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jaloux si son plan l'emporte. Ne perdez pas de temps. Rien ne périchite : dans les quatre jours, d’Harville peut être à Aubérive, dans deux jours de Sparre peut être à Fresne ou Tilloy avec ses 11.000 hommes. Reims nourrira Harville, Châlons nourrira Sparre et l’armée. Vitry sera conservée... » (1).
Dumouriez rédige également un projet de dépêche à la Convention que le ministre devra lire en séance publique : « Augustes représentants d’un peuple souverain. L’armée dont j'ai l’honneur d’avoir le commandement et la confiance est en ce moment l'espoir de la Nation. La manière dont elle va opérer peut, ou sauver la patrie en très peu de temps, ou nous procurer de longues calamités. Le général en chef Kellermann... est venu se joindre à moi et nous avons ensemble repoussé les ennemis. Le roi de Prusse voyant son armée ruinée, m’a proposé des conférences par son aide de camp général Manstein, homme de mérite. J’ai dit à cet agent de mettre ses propositions par écrit ; il l’a fait. Je les ai envoyées avec mes réflexions au ministre des affaires étrangères. Ces propositions sont inadmissibles. Le roi de Prusse veut gagner du temps pour attendre ses renforts et s’ouvrir un pays fertile.
Pour le prévenir et l’accabler, jai fait un plan. Vous verrez aussi la réponse de M. Kellermann et ma réplique. J’aime et j'estime ce brave militaire. Décidez sur le plan que vous voudrez adopter : ou la retraite ou la réunion d’une force imposante allant. à près de 100.000 hommes. Dans ce dernier cas, envoyez nous ponctuellement des renforts, des vivres et surtout des munitions ; car ce dernier article nous manque.
MM. de Sparre et d'Harville réunis, nous procureront environ 30.090 hommes : Kellermann et moi ensemble, en réunissons 58.000 effectifs. Pour peu que les secours arrivent, nous aurons plus de 100.000 hommes. Décidez. Quant à nous, nous obéirons, nous combattrons, nous vaincrons et nous mourrons » (2).
Enfin, il réclame l’appui de Danton (3) «j'éprouve des contradictions, on ne m'envoie pas de décision sur le commandement qui doit être dans les mains d’un seul, tant que les armées sont réunies. On envoie des dépêches contradictoires à Kellermann qui est un fort bon soldat, mais qui n’a pas la tête assez forte pour résister à des insinuations.. Ayez soin de vous faire présenter mes quatre ou cinq dernières dépêches au patriote Servan et pesez-les bien ; si on est content de mon plan, il faut me laisser faire ; si non, il faut donner des ordres très clairs. »