La Conduile générale des Opérations
a) Armées des Ardennes et du Centre, — Négociations avec les Prussiens. Dumouriez reste à Sainte-Menehould et projette la réunion de nos forces pour cerner l’ennemi. Kellermann veut battre en retraite sur Châlons. Mésintelligence entre les deux généraux. Dumouriez en réfère à Danton et à Servan. Ce dernier bien que partageant l'avis de Kellermann, est contraint par Danton à nommer Dumouriez commandant en chef des deux armées. Situation prépondérante de celui-ci à l'égard du ministre. La retraite des Prussiens.
La canonnade de Valmy semble au premier abord être rien moins qu’une victoire ; à peine un simple succès de nos troupes. C’est l’impression du conseil exécutif et du ministre, qui tout en félicitant le vainqueur, l’engagent à venir couvrir les passages de la Marne. «Les ennemis lui mande Servan ont fait ce qu’ils ont voulu; ils ont coupé vos communications et se sont placés entre vous et Châlons» (1).
La route de Paris demeure en effet ouverte à la colonne de Brunswick. Certes, celle-ci avant de s’y engager a voulu chasser les Français de leur position et a du y renoncer ; mais elle peut renouveler sa tentative et demeure une force énigmatique et redoutable.
En cette occurence, Dumouriez estime qu'il faut abuser les Prussiens par des négociations et profiter du temps gagné pour les cerner avec toutes les troupes disponibles dans les plaines de Champagne. ‘
Il envoie donc le 22 septembre Westermann au camp ennemi, amorcer des pourparlers. L’adversaire accepte d’entrer en conversation. Une entrevue a lieu le lendemain à Dampierre sur- Auve entre Dumouriez, Kellermann et le Prussien Manstein. Nos généraux lui demandent de formuler par écrit les conditions minima d’un accord : mise en liberté de Louis XVI, son rétablissement sur le trône en échange, les alliés se retireront sans s’occuper de la constitution du royaume. $
Dumouriez sait que la Convention va proclamer la république et que ces conditions sont inaëceptables. Mais pour ne pas rompre les pourparlers, il use de moyens dilatoires et demande à en référer au pouvoir exécutif.
Saisi par Westermann, dépêché d’urgence dans la capitale, ce dernier n'entre pas dans les vues de Dumouriez et rend une délibération si intransigeante, qu’elle paraît de nature à rompre toute