‹ La défense de Paris, 1870-1871Chapitre 42 sur 52 · PENDANT LES DERNIERS JOURS DU SIÈGE · texte numérisé non relu

PENDANT LES DERNIERS JOURS DU SIÈGE

Nous nous sommes trop franchement, trop librement exprimé sur les erreurs , les fautes , les excès de la population Parisienne, pour n'être pas suspect en parlant de son courage, de son abnégation a supporter les souffrances et les maux qui accompagnent toujours un long siège.

A part le groupe des factieux, des révolutionnaires, qu'il ne faut jamais compter quand il s'agit de devoir, de sacrifice. . • à part cette populace, sans nom, sans foi, sans patrie... écume cosmopolite qui salit toutes les grandes villes, on peut dire qu'à Paris toutes les classes, riches ou pauvres, tous les âges, jeunes ou vieux, rivalisèrent d'ardeur, de dévouement. Chacun mettant de côle et ses affections et ses espérances, ne songea qu'au pays menacé; devant la Patrie en péril, il n'y eut plus qu'un grand parti, celui de la Pairie... Cet élan, que nous avons trouvé à Paris, qui a existé en Province, bien qu'il n'ait pas été couronné de succès , n'en a pas moins été réel, vivace, . . et si nos gouvernants n'avaient pas péché autant par maladresse politique que par incapacité militaire on aurait pu mieux utiliser ce dévouement, cette ardeur à servir au bien public.

C*est ce haut sentiment de noire Pays, de nos compa* triotes, qui nous a toujours fait penser et qui nous fait penser encore que, malgré la faute criminelle du 4 septembre, il fallait, après Sedan, continuer, soutenir la lutte. . . car un peuple se relève de « ses ruines matérielles, mais c il ne se relève jamais de sa ruine morale », et la France se serait tuée moralement si, ^près les premières défaites, elle eût déposé ses armes... Aujourd'hui, six ans après... nous ressentons-nous beaucoup de nos ruines naalérielles? Évidemment non. . . Sans la lutte c patricide » de la Commune, sans les faits antérieurs et corrélatifs du 4 septembre, tout à présent serait non oublié, mais presque réparé... notre dignité, notre constance, notre courage dans la défaite , auraient peut-être excité autant d*admiration que les succès de nos ennemis. . . la gloire des vaincus aurait presque balancé la gloire des vainqueurs.

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