances.
« MM. Garnier-Pagès et Picard croient que celte publicité nuirait aux opérations.
« M. Jules Favre rentre en séance ; il demande s'il faut stipuler que pendant l'armistice l'armée prussienne ne pourra entrer dans Paris ; cela ne voudrait-il pas
OEKKNSE DK PAUIS. 313
« dire que les Prussiens pourraient y entrer ensuite?
« M. Picard croit voir dans la rédaction prussienne
c une nouvelle preuve d'habileté ; c'est une menace à
c l'adresse de l'Assemblée, afin de peser sur ses déli-
< bérations ; il croit donc qu'il faudra simplement dire : c L'armée prussienne n'occupera que les forts.
c M. Ferry pense qu'il faut dire nettement les choses ; « quant à lui, le sort de Paris, en fût-il le député, ne
< pèserait nullement sur ses déclarations s'il voyait la « France prête et capable d'une nouvelle résistance.
c M. Duprez, directeur des affaires étrangères, pré c sente au Conseil la formule des pleins pouvoirs « donnés à M. Jules Favre.
< Le Conseil décide que les ministres ne signeront
< pas les pouvoirs remis à M . Jules Favre.
tt Le Gouvernement ne signe d'ailleurs ces pouvoirs « que sauf ratification par lui des conventions à inter- « venir.
< MM. Gamier-Pagès et Ârago déclarent qu'ils ne se « décident à signer ces pouvoirs que parce qu'ils ne c veulent en aucune façon se séparer do leurs collègues, c surtout dans ces instants suprêmes. Ils considèrent « comme un devoir de partager avec eux ces dernières « responsabilités et ces derniers dangers.
< M. Jules Favre quitte le Conseil pour se rendre à « Versailles. »
( Séance levée a 5 heures et demie du soir.)
Il est à remarquer que dans cette séance du 25 janvier observaiii M. Jules Favre est, au siget de la garde nationale, en séance uû contradiction complète avec le général Trochu et le gé* néral de la garde nationale Clément Thomas : < Le gé-
< néral Trochu regrette vivement, est-il dit dans cette « séance, qu'on n'ait point exigé que la garde nationale c fût dissoute et réorganisée de façon à en éliminer
âl4 DÉFENSE DE PARIS.
< tous les éléments perturbateurs. Il ne croît pas pour « son compte de gouvernement possible aveo cette garde c nationale armée »
Le général Clément Thomas fait observer c qu'il ne
< restera aveo des armes que oette armée d# garde c nationale qui est aussi imparfaite au point do vue € de Tordre qu'en faoe de l'ennemi, car s'il y a de
< bons bataillons, il y en a aussi de mauviùi.M II oite i « cet égard des bataillons qu'on n'oserait jamais fiûte « marcher pour le maintien de l'ordre, eto», etOt.*. ■
M. Jules Fam ^^ retour à Versailles, le 26, M. Jules Favr«, obn»
de n^yea^ETec trsirement à l'opinion des généraux Troôhu et Clément
cuntraire^n^ à Thomas, iusislo plus que jamais en faveur do la garde
des généraux natiouale. Quitte à sacrifier les troupes do ligne et de la
Trocbu, * "
T^ïïsie^^Mur ' n^oJï*^©» îl veut à tout pwx conservor les armes à la garde
garde^aùïnaie nationale... Est-co parco qu'il croit qu'elle a plus hono*
s^ um^. rablement combattu? Evidemment non I mais parce qu'il
la sait plus acquise aux idées républicaines que Tarmée»
Devant la résistance de M. de Moltko et du grand
chancelier qui insistent pour le désarmement de la garde
oitoyenne, le Ministre des affaires étrangères se sert d'un
argument péremptoire. < Entrez dans Paris, leur dit-il,
• quand nous n'aurons plus de pain, nous vous eti ou-
< vrirons les portes, vous ferez de nous ce que bon vous € semblera. «.» •
V* ^g^^^^'^^^'^' Après trois jours de discussion, M. de Bismark finit par M. "juiei* ïavre, oonseutir, et V honneur de la garde nationale fut sauf ; iai8w?uiSame8 ^'^® conserva ses armes. Le grand chancelier accordait garde nationale. OU outro uuo divisiou d'infantorio à laquelle on permet*
tait d'ajouter la gendarmerie et la garde républicaine
jusqu'à concurrence de 8,500 hommes.
M Jules Favre. c Si l'ou on croit los notos do M. Drôo> dit M. le
en refusant '
t oomte Dam, le oomte de Moltke avAit offert de laisser . de
lusser aésanner
i à la troupe ses armes, xùais à la condition formelle que ^^ nationale
< la garde nationale déposerait les siennes. Cette propo- ^ u^mum de
< sition aurait été refusée par le plénipotentiaire frangais ; une^p^tiê de « M. Jules Favre nie qu'elle lui ait jamais été ftûte... » moyens'^acuon.
La vérité pourrait être entre Taffirmation de M. Dréo et la négation de M^ Jules Favre. Il se peut très-bien que M* de Bismark ait offert trois divisions de Fermée à la condition que la garde nationale serait désarmée, car il est bien évident qu'une fois le principe du désarmement de la garde nationale admis, il était matériellement impossible a une seule division d'infanterie de maintenir l'ordre dans une ville de deux millions d'âmes (1).
M. Jules Favre, pendant la Commune, a avoué qu'il s'é- court repentir tait trompé, qu'il aurait mieux fait de laisser désarmer la m. juies^ Farre. garde nationale^ oomme le lui proposait M. de Bismark; mais son repentir n'a pas été de longue durée. Dans sa déposition devant la commission d'enquête parlementaire sur l'insurrection du 18 mars, il s'exprime ainsi ; < Si c j'avoue que j'ai eu tort, c'est d'avoir dit, dans un t grand mouvement d'indignation, que je demandais f pardon d'avoir laissé ses armes à la garde nationale ; c j'ÉTius EâvoLTâ...« Ces hommes, je savais de quels c sacrifices ils étaient capables, je savais qu'ils s'étaient « battus le 19 janvier ; il m'était douloureux de penser c que la garde i^gtionale eût le déshonneur d'être dé-
< sarmée ; je croyais qu'elle serait comme prisonnière c et en conséquence je désirais qu'elle conservât ses « armes. Quand j'ai vu que la garde nationale avait € tourné ses armes contre nous, j'ai été indigné, cela t m's peut-âtre entraîné trop loin.... »
(1) A la vérité, l'ordre eût ulé plus assuré avec la garde nationale désarmée qu'avec la garde nationale armée, mais on no pouvait, raison- • âer sur cette hypolbÔBc.
L'armée de TEst Âbsorbé saiis douto par ridée de sauver à tout prix mise hors de Thonneur de la garde nationale, M. Jules Favre semble
discussion
un jJîISFavre ^'^pportor qu'une attention secondaire à Tannée de dansfÎTouraée ^'Est. . . Cependant il n'ignore rien de sa situation: da M. ^ Faidherbe, dit-il dans la séance du 25 au soir, battu à Saint-Quentin, se serait retiré sur Lille avec Gambetta; Bourbaki serait en plus mauvaise situation, menacé qu'il est par les armées de Manteuffel et du général de Werder. »
M. le général Trochu, parlant du général Bourbaki, dit, dans cette même séance du 25, que s*il ne lui parait pas possible que Tannée de TEst passe en Suisse, sa situation n'en est pas moins mauvaise en général.
Enfin, pendant Tentretien même du 26, la position désespérée de Tarmée de TEst est de nouveau révélée à M. Jules Favre par M. de Bismark, qui lui commxmique séance tenante une dépêche « disant que le général < Bourbaki était tué et que son armée n'avait plus de € refuge qu'en Suisse. »
Cette affreuse nouvelle même semble peu émouvoir M. Jules Favre, car, ce jour même 26, il décide avec M. de Bismark, que Ton attendra de plus amples rbn* sEiGNEiiENTs pour déterminer los conditions de suspension des hostilités dans TEst.
Dans la journée Daus co même entretien du 26, quelques mesures mi-
du 2ft
M. de Bismark litairos rostaut à prendre relativement à l'établissement
demande
à M. Jules Farre do zouos ueutros, M. de Bismark dit à M. Jules Favre:
un
**'pS!iV irai"ttf** * Voici le moment où la présence d'un général devient ^^^'^'^ uons**"**" • indispensable. Nous autres nous ne connaissons que
« la règle. Le général qui doit débattre et signer une c capitulation , c'est le chef d'état-major du général « commandant en chef de Tarmée française. Âmenez-le « demain avec vous. » ^ M. Jules Favre a donc décidé seui, sans lé général de
militaires.
Beaufort, venu avec lui à Versailles le 27, sans le général de Valdan, venu le 28, que Ton ne s'occuperait pas de Tarmée de F Est et de Belfort jusqu'à plus amples RENSEIGNEMENTS.
Nous insistons sur ce point , car il s*agit de bien établir à qui seul revient l'acte inqualifiable , appelé par euphémisme < l'oubli de l'armée de TEst >.
L'entente ultérieure sur les délimitations dans l'Est acceptée, MM. Jules Favfe et de Bismark continuèrent à discuter divers points en litige relatifs au cantonnement de l'armée dans la presqu'île de Saint -Maur, à l'indemnité de Paris qui , tout d'abord élevée à 1 miUiard, fut réduite à 200 millions.
Le grand-chancelier après avoir obtenu de M. Jules Favre le droit et les moyens d'accabler notre malheureuse armée de l'Est, daignait se montrer presque facile sur d'autres points de détail et de minime importance; il daignait même faire des concessions qui, habilement, rondement présentées, n'étaient pas sans contribuer à troubler M. Jules Favre et a lui faire lâcher la proie pour l'ombre. C'est ainsi que M. de Bismark, au moment même où il venait de nous arracher une armée, offrait gracieusement de faire cesser le feu quarante-huit heures avant la signature de l'armistice. (1)
Comme M. Jules Favre prenait congé de M. de Bis- m. de Bismark mark, celui-ci lui dit tout d'un coup : c Je ne crois pas de fu?<r^M^ « qu'au point où nous en sommes une rupture soit pos i sible; si vous y consentez, nous ferons cesser le feu ce > soir. — Je vous l'aurais demandé dès hier, répondit
(1) Condesceudance qui n'empêchait pas l'étai-major aUemand, avant, pendant et après cet armistice, de brûler et rebrûler nombre de villages autour de ce même Paris, sur lequel s'était étendue la main protectrice du grandHshancelier impérial.
le fen.
dl8 DÉFENSE DE PARIS.
M. Jules Favre; ayant le malheur de représenter Pfr^ ris vaincu , je ne voulais pas solliciter cette fiiveur. J'accepte de grand cœur ce que vous m'offres, c'est li première consolation que j'éprouverai dans notre infortune. Il m'était insupportable de penser que le sang coulait inutilement pendant que nous arrêtions ensemble les conditions d'une suspension d'hostilités. — - Eh bien! reprit le chancelier, il est entendu que nous donnerons réciproquement les ordres pour que le fea cesse à minuit. Veillez à ce que les ordres soient strictement exécutés. »
M. Jules FaTre. Do rctour à Parfs, à 7 heures du soir, M. Jules Pavre
revenu ' '
^ ^"^Boir ^ " donna par écrit au commandant en chef l'ordre suivant : ^Te%aiîîf'* « Je viens de Versailles ; je suis tombé d'accord avec cesser le feu. j^^ ^^ Bismark sur les principales conditions de l'armis-
tice , et il a été convenu d'honneur entre nous deux que le feu cesserait des deux côtés sur toute la ligne à partir de minuit. Envoyez donc de suite l'ordre aux forts et aux secteurs afin qu'il parvienne à temps à tous les chefs de poste... )»
Le général Vînoy envoya sur tous les points la notification suivante : « Suspension d'armes à minuit. Cessez le feu. Exécutez rigoureusement cet ordre; accusez réception...»
Le 26 , à minuit précis, était tiré le dernier coup de canon de la Défense de Paris !
Dans la séance du Gouvernement tenue à 9 heures et demie, il est donné un résumé de l'entretien de M. Jules Favre avec M. de Bismark dans la journée du 26.
Séance du S6 janvier, 9 heures et demie du soir.
« M. Julea Favre annonce qu'il aurait pu terminer dès
c aujourd'hui à Versailles, s4l avait eu un général aveclui.
< M. de Bismark a consenti qu*on cessât le feu par-
tout à minuit , et il l*a déclaré avec une grande joie , pensant , a-t*il dit , qu'il allait enfin sauver la vie à beaucoup de braves gens.
« Cependant de grandes difficultés se présentent encore quant aux diverses réglementations. Il s*agit d'établir une zone neutre. M. de Bismark réclame la place de Belfort , dont la possession n*est pour lui , dit-il, comme Tétait celle de Strasbourg, qu'une question de jours.
« Enfin , d'après une dépêche reçue eu sa présence , M. Jules Favre annonce que Bourbaki aurait été coupé et ^'aurait plus de refuge qu'en Suisse.
< Il a été entendu que toutes les facilités seraient données pour les élections. Mais des difficultés se sont élevées à Tendroit du maintien de l'armement de trois divisions dans Paris. Après beaucoup do débats, M, de Bismark n'a admis qu'une division de 1^,000 hommes ; encore voulait-il exiger comme compensation, le désarmement de quotité égale de gardes nationaux. Af, ^ules F^vre déclare s'y être refusé et il a obtenu le maintien de l'armement pour la gen-
< darQ)e?ie et la garde républicaine jusqu'à concurrence ^ de 3|500 hommes*
t M. Jules Favre ajoute que M. de Bismark, malgré c sa protestation, demande Vincennes et Saint-Denis.
< Il demande , en outre , que les oanoni des remparts « soient descendus dans les fossés.
c M. le général Trochu croit l'exécution de cette con- « dition matériellement irréalisable.
« M. Jules Favre fait remarquer que les officiers prus- « siens attachent une grande importance à l'enceinte, « qu'ils trouvent bien plus dangereuse que les forts, c M. de Bismark demande même que la circulation soit
limilée à certaines portes, et que nul ne puisse franchir les lignes prussiennes sans sauf-conduit, c M. Jules Simon soulève des objections contre cette dernière exigence.
« M. Jules Favre croit que M. de Bismark n*a mis en avant toutes les conditions les plus rigoureuses qu'après avoir longtemps assisté à un conseil de guerre. Il apprend qu'il a obtenu que les officiers conservent leurs armes et restent avec leurs troupes. « Aussitôt après la signature des conventions , les mesures de ravitaillement pourront être prises. A cet égard M. de Bismark s'est montré assez large, car avant même que ces conditions soient signées, il a autorisé le passage des agents de ravitaillement. « Quant à l'indemnité de guerre , elle a été réduite de 1 milliard à 200 millions, sur une observation que Paris ne peut engager la France à aucun titre, c M. le général Trochu signale l'intention manifeste des marins de ne pas rendre les forts, il a môme re(;u dans ce sens plusieurs pétitions signées par des officiers de marine ; c'est là , il le constate , une grave difficulté.
« M. Picard demande s'il n'y aurait pas moyen de donner satisfaction au sentiment d'honneur de ces braves marins.
< M. le général Trochu considère conmie indispensable de convaincre l'opinion publique ; c'est pour cela qu'il croit urgent de renseigner Paris sur l'état des subsistances. Il espère encore que le général Callier pourra obtenir de l'ennemi de meilleures conditions militaires. « M. le général Clément Thomas est convaincu que s* il y a résistance «de la part des forts , la moitié au moins de la garde nationale se mettra du côté de la marine.
« M. Jules Favre pense qu'il faudrait montrer la véri- « table situation aux officiers de marine comme on Ta « montrée déjà aux maires.
< M. le général Trochu insiste sur le danger des dis- « positions de la marine, qui peuvent gagner jusqu'à l'ar-
< mée ; il faudrait obtenir la conservation des armes.
« M. Garnier-Pagés demande si Ton ne pourrait pas « faire sortir les marins des forts avec leurs armes.
€ M. le général Vinoy répond que cela est d'autant « plus facile qu'on peut faire entrer les marins dans la « division à laquelle on conserve ses armes ; son avis • est de consulter à cet égard les commandants des « forts.
« M. Ferry s'étonne d'entendre dire maintenant que « l'armée peut arrêter les négociations , quand on n'a « pas cessé de répéter jusqu'ici que l'armée ne voulait ( plus se battre ; les ofSciers eux-mêmes nous ont sans
< cesse déclaré la même chose.
« M. le général Trochu répond que, sans doute, il en « était ainsi , ce qui ne l'empêche pas de craindre', in- « fluence des marins sur les officiers.
« M. Ferry est d'avis d'annoncer au moins à VOfûciel « que l'on négocie un armistice.
« MM. les généraux Trochu et Vinoy continuent à « manifester leurs scrupules et leurs inquiétudes à
< l'endroit de l'armée.
« M. Jules Simon observe avec vivacité qu'il faut enfin
« savoir ce que veut l'armée. Quant à lui, il se refuse à
« croire que l'armée recule au moment où la lutte est
< demandée, et qu'elle fasse ensuite blanc de son épée « quand elle voit cette lutte devenue impossible. Il rap- « pelle à cet égard ce qu'ont sans cessé répété les géné- « raux, et ce que lui ont déclaré à son Ministère, devant c des maires , les commandants et les colonels , qui se