CHAPITRE IX
Le 4 Septembre. — L'Impératrice et les grands Corps
de TÉtaL
Plus an réfléchit aux événements du 4 septembre , moins on parvient à s'expliquer Tineptie des uns, Tirrésolution ou la défaillance des autres, éléments qui tous ont si bien servi Taudace des ennemis de l'Empire.
Comment? vous recevez une nouvelle aussi foudroyante que celle de la défaite de Sedan — vous savez que vous avez à faire ici à une population fort impressionnable de deux millions d'âmes, déjà à moitié égarée par une presse virulente — vous savez qu'il 7 a à Paris certains quartiers notoires où Témeute existe à l'état chronique, et qui peuvent en un clin-d'œil lancer sur un point quelconque de la capitale vingt mille braillards de la pire espèce, et non-seulement vous publiez le fait écrasant dans toute sa nudité hideuse^ mais vous ne prévoyez rien, et vous ne prenez aucune mesure militaire?
Et ici. Madame, c'est à vous spécialement que je m'adresse, à vous, Kégente de l'Empire, légalement investie du pouvoir suprême, et doublement tenue à l'exercer par la catastrophe qui avait fait tomber l'Empereur entre les mains de Tennemi. Vous qui teniez tous les fils du système gouvernemental , vous dont la signature était encore respectée, vous enfin qui étiez entourée de serviteurs dévoués, prêts à mourir pour vous, comment avez-
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la' 'Ç^^^$d^^^ i pins que moi n'a été révolté des
0^' ^et^' ^,^ji a lancés contre vous ; nul plus que
p^^ ou^^^da justice à votre esprit de charité,
'"^a^ ^'^ tant d'institutions précieuses de bien-
ftsa^^' ertsii^^ moments, ce sont d'autres qualités
j^aî^f (ni' on réclame d'une Eégente. La France,
plus ^, ^^ du fléau de l'invasion, devait être sauvée
déj^ * ^ème fléau, celui de la révolution en face de
i'^^fp^pire, encore debout, aurait pu mieux résister , yçiin autre gouvernement, parce qu'en définitive il
^1 avait rien de nouveau, et que tous les rouages
'taient en action : il suffisait de leur imprimer plus de vi-
crueur. L'Empire, d'ailleurs, avait faculté de traiter à
ufl moment donné, où les conditions eussent été moins
onéreuses. En un mot, il eût, d'une manière plus ou
moins heureuse , liquidé une situation créée par lui :
tandis que le nouveau gouvernement , paralysé d'abord
dans son action immédiate par la nécessité de trouver
des hommes nouveaux, et tellement nouveaux, qu'ils
étaient novices et dès lors forcément incapables, était
au surplus paralysé par nUégalité de son existence;
illégalité qui l'empêchait de traiter.
Donc, Madame, l'Empire debout, c'était la France plus ou moins sauvée; la Révolution debout, c'était la France plus ou moins ruinée.
C'était à vous de sauver l'Empire, et vous le pouviez.
Madame, ce premier de tous les devoirs, vous ne l'avez pas rempli.
Vous, Régente, vous vous êtes d'abord trouvée en