‹ La défense du paysChapitre 38 sur 78 · FORCE DE RÉPULSION · texte numérisé non relu

FORCE DE RÉPULSION

Vous pouvez m'objecter qu'il n'y a pas d'attraction moléculaire ni de magnétisme dans tout cela. Que vous importe, si l'eflfet est le même ?

D'aiUeurs, la PHILOSOPHIE ABSOLUE est parfaitement en mesure de répondre à votre objection, quant au fond ; seulement je ne puis pas m'y arrêter ici.

Bref , l'agriculture et les villes sont constituées ; l'échange de produits se fait, et il en sort bientôt cet agent mystérieux, I'argent.

Mais tout cela n'a pu s'efieotuer qu'en faisant naître d'abord la bonne foi, et ensuite la loi, qui la consacre et la protège : pacte tacite, mais non moins un produit de la NATUKE que le fruit d'un arbre; pacte, en un mot, par lequel chacun renonce à une partie de son libre arbitre, en considération d'une certaine somme de sécurité.

Je condense ici, on le voit, en quelques lignes, la matière de plusieurs volumes, car j'ai hâte d'arriver à mon objet principal, la constitution des villes modernes.

Avec l'échange, avec l'argent, avec la sécurité des transactions, les relations, d'abord restreintes à la ville la plus voisine, prennent de l'extension : un pays demande ce qui lui manque à un autre, le commerce s'établit et agit comme une nouvelle force d'attraction, en vertu de laquelle les hommes sont attirés vers les grands fleuves et les c^tes de la mer, pour y fonder de nouvelles

vUles, moins dms un but de défense que pour faciliter les échanges,

D'autre part , en vertu de quelque position stratégique fort avantageuse , ou bien d'un climat favorable, ou d'une grande facilité d'accès, quelquefois enfin par simple tradition historique, il arrive que l'une ou l'autre des villes primitives acquiert une grande prépondérance sur les autres, et devient le siège d'un gouvernement central, en d'autres termes, une capitale.

Arrivés à ce point de l'évolution sociale, nous voyons les autres villes devenir des succursales plus ou moins m* portantes, soit des capitales, soit des grands centres du commerce. Telle est la situation actuelle du monde civi-* lise ; telle fut celle du monde ancien.

Ainsi, ne l'oublions pas, ce qui, dans la formation des villes, a joué le rôle de Taimant, c'est Tintièrêt individuel. Les premiers sont arrivés à l'endroit donné dans un but d'intérêt : les travaux qu'ils y ont faits, les avantages sociaux qu'ils y ont créés y ont attiré d'autres individus, et ainsi de suite. Il est donc bien vrai que Vhomme attire Fhomme^ et, de plus, par une force irrésis^ tible, f argent attire r argent.

Car c'est là le dernier mot.

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