MONARCHIE. — CHAMBRE PERMANENTE
Or, les sociétés D'étant que des individus multiples, elles sont sujettes aux mêmes lois, et ont, elles aussi, la moyen de retarder leur mort, en ralentissant leur hobilitI
Donc, si vous voulez vivre copame société, ne cédea pftsà la versatilité de ce que Ton appelle f opinion publique^ ordinairement fabriquée sur commande par les partis révolutioiinaires : consacrez le principe de la stabilité dqnii Ic^ représentation nationale.
Q^oi que vous fassiez, vous ne serez que trop tôt débordés par la maladie mortelle : inutile que vous commettiez un suicide en courant à sa rencontre.
La théorie que je viens d'esquisser rapidement ici est démontrée scientifiquement par la PHILOSOPHIE AB- SOLUE.
Voyons maintenant ce que Ton perd en renonçant à. U mobilité de la représentation nationale.
Je suppose d'abord le député animé des meilleures in-? tentions. Sans accepter un mandat impératif, il a néanmoins encouru auprès de ses commettants certains engagements moraux : il a fait des propiesses générales. Il s'agit de les tenir, et c'est avec la ferme intention d'y travailler, qu'il se rend à la Chambre.
Or les élections ont plus ou moins modifié la force des partis. On ne s'y reconnaît pas encore : il y a des noms nouveaux et non classés. La grande affaire du moment, ce n'est pas de discuter des réformes ou des projets de loi, mais de constituer une majorité au profit de tel ou tel parti. Bref, notre homme ne trouve pas à placer sa drogue, et bientôt il se voit entraîné dans les négociations et pourparlers ayant pour but de renverser tel cabinet pour faire place à tel autre. Il finit par se rallier au parti qui promet de soutenir quelques-uns de ses projets : tous, ce serait impossible. Mais lorsqu'on arrive à les discuter, des
intérêts contraires s^y opposent, et il fait des discours en pure perte.
La dernière année de la législature arrive enfin, et il faul, non pas songer au bien du pays, mais travailler à sa réélection. Dès lors le député se met à soutenir les propositions qu'il s'est engagé à défendre, bien qu'il puisse prévoir leur insuccès. Or comme tous ses autres collègues sont dans le même cas. Tannée entière se passe en discours futiles, qm ne sont que des adresses indirectes aux électeurs. C'est le temps du pays gaspillé au profit d'ambitious personnelles.
Comparez à ce tohu-bohu les discussions calmes et raisonnées d'une Chambre où tout le monde se connaîtrait de longue main, où chacun aurait trouvé son assiette, où personne n'aurait à craindre une nouvelle élection, et où par conséquent le pays ne risquerait pas de perdre les services d'hommes clairvoyants, rompus aux affaires, et consciencieux, tandis qu'il jouirait d'un moyen légal de retirer le mandat à quelques membres qui se seraient montrés incapables.
Ajoutez querépoque des élections générales, chez nous comme en Angleterre et en Amérique, n'est en réalite le plus -souvent que l'émeute à jour fixe, et vous ne serez plus surpris d'apprendre qu'entre les deux systèmes mon choix n'est pas douteux.
La stabilité de la chambre élective est du reste une des premières conditions pour la bonne défense du pats.
LA