OPÉRATIONS DU 22 AU 27 DÉCEMBRE
soufTrances Pendant que les clubs et les journaux criaient à la
endurées * ... , , . i
par Tannée, irahison, nos soldats conlmuaient dans la plaine de Saint-Denis-Bondy leur pénible service.
Ils faisaient pilié à voir.. . la tète entourée de chif* fons, leur couverture pliée et repliée autour du corps, les jambes enveloppées de loques. . . n'ayant plus forme de soldats. . . ils allaient sous la bise glacée aux avants
po8te6| aux tranchées... « C'était bien, suivant Texc pression d'un membre du Gouvernement, Moscou aux € portes de Paris. »
Ce fut une dure épreuve que ces cruelles journées passées dans cette plaine de boue glacée, balayée par la tourmente et sillonnée par les obus allemands.
S'il y eut des défaillances parmi nos mobiles et chez quelques-uns de hos soldats de la ligne... la grande majorité déploya un courage auquel on ne saurait trop rendre hommage. . . Que de braves gens furent mortellement frappés par le froid en accomplissant simplement, humblement leur devoir. . .
La santé de ceux qui ne succombèrent pas fut profondément atteinte, les cas de congélation se multiplièrent dans des proportions effrayantes. Vers le 1*' janvier plus de 20,000 soldats atteints d*anémie rentrèrent dans Paris, c Ils disparurent dans le goufTre, dit le général « Trochu, je ne les revis pas. »
Différents indices faisaient croire à une attaque probable. Aussi chaque jour toutes les troupes étaient-elles sur pied de grand matin. Dans chaque corps d'armée, une brigade de piquet se plaçait en soutien dans les tranchées de deuxième ligne ; des batteries d'artillerie attelées et prêtes à marcher s'établissaient aux abords du fort d'Aubervilliers, entre Bobigny et la Folie, à Bondy.
Pendant ce temps, le travail de tranchée continuait; on gagnait du côté de l'ennemi, on améliorait les boyaux de communication, on créait des épaulements pour les pièces. ..
À la date du 24 décembre, les positions gardées par Positions
^ ^ '^ de la «• arméo
la deuxième armée formaient un arc de cercle s élen- .. ^.»u ^
S4 aocemofe.
dant de la Courneuve à Rosny en passant par Drancy, Groslay, Bondy. Sur tout le front, plusieurs lignes de
tranchées parallèles servaient a abriter les avant-.poàtesr^ les réserves,.. >
La ligne la plus avancée passait par la Suiferie devant le Bourget ; elle rejoignait Drancy, suivait le pourtour du parc Làdoucette, le cimetière, et se reliait par une tranchée à 'la ferme de Groslay ; de là, elle gagnait le bois de Groslay, puis le canal de l'Ourcq.
A Bondy, la ligne de défense longeait le canal jusqu'au pont à Test du village ; là, elle traversait le canal et la route de Metz interceptée par. une barricade, suivait par le cimetière, puis par une tranchée le front de Bondy jusqu'à la station, alors connue sous le nom de Gare brûlée; par un retour sur Merlan, elle allait ensuite rejoindre la ligne de Mulhouse.
La défense de cette dernière position était confiée à la brigade Reille, sous les ordres du vice-amiral Saisset. Biitterfei Sur tout le frout des batteries avaient été construites :
construites «M . - . , * -oi • *^
de uV'^ilrmée Batterie de manne de la Courneuve, tirant sur Dugny, Pont-lblon, le Bourget ;
Batterie de mortiers de la Courneuve, tirant sur le Bourget; Batterie de la Croix-de-Flandre, tirant sur le Bourget;
— en arrière du Petit-Drancy, tirant sur Blano- Mesnil ;
; Batterie du parc Ladoucette, tirant sur Blanc-Mesnil;
— entre Drancy et Ferme de l'Alouette^ tirant ) sur Blanc-Mesnil.
Les batteries de Bondy observaient spécialement la ' forôt; c'étaient :
Batterie du canal (2 p. 19 c. mor.) sur le pont à l'ouest du village, battant la Voirie ;
Batterie de la Tannerie (6 p. de 24 long), battant Nonneville ;
Deux batteries de 6 pièces de 12 à droite et à gauche
DÉFENSK DE PAUIS.
'2ffi
Répartition du service entre
les troupes de la f «rinée.
de la route de Metz, battant 'la route '6t le polit de^'tti Poudrette ; . . . >
Deux baltei-ies du cimetière destinées à. abriter do^ pièces légères en cas d-allaque ou de mouveioelH :e«L avant;
Balterie du Vieux-Chàteau avec des embrasure^ danu la muraille ;
Batterie des Gravats (3 p. do 24 court) appuyée am chemin' de fer, à l'ouest de la Gare brûlée.
Les troupes du 1*' corps se partageaient le. setvicîe entre Ja Gourneuve et Drancy ; la division Faroti occupait Drancy, Groslay, le petit bois de Groslay; la division de Bellcmare, Tintervalle entre Groslay et le danaj .de rOurcq (1). Le colonel Reille, chargé de là défense de Bondy, avait sous sa direction, outre sa brigade; deux bataillons de marins aux ordres du commandant Trêve, deux bataillons de garde républicaine, le 4Vb'aT taillon des éçlaireurs de la Seine, et la compagnie defç éclaireurs de la Défense nationale, organisée' par l'amiral Darricau. . ■ .
Le 25 décembre, au jour, .toutes les troupes prennent » décembre. les armes : c'est la fête de Noël, l'ennemi peut avoir pré médité une attaque.
On dut bientôt se convaincre qu'il A'avail aucun prô jet de ce genre ; au piilieu de celte plaine découverte; les silhouettes des sentinelles se détachaient seules Bur ^'horizon.
Le froid était de plus en plus vif; cependant les travaux de défense continuaient, mais bien lentement, car la terre était si dure que les outils s'y brisaient.
Les cas de congélation devenant de plus en plus nom-
(1) La brigade Ck^mte (118* et 114«) était spécialemont chargée de la défense de Groalay et des tranchées voisines, les deux régiments alternant chaque jour pour fouriûr un bataillon de garde.
Les troupes rentrent dans leurs cantonnements.
S6 décembre.
breux, le travail de tranchée n*avancant plus, le 26 aecembre on abandonne définitivement l'idée de s'emparer du Bourget, mais les points occupés devront être conservés. Toutes les troupes qui ne sont pas nécessaires pour le travail et la garde des tranchées sont ramenées en arriére et cantonnées.
La division de Susbielle retourne à Glichy et Saint* Ouen, dans ses anciens emplacements.
La division Mattat va occuper les baraques du camp de Saint-Maur et le village de Fontenay.
Les divisions Berthaut et Gourty, du 1" corps, restent à Aubervilliers et Pantin, pour faire le service entre la Courneuve et Drancy.
La division Faron conserve ses cantonnements de Bobigny, Drancy, avec la garde de Groslay.
La division de Bellemare, établie à Noisy-le-Sec et Merlan, fournit un bataillon de garde à Bondy, un aulro dans les tranchées entre Bondy et Dranoy.
Sur la droite, nos avant-postes se relient à ceux du vice-amiral Saisset, chargé de la défense du plateau d'Avron. Là, la situation devient critique ; depuis plusieurs jours on voit Tennemi travailler à de nombreuses batteries, sur les hauteurs du Raincy, de Gagny, de Noisy-le-Grand. . . et, d'un moment à l'autre, on peut so trouver pris dans un cercle de feu.
Aussi redouble-t-on d'ardeur pour compléter et renforcer les épaulements, approfondir les tranchées... mais le travail marche bien lentement, la terre est trop dure; et lorsque commencera le bombardement, les abris seront encore bien insuffisants, les épaulements beaucoup trop faibles pour permettre une résistance prolongée.
Avant d'entrer dans cette nouvelle phase des événe ments, nous voulons donner une idée de la physionomie de Paris a cette période du siège.