BORDEAUX
a Besancon, 24 janvier 1871, 8 heures 30 soir.
c Quand vous serea mieux informé, vous regretterei !• raproche de lenteur que vous me faites. Les hommes sont exténnéi de fatigue^ les chevaux aussi. Je n'ai jamais perdu une heare, ni pour aller, ni pour revenir. Je viens de voir tous les oom* mandants de corps d'armée. .Ils sont d'avis que nous preoioDB la route de Pontarlier. C'est la seule direction que l'état moral et physique des troupes permette do prendre. Vous ne voas faites pas une idée des sou^rances que Tarmée a endurées de» puis le commencement de décembre.
c J'avais envoyé une division en chemin de for pour s'emparer de Quingey et de Mouchard, une autre à Biufi les deu commandées par le général Martineau ; elles se sont repliées.
« Pendant que j'ai visité aujourd'hui les troupes de la rive droite du Doubs, le général Borel est allé placer luinnéme à Busy celles du 15* corps pour les maintenir sur ces positions et faire occuper les ponts de la Loue les plus voisins.
« Entre Dôle, Quingey, Mouchard, il y a deux corps ennemis, le 2« et le 7*. Demain, je compte faire partir le plus vile possible trois divisions pour garder toutes les positions dont nous avons besoin et s'emparer de Pontarlier. Si ce plan ne vous convenait pas, jo ne saurais vraiment que faire. Croyez que c'est un martyre que d'exercer un commandement en ce moment. J'avais prescrit au général Bressolles de garder le plateau de Blâment et les hauteurs de Lomont, de laisser des postes à Tlsle, à Clerval, à Baume-les-Dames, pour empêcher le rétablissement des ponts, et d'affecter une division avec les mobilisés à cette
mission. J'apprends à Vinstant que ces positions sont abandonnées et j'ordonne de les réoccuper.
a Si vous croyez qu'un de mes commandants de corps d'armée paisse faire mieux que moi, n'hésitez pas, comme je Tai déjà dit, à me remplacer, soit par Billot, soit par Glinchant.
< Martineau ne compte pas sur ses troupes ; Bressolles n'y a jamais compté. La tâche est au-dessus de mes forces. »
TVLÉORAMHE DU GENERAI. BOURBAKI AU lOIflSTRB DB LA GUBRtiE, A
BORDBAUX.
a Besançon, 24 janvier 1871, 9 heures soir.
c Votre dépêche me prouve que vous croyez avoir une armée bien constituée. Il me semble que je vous ai dit souvent le contraire. Du reste, j'avoue que le labeur que vous m'infligez est au-dessus de mes forces et que vous feriez bien de me remplacer par Billot ou Glinchant.
ff Je vous ai envoyé une longue dépêche ce soir, j'attends la réponse avec impatience.
c Les deux divisions du S4^ corps qui doivent rallier, n'arriveront qu'après-demain, mais je commencerai mon mouvement demaiHi à moins d'ordres contraires. >
TÉLBORAMIIB DU oAnÉRAL BOURBAKt AU MINISTRE DB LA OUBRRB,
« Besançon, 25 janvier 1871, minuit 45.
« La marché que vous me prescrivez me semble impossible; c'est comme si vous ordonniez à la S« armée d'aller à Chartres.
« J'ai une armée sur la droite évaluée à 90,000 hommes, et deux corps d'armée, le 2» et le 7«, qui tiennent Dôle, la forêt de Chaux et Quingey. Dans mes trois corps d'armée, je n'ai pas 30,000 combattants. Dôle est le lieu d'une grande concentration ; des batteries sont établies sur les routes. Si je vais jusqu'à Dôle, je ne reviendrai pas jusqu'à Besançon et je ne percerai pas plus loin. Je ne vois qu'une chance, c'est la route de Pontarlier, et, ceci, d'accord avec-mes chefs de corps. Je n'ai de passable que les trois quarts du 18" corps, 6,000 hommes des réserves et une bonne partie de la division Cremer. Je puis gagner de Pontarlier la vallée du Rhône, couvert par un masque de
troupes, mais je ne puis avoir l'espérance de battre des forces supérieures • Répondez-moi de suite, je vous prie, >
EXTRAIT DU TÉLÉGRAMME DU MINISTRE DE LA' GUERRE AU GBNÉRiL
BOURBAKI
Bordeaux, 25 janvier 1871, 1 h. 30 matin. Le Ministre de la guerre au général Bourbaki, à Besançon.
« 3256. — Sans nouvelles de vous ce soir , je reviens avec une nouvelle insistance sur la nécessité pour vous de vous dégager vainqueur. Il faut que vous quittiez Besançon avec les corps que j*ai indiqués dans ma précédente dépêche, et que vous vous portiez vers la région que j'ai également indiquée. A vous de déterminer le moment et la direction de votre mouvement , mais il est nécessaire qu'il se fasse à bref délai ; cela est nécessaire noaseulement au point de vue militaire, mais encore pour rassurer le pays qui commence à être inquiet sur le soi*t de votre armée,
« Signé : De Freyginet. »