Transformation du Conseil exécutif provisoire
Le départ de Servan et celui de Danton, affectent profondément la composition du conseil exécutif au début d’octobre.
Servan cesse de siéger le 4, et le 6, le ministre des relations extérieures, Lebrun, est chargé de faire l’intérim de la guerre, en attendant l’arrivée de Pache rappelé en hâte de Toulon (1).
Lebrun fait partie du conseil depuis le 10 août. Ancien rédacteur d’un journal liégeois, venu en France en 1791 à la tête d’une députation de patriotes de cette ville, attaché depuis à Brissot et à son parti, il est l’un des girondins les plus convaincus. S’il manque d’adresse, d’activité, d'expérience, il n’est pas au reste dépourvu de valeur et rédige facilement et avec clarté (2). Il n’a guère eu jusque-là l’occasion de se montrer, puisqu’à la suite du 10 août, tous les ambassadeurs étrangers ont abandonné Paris. « Lebrun, dit Prudhomme, poursuit sa besogne assez rondement, il la connait; d’ailleurs elle n’a jamais été si facile à conduire; son journal lui donnait plus de mal que le département des affaires étrangères (3) ».
Tel est l’homme qui va diriger pendant quinze jours le département de la guerre.
Après Servan, Danton disparait à son tour le 10 octobre. Il est remplacé par Garat nommé par la Gironde ; mais qui servira bien mal les intérêts de ses amis (4).Ce sera toutefois l’arrivée de Pache qui provoquera dans le conseil une évolution décisive. <