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Labourdonnaye à Servan, 29 septembre

2. L'armée du Rhin comprend : 4.000 hommes organisés à Huningue et dans le pays de Porrentruy observant la Suisse, 5.000 autres gardant les passages du Rhin face au Brisgau et l’armée des Vosges, Il existe en outre un grand nombre d'éléments en voie d'organisation.

A LA FIN DE 1792 Pot

siège devant Thionville. Ce dernier, faute de moyens suflisants, doit bientôt faire appel aux quelques troupes laissées en observation sur la Queich.

“Voyant l’Alsace hors de danger, Servan n'hésite pas de son côté à affaiblir Biron d’environ 7.000 hommes, dont il renforce Parmée du Centre (1).

Le ministre est harcelé par les sollicitations de Custine, qui ayant depuis le 10 août le commandement du corps établi à Landau, trouve ce poste indigne de ses talents. Il espérait remplacer Lafayette et Dumouriez a été nommé à sa place : «je suis loin écrivait-il à Servan (2), de ne pas croire aux talents de Dumouriez; mâäis ai-je moins mérité que lui ?‘ n’êtes-vous pas convaincu que sans les dispositions que j'ai préparées, l’AIsace eût été envahie ? Ai-je moins prouvé de patriotisme, moins d’attachement à la chose publique ? et tout étant égal, une grande ancienneté, une grande expérience, une grande habitude du commandement ne me donnent-elles pas des droits ? »

Quand Kellermann succède quelques jours plus tard à Lück-

ner à la tête de l’armée du Centre, il exhale des plaintes encore plus amères « Je le déclare nettement (3), la nomination de Biron, celle de Dumouriez étaient de grands désagréments ; mais celle de Kellermann est le coup de pied de l’âne, et pour le recevoir, il faut vouloir comme je le veux en effet, le succès entier de la révolution. » :

* Biron intervient et s'efforce de lui faire rendre justice. Il affirme au ministre que son lieutenant mérite de recevoir un commandement important, comme celui de l’armée des Vosges : «ménagez-le bien, lui écrit-il (4) ; car il est précieux à conserver et ce serait une perte irréparable. » Servan cédant à ses instances, donne à Custine l’armée des Vosges ; mais en le laissant aux ordres de Biron (5).

Ce général se montre d’une prudence excessive. Craignant à tout moment l'invasion de l'Alsace par les forces Autrichiennes installées dans le Brisgau, il les observe avec circonspection. I1 tourne aussi, non sans inquiétude, ses regards vers la Suisse qui, en ouvrant son territoire à l'ennemi, peut à chaque instant lui permettre de déborder la ligne du Rhin. Tout au contraire, son lieutenant est impatient de se distinguer par quelque action

1. « L'attaque de l'ennemi est maintenant décidée et ce n’est pas de votre côté ». Servan à Biron, 25 août.

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