‹ La défense du paysChapitre 68 sur 78 · PREMIER DIALOGUE. — HOLBACH · texte numérisé non relu

PREMIER DIALOGUE. — HOLBACH

sont bien forts, et ils ont raison ; mais il ne faut pas la leur donner, car, après tout, une religion est nécessaire :

Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inyenter.

Si mes prémisses sentent jusqu'ici l'athéisme, c'est que je puis, sans me gêner, accepter tous les faits dont les athées prétendent avoir le monopole ; car aucun de

CES FAITS NE SUFFIT POUR. DÉMONTRER QU'a CÔTIE DU MONDE MATIÉRIEL IL N'T AIT PAS UN MONDE SPIRITUEL.

Existe-t-il un monde spirituel? Voilà le vrai nœud de la question. Je l'aborde de front, bannières déployées, sans subterfuges, mais en m'affranchîssant de toutes les idées dogmatiques ou métaphysiques dont on a jusqu'ici embarrassé la question. Je ne veux me servir que des armes que me fourniront mes adversaires ; mais afin de pouvoir ferrailler en toute liberté, je demande la permission d'adopter la forme du dialogue. Les interlocuteurs sont, d'un côté, Ariste, un de mes adeptes, et Eleuthère, physiologiste distingué.

. CHAPITRE XXVII Premier dialogue. — Holbach.

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EscBTLB, Agam,

[Un grand làboratoife physiologique. Quelques rayons de livres dans un coin. ARISTE et ELEUTHÈRE assis sur un divan; devant . 6ux^ une table avec des volumes ^ du papier^ etc.)

Eleuthère {se levant en colère). Eh bien, voilà un homxae avec qui j'ai lu tout le Système de la nature au

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collège, et qai s'avise, au bout de trente ans, de me parler encore de Dieu !

Ariste {toujours assis, se curant tranquillement les ongles). Dame ! mon cher, c'est que pendant que tu étais enfermé dans ton laboratoire, où tu as vu la nature en petit, moi, je Tai vue en grand, j'ai voyagé, j'ai traversé les mers, j*ai touché à peu près à tous les points du globe, j'ai vu l'homme sous tous ses aspects, et voilà ! je suis revenu croyant en Dieu,

El. {le regardant avec fdtié). Pauvre amil tu es malade.

Ar. Pas, que je sache.

El. {se rasseyant et indiquant les volumes sur la table). Mais voyons! te rappelles- tu que nous savourions cela ensemble? que nous en étions ravis?

Ar. Oh! parfaitement! nous avons même failli être chassés du collège. . .

El. Quand le pion a trouvé le premier volume dans ta case...

Ar. Et le second dans la tienne! {Ils rient aux éclats.)

El. {reprenant son sérieux). Eh bien, mon ami, il n'y a pourtant rien de changé dans ce livre : ce qui te plaisait alors y est encore.

Ar. Je n'en disconviens pas ; mais, vois-tu, en vieillissant, on apprend à lire.

El. Que veux-tu dire par là?

Ar. Je veux dire qu'on apprend à réfléchir à ce qu'on lit, à discuter son auteur. Quand on est jeune, on gobe tout ce qui est plausible sans l'approfanâir : à Bdon âge, on est plus difficile.

El. Ah ! ma foi ! je voudrais bien voir comment ta t'y prendrais pour réfuter Holbach !

Ar. Donne-le-moi donc {Il le feuillette.) Dy a de bien

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