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Servan à Dumouriez, 27 septembre

2, Dumouriez à Servan, 26 septembre, 3. Dumouricz à Servan, 28 septembre.

Vous jugerez, mon cher Servan, que si vous tenez encore à la retraite, je demande absolument à ce que le commandement soit confié à Kellermann qui l’a proposée...

Ce n’est pas dans le moment où je rassemble près de 100.000 hommes, où je m’ouvre les communications les plus importantes, où je couvre parfaitement Reims et Châlons, où je resserre l’énnemi dans un pays malheureux et dépouillé, que je veux penser à une retraite et à une séparation d’armée. »

Dumouriez a donc vaincu et la résistance de son collègue et celle du ministre. Entre temps, il n’a pas perdu un instant pour réaliser son grand projet de réunion de nos forces. Obéissant à ses ordres impérieux et pressants, d’Harville s’installe à Aubérive: Dubouquet avec 15.000 hommes de l’armée de Châlons occupe Gizaucourt et Voilemont, formant l’aile gauche de l’armée réunie à Dampierre et à Braux.

Ainsi, les trois armées de Dumouriez, Kellermann, Dubouquetn’en forment plus qu’une seule, occupant tout le terrain de Sainte- Menehould à Voilemont, sur un front d'environ 10 kilomètres. Comme d’Harville borde en même temps la Suippe et la Vesle, l'ennemi se trouve coïncé à l’intérieur d’un angle. La grande réunion est chose faite et Dumouriez peut écrire au mainistre de la guerre (1) : «enfin, ce que j'ai calculé, arrangé et prédit est arrivé ; tenez-moi compte de ce que l’on appelait mon obstination. Relisez mes lettres et vous verrez que si Je n'avais pas pris le parti de résister à l’opinion universelle, l'ennemi était sauvé et la France en danger. »

Dumouriez triomphe. La veille 30 septembre, les Prussiens ont commencé leur retraite. Aussi ose-t-il ajouter : «j'espère que dorénavant vous prendrez confiance en moi et que vous ne laisserez pas distraire cette confiance par d’autres correspondances, qui ne pourraient que nuire à l'unité du commandement et du plan de campagne. » (2). C’est qu’il est déjà plus ministre que le ministre et comme l'arbitre de la situation (3).

Le conseil exécutif provisoire, malgré la solennelle déclaration du 25 septembre, avait en effet décidé de renouer avec les Prus- .siens la négociation de Manstein et envoyé deux délégués Westérmann et Benoit au camp de Sainte-Menehould pour continuer les pourparlers. Dumouriez entend tout diriger et traite les envoyés du pouvoir central comme de simples agents. Mais il se laisse à son tour berner par les Prussiens, qu'il a acculés à

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