‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 5)Chapitre 86 sur 98 · LETTRE DU GENERAL DES PALUSRES AU GÉNÉRAL BOURBAKI · texte numérisé non relu

LETTRE DU GENERAL DES PALUSRES AU GÉNÉRAL BOURBAKI

7 décembre 1870.

Général Des Pallières au général Bourbaki, à Qien,

« Après trois jours de combats non interrompus ei trois marches de nuit forcées, mon corps d*armée, exténué de fatigae et débandé par suite d'une panique inexprîmable , est arriTé à Salbris. Tous mes convois ont fui juqu*à Vierzon et Blois. Impossible de faire mouvement. J*ai besoin de plusieurs jours pour rallier mon monde et me réorganiser. Je me compléterai iei eo munitions complètement.

c Signé : Des Palukrks. f

EXTRAIT d'une LETTRE DU GÉNÉRAL BOURBAKI AU HINISTU DE U

GUERRE, A BORDEAUr.

Bourges, 9 décembre 1870.

« J'ai pria toutes les disposition» possibles pour coaibattre, si cela devient nécessaire , mais avec un troupeau d'hommes en grande partie démoralisés par les échecs successifs qui viennenl de les frapper , par les fatigues des marches continuelles et rapides, par le temps affreux que nous avons et surtout par la débandade du 15» corps ; je prévois le résultat néfaste qai nous attend ; aussi, si je puis repousser avec le 80« corps les têtes de colonnes ennemies , attendrai-je ici à être rallié par le 15» et le 18» ; j'irai prendre ensuite position à Saint-Amand, où j'espère avoir quelques jours de répit , afm de mettre de l'ordre. Les hommes sont dans un état de misère et de marasme dont ton» ne pouvez vous faire une idée.

c Je n'essaie pas de me retirer sur Nevere, parce qu'oa m'assure que des concentrations de forces enuemies s'opèrent du côté de Dijon et d'Auxerre. »

TéLÉGRÀHME DE M. DE FREYGINST A M. LE GÉNÉRAL BOURBAKI.

10 décembre 1870.

Guerre à général Bourbaki, à Bourges.

c Vos dépèches font un pénible contraste avdtlv celles du général Ghanzy, qui soutient depuis cinq jours d'héroïques et vic^ torieux combats contre l'armée du prince Charles avec les mêmes corps qui avaient déjà supporté tout le poids de la lutte devant Orléans. A quoi tient donc cette débandade du 15« corps, qui, depuis sa retraite précipitée, n*a pas livré un sérieux combat? Quant au 20* corps, je ne pui% m'expliquer son désarroi, puisqu'il n'a pas encore brûlé une amorce. Vous avez le devoir de relever toutes ces défaillances par votre fermeté. Prenez toutes les mesures de salutaire . rigueur qui peuvent arrêter ce dangereux courant. Vous devez avoir à cœur de rivaliser avec Chanzy et de prendre part à ses glorieuses fatigues. Nous ne connaissons pas assez les conditions de vos troupes et les forces qui vous avoisinent pour pouvoir vous donner en ce moment un ordre précis , mais je sais bien que si j'étais à votre place , je rallierais immédiatement mes trois corps ; je châtierais les bandes qui se sont portées sur Vierzon et qui ont compté beaucoup plus sur l'imagination de vos troupes que sur leurs propres forces pour refouler votre armée.

« Je repousserais vivement Tennemi au delà de Salbrîs et je dirigerais une forte colonne dans la direction de Blois. Vous dites vous-môme que l'ennemi veut tourner les débris de l'armée de la Loire ; je voudrais lui prouver que ces débris ne se laissent pas ainsi jouer, et tant que j'aurais un soldat sur pied» je ne permettrais pas à des troupes aussi peu nombreuses de semer l'épouvante dans la Sologne et de chercher à donner la main au prince Charles, pour achever les braves phalanges de Chanzy.

t Voilà y général, ce que je ferais; votre connaissance de la situation, et par-dessus tout votre cœur et votre courage, vous dicteront le plan que vous devez suivre.

« Signé : De Frbyginet. »

EXTRAIT DE LA RÉPONSE DU GÉNÉRAL BOURBAKI AU TÉLÉORAMMl

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