ATTAQUE DE NOS POSITIONS SUR LE PLATEAU DE VILLIERS
Sur le plateau de Villiers, la division Berthaut, ayant aiyîsîon'BerthBui en première ligne la brigade Bocher, défendait tout le énerg1?u"eraent terrain entre la voie ferrée et le chemin creux, se reliant " po^i^»©»à gauche aux troupes du général Courty, qui occupaient les hauteurs de Bry (1). Habilement disposée par son chef, couverte par de nombreuses tranchées (2), cette division ne se laisse ni surprendre, ni entamer... Les grand'gardes avertissent de l'arrivée de Tennemi et se retirent sans bruit... Aussitôt chacun est à son poste de combat... Derrière Tépaulement du plateau, les canonniers de la batterie Moriau sont à leurs pièces, les fantassins dans les tranchées... Ordre exprès de ne pas tirer avant que le signal ne soit donné. A peine ces dispositions sont-elles prises, que les Wurtembergeois (3j prononcent leur mouvement sur toute la ligne ; en quelques minutes, ils arrivent sur nos tranchées... Devant cette brusque attaque, nos soldats hésitent, quelques-uns reculent... les bataillons de réserve accourent... Tout le monde revient aux tranchées et les Allemands sont reçus par un feu roulant de mousqueterie, en même temps que
(1) Voir croquis n» 4.
{ij Ces tranchées de première ligne avaient été construites sous la direction du chef du génie, commandant BardouDaut, par les soldats d'infanterie, qui, grâce à la prévoyance du général Berthaut, avaient apporté des outils sur leurs sacs en quittant la presqu'île de Gennevilliors.
(3) l*c régiment wurtembergeois.
la batterie Mopiau les couvre de mitraille. Les premiers groupes sont renversés, leâ autres se retirent en désordre, laissant sur le terrain nombre de morts et de blessés. L'artillerie Pendant que la batterie de Chalain, en position
^" *en°igM.°*^^ près du chemin de fer, à gauche de la maison du garde, tire à obus à balles dans le ravin de la Lande, soutenant ainsi la marche en avant de la brigade Paturel (1), de nouvelles batteries entrent en ligne; l'artillerie divisionnaire du général Berthaut s'établit à droite et à gauche du chemin de fer, ayant deux mitrailleuses sur la voie ferrée même, derrière l'épaulement de la maison du garde; quatre pièces de la 16* du 44* se placent à gauche de la batterie de Chalain jusqu'à la route n"" 45 (2); la batterie Nismes, de la division Courty, reprend sa position de l'avant- veille à gauche de cette route, en avant du chemin creux.
Sur le remblai du chemin de fer, derrière les épaulements préparés, prennent place les deux dernières pièces de la 16'' du 14% quatre pièces de la batterie Courtois et deux mitrailleuses du capitaine Mahieu (3) ; toute cette dernière artillerie est sous les ordres du commandant de Grandchamp.
i.c« Allemands Une uouvelle colonne ennemie suivant la ligne du
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une grande chomm do fer Dour chercher a tourner la droite de la
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masse
d'uriaierie. division Berthaut , est bientôt arrêtée par quelques décharges.
De ce côté, le colonel de Miribel ne tarde pas à
(1) Cette batterie était arrivée sur le terrain vers 6 heures.
(2) Ces quatre pièces étaient sous le commandement du lieutenant Dubois, qui remplaçait le capitaine Solier, blessé le 30 novembre ; les deux autres pièces, aux ordres du sous-lieutenant Clément, furent détachées de la batterie et employées sur la chaussée du chemin de fer.
(3) Les deux autres mitrailleuses disponibles de la batterie Mahieu furent établies, Tune près du viaduc, observant la Marne jusqu'à Bry, Tautre sur le bord du talus dominant la Marne à quelque distance du chemin de for.
arriver avec quelques bataillons de mobiles (1) ; renforçant les tranchées à droite et à gauche de la voie ferrée, il rend vaines toutes les tentatives de Tennemi, et nous assure définilivement la possession de cette partie du champ de bataille (2).
En arrière, le 123* garnit le remblai du chemin de fer, et le 124* occupe avec deux bataillons l'intervalle entre la voie ferrée et la route de Villiers, et avec un bataillon les tranchées entre le Plant et le cimetière de Champigny.
Voyant leur infanterie impuissante, les Allemands déploient leur artillerie sur toutes les crêtes : trois batteries prennent position entre Villiers et le chemin de fer, une autre s'établit à la même hauteur dans le ravin de la Lande, six couronnent les crêtes de Gœuilly.
Un duel violent s'engage. Pendant que les batteries Nismes, Moriau, Dubois, luttent contre l'artillerie de Villiers, les batteries de Chalain, Lapàque, Simon, les mitrailleuses du commandant Ladvocat, les pièces du chemin de fer, unissant leurs efforts aux batteries du four à chaux, contrebattent vigoureusement l'artillerie de Gœuilly. Malheureusement, la position dominante des batteries ennemies, généralement couvertes par des épaulements, leur donne un avantage marqué, leur feu convergent est des plus meurtriers.
Une pluie d'obus tombe au milieu de nos bataillons, de nos batteries. Les réserves d'infanterie se défilent
(1) Le colonel de Miribol, au moment de l'attaque, réunissait sa brigade dans le bois du Plant, pour relever la brigade Bocher aux avantpostes. Voyant des masses ennemies se former sur le plateau de Cœuilly, il ûl exécuter sur elles des feux do bat^iillon à son commandement, en prescrivant aux mobiles de prendre la hausse à 1,200 mètres et de viser à double hauteur d'homme. Malgré la grande distance, l'effet fut décisif, et bientôt toute la ligne allemande disparut.
(2) Voir le croquis n® 6.
autant que possible dans les tranchées sur le versant de la Marne ; notre artillerie, ne pouvant se masquer, est rudement atteinte.
La batterie de Chalain, complètement à découvert, perd en quelques instants la plupart de ses servants, de ses chevaux; néanmoins, elle continue le feu. Mais, au lever du soleil, le tir des Allemands devient d'une précision extrême ; hommes, chevaux sont renversés, deux affûts brisés. . . Le service des pièces rendu impossible, le colonel Minot donne au capitaine de Chalain Tordre de se retirer.
Les attelages étant insuffisants; conducteurs, canonniers se mettent aux timons, aux roues, et, au milieu d'un feu des plus intenses, ces braves gens, traînant leurs pièces, vont se reformer derrière le remblai du chemin de fer (1).
Les batteries de 4 Lapâque et Simon, changeant de place plusieurs fois, parviennent à se maintenir encore ; bientôt les pertes sont telles, 2 officiers, 32 hommes, 41 chevaux, que le général Berthaut les fait reporter en arrière, ne conservant en ligne que les deux mitrailleuses de la maison du garde, si habilement dirigées par rintrépide commandant Ladvocat. Aux abords de la route n** 45, les batteries Nismes et Dubois, la batterie Moriau se maintiennent dans leurs positions, soutenues en arrière par rartillerie du chemin de fer aux ordres du commandant de Grandchamp.
Mais cette artillerie attirant sur nos réserves d'infanterie le feu de l'ennemi, est souvent obligée d'interrom-
(1) Dans la journée du 80 novembre et la matinée du 2 décembre, la batterie de Chalain avait perdu 43 hommes et 71 chevaux. Le capitaine de Chalain n'avait avec lui qu*un seul officier, M. Bureau, sous-lieutenant auxiliaire sortant de l'École centrale, qui se fit remarquer par son entrain et son énergie
les AUcmaiids t devant YiHiers .
pre son tir, et nos batteries avancées supportent seules le feu meurtrier des Allemands; vigoureusement appuyées par le fort et Tarlillerie de position de Nogenl , elles ripostent aux batteries de Villiers et de Gœuilly, en même temps que les deux mitrailleuses du commandant Ladvocat, balayant les deux côtés de la voie ferrée, maintiennent à distance les colonnes qui cherchent à renouveler leur offensive par le ravin de Villiers et le vaUon de la. Lande.
Pendant cette lutte acharnée de l'artillerie, notre infanterie, sans se laisser déconcerter par les obus tombant autour de ses tranchées^ soutenait une vive fusillade avec les tirailleurs allemands... Bientôt Tennemi, renonçant pour le moment à toute offensive, rentre dans le parc, les tranchées de Villiers, les carrières du chemin de fer..* et le combat se réduit à une violente canonnade.