‹ La défense de Paris, 1870-1871Chapitre 49 sur 52 · uj!;rj2;iNbi!; dèh rAHi · texte numérisé non relu

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M. J. Favrb répond que la résolution unanime du Conseil est souveraine en semblable matière.

M. le général GLéMSNT Thomas donne lecture des divers rapports indiquant la mauvaise oonduite et le peu de solidité du bataillon des tirailleurs volontaires de Belleville. Il annonce, en outre, que M. Flourens est allé reprendre illégalement le commandement de ce bataillon aux avant-postes, où il cause toute es pèce de désordres.

Le Conseil invite le général Clément Thomas à faire faire une enquête sévère et à statuer en conséquence.

SAMEDI 10 DécBUBRB {iO heures du soir),

M. Picard, examinant la situation, dit cpi'il faut savoir se préparer aux résolutions suprêmes sans attendre les événements.

M. Fbrrt demande ce que cela veut dire, et la conclusion de cet avis.

M. Picard déclare ne plus insister davantage, en présence de l'attitude qu'il constate.

M. J. Favrb, reprenant l'idée de M. Picard, examine les plans adoptés, puis abandonnés par le général Trochu, sous le coup des circonstances. Il en conclut que, peut-être, faut-il songer à mettre un terme à des sacrifices inutiles, surtout si les dépêches disent vrai sur la province.

M. Garnier-Paobs déclare que le général Trochu n'a jamais hésité ni changé de plan. 11 attend son heure avec résolution; quant aux nouvelles de province, elles viennent de sources prussiennes. Enfin, avant peu de jours. 80,000 hommes de gardes nationaux mobilisés fourniront un nouvel élément,

M. Ferry déclare que les paroles du général ont prouvé qu'il se préparait à un nouvel effort, qu'il faut attendre.

M. J. Favre insiste, en disant que le général Trochu devrait faire connaître son nouveau plan, afin d'y préparer la population.

M. Garnier-Pagbs supplie M. J. Favre de laisser le général libre d'agir et de ne pas le troubler par des interpellations au moment même où il est aux prises avec toutes les difficultés d'une nouvelle action.

M. Ferry insiste vivement, de son côté, en suppliant M. Jules Favre de ne pas persévérer dans cette voie de découragement qui enlève à tout le monde la foi, le courage et l'énergie. 11 faut avoir une foi absolue dans un général en chef, et cette foi, il déclare l'avoir dans le général Trochu.

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M. Simon est d'avis d'aller à la conférence sans aucune t;on* dition. En choissant bien le représentant de la France, celui-ci saura bien se poser fièrement et faire respecter son pays. S'il en était autrement, il n'aurait qu'à se retirer avec éclat.

M. Aràgo demande que les instructions diplomatiques de M. J. Favre soient maintenues.

M. J. FsnRY considère qu'il est impossible de se rendre à une conférence dans laquelle il est convenu qu'on ne parlera que des traités de 1856.

M. J. Simon résume la discussion en disant que ces conditions que M. J. Favre veut stipuler pour la France, avant de franchir la porte de la conférence, lui croit qu'on ne les obtiendra que de l'autre côté de la porte franchie.

La question étant mise aux voix, une discussion s*engage sur la manière dont elle doit être formulée.

M. J. Favre soumet aux voix la question ainsi formulée : Si la conférence ne peut s'occuper que du traité de 1856, la France n'y assistera pas, à moins que l'Angleterre, l'Autriche et l'Italie ne lui promettent un traité d'alliance. Dix voix contre deux se prononcent en faveur de celte proposition, repoussée seulement par MM. J. Simon et Picard.

Samedi 17 décembre ( iO heures et demie du soir).

M. J. Favrb annonce qu'il a reçu des dépêches diplomatiques importantes. Les Prussiens sont las de la guerre ; ils cherchent des occasions de paix ; la conférence reprend avec plus de force que jamais. — Il faut, dès ce soir, décider si la France y sera représentée, et quel sera son représentant.

Il lit les dépêches de M. de Ghaudordy, en date du 11 et du 12 décembre (Bordeaux). H résulte de ces dépêches que le cabinet de Vienne s'est refusé à une alliance, qu'aucune puissance ne veut prendre d'engagement préalable sur la France avant l'ouverture de la conférence, que l'Angleterre insiste plus que jamais pour que la France se fasse représenter. Enfin M. Gambetta est d'avis qu'on assiste à la conférence sans conditions préalables.

M. Picard croit que maintenant le Gonseil doit être unanime pour se faire représenter à la conférence.

M. Garnier-Pagès croit au contraire que les dernières dépèches qui dénotent la lassitude de l'Allemagne et le besoin qu'on a de notre présence, prouvent que le moment est projûco pour

Uigitizëa

que que ce dernier Je demanae également pour remplir celte mission.

M. Araoo déclare que si Paris sait que M. J. Favre est parti pour traiter, ce sera une espérance de paix d'une part et une rage de Tautre, qui jetteront la désorganisation dans la défense.

M. J. Favre répond que cette impression devrait disparaître, car il no partirait que pour maintenir son programme : pas une pierre de nos citadelles, ni un pouce de notre territoire.

Samedi 24 décembre ( iO heures du soir).

M. le général Le Flô annonce qu'en ajoutant quelque chose aux chiffres déjà donnés, et en modifiant certains rendements, il est arrivé à trouver deux jours de plus pour les subsistances. Il ajoute que la guesre est prête à livrer immédiatement 23,750 quintaux de riz.

De ces divers calculs, il résulte qu'il y a encore pour ti*entecinq jours de farine et de pain.

M. le général Schmitz demande si, après ces trente-cinq jours, il restera encore du pain pour subvenir aux besoins pendant les dix jours nécessaires au ravitaillc'ment.

M. G. Pages est convaincu que les déclarations incomplètes des particuliers suffiront à fournir le blé nécessaire pour ces dix jours.

M. Schmitz pense au contraire qu*il faudra s'arrêter dès le 20 janvier et prendre ses mesures en conséquence.

M. Arago appelle Tattention sur la traduction d'un journal allemand renfermant de curieux détails sur la tentative faite à Tours, par un groupe de conspirateurs monarchiques, pour enlever M. Gombetta.

M. Picard demande que cet article soit publié dans YOfâciel ou qu'il en soit tout au moins donné communication aux journaux .

M. PiCARD prie M. le général Le Fl6 d'entretenir le Conseil des opérations militaires.

M. le général répond qu'il n'est ni gouverneur ni général en chef, ni président du Conseil.

M. Picard déclare que le ministre de la guerre est le supérieur militaire du général Trochu, et qu'il serait bien temps que l'action militaire eût un contrôle sérieux.

servants et les pièces, et aussi les avant-trains et les caissons, si ceux-ci ne peuvent être abrités par le terrain lui-môme.

MM. les généraux commandant les corps d*armée, Tartillerie et le génie sont priés de donner les instructions les plus précises pour Texécution de ces prescriptions, dont chacun comprendra l'importance.

Au quartier général, fort de Vincennes, le 16 décembre 1870.

Le Général commandant en chef, P. O. Le Généra!, Chef cTétat-maJor général^ Signé : F. Appert.

MOUVEMENTS PREPARATOIRES.

i« Corps.

DiT«« Sufbielle. La veille du jour fixé pour Topération, la division Susbielle se transportera de Saint-Ouen au village d'Aubervilliers avec son artillerie divisionnaire ; son mouvement se fera dans l'après-midi et sera calculé de manière à être terminé avant la nuit.

Di¥w Berthaat. Le même jour, après le coucher du soleil, la division Berthaut s'embarquera sur le chemin de fer aux gares de Clichy et des BatignoUes ; elle sera débarquée entre Aubervilliers et la Courneuve; elle se formera en arrière de la route qui va de Bondy à. la Courneuve, sa première brigade à droite de la route de Lille, sa deuxième à gauche. Son artillerie divisionnaire suivant l'avenue de la Révolte, le chemin de Saint-Ouen à Aubervilliers, se formera à hauteur du fort, entre les deux brigades, et en arrière; elle sera suivie par la réserve d'artillerie du l*' corps, qui s'établira en arrière du fort, près de la route de Lille.

Div*" Coarty. Le même jour, après le coucher du soleil , la division Gourty s'embarquera aux gares de Bercy et de Saint-Mandé, et sera débarquée sur le chemin de fer de Strasbourg, de l'autre côté du canal, près de la route des Petits- Ponts.

Suivant cette route, elle se formera entre le fort d'Aubervilliers et le village de Bobigny, une brîgade à droite de la route des Petits-Ponts , une à gauche. Son artillerie divisionnaire se sera transportée, la veille du jour fixé pour l'opération, à Romainville ; elle se mettra en mouvement pendant la, nuit de manière à être formée au point du jour, en arrière des deux brigades, à ch>:val sur la route des Pelits-Ponts.

Ponts.

Ceux qui sont du côté de Vincennes so rendront au mémo point, par la route de Bagnolet et de Pantin, et se placeront à droite de la route des Petits-Ponts.

Service! La partie légère des services administratifs, c'est-à-dire les

admiDisiratiff» gjulels, s'établira : pour le !•' corps, derrière le village d'Anbervilliers; pour le 2* corps, derrière le chemin de fer de Strasbourg, entre Bondy et Noisy; pour la réserve Faron, derrière le chemin de fer de Strasbourg , entre Romainville et le fort do Noisy.

Le mouvement ne commencera qu'au point du jour, et lorsque toutes les voies aqront été complètement dégagées par l'infanterie et l'artillerie.

Pontonnien» Les six sections de pontonniers, réunies à Asnières sous les ordres du commandant Marulaz, devront être rendues à Pantin, près du canal de l'Ourcq, à portée de la route des Petits-Ponts« dans la soirée du jour qui précédera celui fixé pour l'action.

En conséquence , elles partiront dans l'après-midi , entreront dans Paris par la porte des Ternes, suivront les boulevards extérieurs, La Villette, et se parqueront en dehors des fortifications près du canal.

Elles se tiendront prêtes à marcher, dès le point du jour, dans les directions qui leur seront indiquées ultérieurement.

PRESCRIPTIONS GENÉRilLKS.

Pour tout ce qui est relatif aux voitures , chevaux de main, bagages de toute espèce, l'on se conformera rigoureusement aux dispositions prescrites lors de notre opération sur la Marne, c*cst-à-dire que tout devra rester aux points de départ.

Au moment de la concentration, il ne devra y avoir sur les routes que les combattants, rartilleric, les munitions, les mulets d'ambulance, et les mulets chargés d'outils pour le génie dans la proportion indiquée ultérieurement.

Pendant l'action, à partir de midi, les bagages des ofOciei'S pourront se rapprocher de la base de Topération , en suivant le môme itinéraire que les corps auxquels ils appartiennent; mais aucune voiture ne devra dépasser sans ordre le canal de l'Ourcq.

Celles du 2« corps s'arrêteront en arrière de Bondy ; celles du i* corps à Pantin, celles de la réserve Faron à Noisy-le-Sec ; elles seront parquées là en ordre, de manière à ne pas encombrer les voies de communication', et , s'il y a lieu , les commandants

Bourget. en passant par Blancmesnil, nous échelonnant ainsi par notre droite.

Solidement établis dans ces posiflons, nous prendrons pour nouvel objectif la position dite Orme-de-Morlu, d*où Ton commande la Patte-d*Oie de Gonesse et la route nationale de Lille.

OBSERVATIONS OÉNERALES.

Les têtes da colonne d'infanterie seront toujours suivies do près par les mulets chargés d'outils et les sections de sapeurs du génie, de manière à pouvoir établir des tranchées-abris, des épaulements et des batteries aussitôt qu'une position sera conduise.

Les généraux de division et de brigade, ofûciers de tous gradeS; s'attacheront à couvrir le mieux possible leurs troupes, en profitant des maisons, des fossés, des plis de terrain et des tranchées-abris faites à l'avance ou qui se feront séance tenante. On devra surtout éviter de placer des masses d'infanterie derrière Tartillerie.

L'artillerie devra toujours prendre de grands intervalles entre ses pièces et tenir les caissons et les chevaux à bonne distance des pièces et de préférence sur les flancs. On s'attachera à tirer plutôt avec justesse qu'avec rapidité, on ayant soin de concentrer toujours le feu de plusieurs pièces sur le môme point.

Bispositif des opérations pour la Joiumée dn 21 décembre 1870.

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