‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 5)Chapitre 92 sur 98 · BORDEAUX · texte numérisé non relu

BORDEAUX

« Besançon, 25 janvier 1871, 3 h. 30 soir.

« J'éprouve le besoin d'insister près de vous sur les dangws que présenterait toute opération de la première armée sur Nevers, Âuxerre ou Tonnerre, quelque désirable qu'en soit la réalisation.

« L'état moral de l'armée est très-peu solide, elle ne pourrait enlever Dôle. En outre, il nous faudrait passer entre deux rivières occupées par rennemi, exécuter ainsi une double marche de flanc ; passer la Saône à Âuxonne, et pour peu que Teanemi, profitant de cette situation, menaçât nos derrières, accepter le combat ayant la Saône à dos avec un seul point de passage.

c L'ennemi ne peut se concentrer aussi rapidement sur l'uuc de ses ailes que sur son centre, et plus il me suivra vers le Sod plus il découvrira sa propre ligne de communication.

« Si je puis le devancer à Salins, mon mouvement se trouvera réduit comme distance, comme difficulté de routes que couvre la neige, et comme temps.

« J*ai dirigé ce matin trois colonnes. La division Cremer, la

reserve générale de l'armée et une division du 20« corps, qui s'arrêteront ce soir sur les bords de la Loue à Ghéron et Ornans, et qui continueront leur route demain soir, soit dans la direction de Salins , soit dans celle de Pontarlier, suivant les circonstances.

« Ma grande préoccupation est d'assurer la subsistance des honunes. Elle serait bien réduite si Besançon possédait toutes les ressources que j'avais demandé d'y accumuler. L'intendant Priant prétend vous avoir signalé à diverses reprises l'impossibilité d'atteindre le résultat voulu, à cause de l'encombrement des voies ferrées.

< Il importe peu qu'il soit ou non responsable de cet état de choses, il ne m'en cause pas moins une situation extrêmement diffîcile. Je reçois votre. télégramme de cette nuit réclamant des nouvelles. Je vous ai* télégraphié hier soir, à 8 heures 30 et à 9 heures, et cette nuit à minuit 45.

« Quant à présent, je ne puis que chercher à me dégager et non à percer la ligne ennemie. »

LE MINISTRE nE LA GUERRE AU O^N^RAL BOURBAKI.

Bordeaux, 25 janvier, 4 heures 55 soir.

Guerre à général Bourbaki, à Besançon,

« Plus je réfléchis à votre projet de marcher sur Pontarlier, et moins je le comprends; je viens d'en parler avec les généraux du ministère et leur étonnement égale le mien. N'y a-t-il point erreur de nom? Est-ce bien Pontarlier que vous avez voulu dire ? Pontarlier près de la Suisse? Si c'est là, en effet, votre objectif, avez- vous envisagé les conséquences? Avec quoi vivrez-vous? Vous mourrez de faim ceHainement. Vous serez forcé de capituler ou d'aller en Suisse ; car, pour vous échapper, je n'aperçois nul moyen. Partout vous trouverez l'ennemi devant vous et avant vous. Le salut, j'en suis sûr, n'est que dans une des directions que j'ai indiquées, dussiez-vous laisser vos impedimenta derrière vous, et n'emmener avec vous (pie des troupes solides, à tout prix il faut faire une trouée. Hors de la,, vous vous perdez.

« Signé ' De Frbtginet. i

TéLÉGRAmn DU MINISTRE DE LA GUERRE AU GÉlfiRAL BOCRBilI, k

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