‹ La défense du Conventionnel Joseph Le BonChapitre 2 sur 9 · PENDANT SA DÉTENTION · texte numérisé non relu

PENDANT SA DÉTENTION

Paris, le '^O nivôse an lîl de la Républicjue.

Joseph Le Bon à la Convention Nationale. Représentans du peuple,

Je n'aurais jamais cru qu'à la tribune de la Convention, un rapporteur put donner pour un fait constant, la calomnie la plus atroce qui ait été imaginée contre rnoi. C'est pourtant ce qu'a fait, il y a quelques jours, le citoyen Courtois (1), en parlant de mes prétendues fureurs lubriques et de mes embrassemens homicides.

Je déclare au citoyen Courtois, à la Convention et au peuple français que l'histoire de la femme aux 25 livres est non seulement ■de toute fausseté, mais encore dénuée de toute vraisemblance aux yeux de ceux qui ont suivi ma conduite. Je défie mes ennemis les plus acharnés d'administrer aucune preuve d'une pareille horreur, et la contexture maladroite de cette fable atroce servira, seule, au besoin, pour les confondre.

Mon silence, je le sais, a encouragé les calomniateurs et trompé les hommes de bonne foi. Mais je me suis fié sur la force de la vérité qui ne peut manquer de triompher tôt ou tard.

D'ailleurs où puiser les fonds suffisants pour riposter coup sur coup aux libelles de l'inépuisable aristocratie ? Un moyen me restait, savoir : de faire imprimer, aux frais de la République suivant l'usage, le compte de ma mission. Mais, pour cela, mes papiers justificatifs, mes registres m'étaient nécessaires et des gens intéressés sans doute, ont eu soin de les faire enlever en mon absence, sans aucun inventaire, sans aucun fondé de procuration de ma part.

Je ne me plains pas de ces manœuvres. Elles entraient dans le plan de ma ruine et ne sont rien en comparaison de mille autres Intrigues que l'on a fait jouer.

Toutefois, je ne puis me taire toujours. J'invite donc la Convention nationale à ordonner que ceux de mes papiers qui ne sont point à ma charge me soient remis dans le plus bref délai.

Joseph Lk Bon.

(1) Courtois (Edme-Bonaventurc), député de l'Aube, né à Troyes, mort à Bruxelles. Auteur du rapport sur les papiers trouvés chez Robespierre el ses complices.

Page 1