J. J. ROUSSEAU
« des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fon- « dateur de la société civile (1). »
Voilà des lignes qui nous ont coûté bien cher, grâce à la bonhomie de T Académie de Dijon, qui avait précédemment octroyé à leur auteur une célébrité à laquelle les absurdités débitées par lui à la docte assemblée ne lui donnaient certes aucun droit.
Dans les lignes que je viens de citer perce cette doctrine : que Fhomme ne doit pas jouir du fruit de son travail !
Telle est l'économie politique de Timmortel Jean- Jacques Eousseau I ! !
Je n'ai pas à m'arrêter ici sur les conséquences évidentes de cette sotte doctrine, dont la PHILOSOPHIE ABSOLUE fait justice en suivant pas à pas les lois de la NATURE : je me borne à constater que celui qui, le premier, a enclos un terrain inoccupé, et Ta cultivé à la sueur de son front, avait parfaitement le droit de dire au paresseux qui le regardait faire : ceci est à moi !
Donc la propriété s'établit par nécessité physique^ et avec elle naît aussi V envie de s'emparer de la propriété d'autrui. Cela ne pouvant se faire que par la force, celle-ci ne peut être repoussée que par une force au moins égale, mais le plus souvent prépondérante. De là le brigandage, et, plus tard, la guerre plus ou moins régulière.
Vous le voyez, la propriété est une nécessité naturelle de l'homme; la propriété entraîne nécessairement la guerre ; donc la guerre est une nécessité inévitable.
C'est ce que j'ai dit dans ma Préface^ et je défie tous les humanitaires du monde de prouver le contraire.
(1) Discours sur Vorigine et Us fondements de Vinégàlité parmi Us hommes. Exorde de la seconde partie.
Maintenant voici ce qui arrive : certains hameaux, ne se voyant pas en sûreté, se réunissent pour la défense commune ; ils constituent un puissant village, qui, muni enfin d'une enceinte, devient une VILLE.
De même les agresseurs fondent une ville fortifiée, qui devient leur repaire en cas d'échec. Voyez Rome.
Des deux côtés l'intérêt commun a servi de FOEC£ d'attraction : entre les deux villes que je suppose, il y a