La Conduite générale des Opérations
1° Sur le théâtre principal des hostilités.
a) La retraite des Prussiens. — Dumouriez nommé commandant en chef de l’armée de Belgique, charge Kellermann de poursuivre les Prussiens et dirige vers le nord une partie des ses forces. Son départ pour Paris. Retraite de Brunswick, négociations de Dillon avec les Hessois. Reprise de Verdun et rappel de Dillon remplacé par Valence. Prise de Longwy ; l'ennemi hors du territoire,
Dumouriez une fois décidé à laisser l'ennemi se retirer librement du territoire, se désintéresse désormais de la poursuite
Ibid., 5 octobre, Aulard, I, 98.
Desmoulins, Histoire des Brissotins, 43 ; Dumouriez, Mémoires, II, 49. Révolutions de Paris, n° 173.
Buzot, Mémoires, 70.
Dore
et veut passer au plus tô& à l'exécution de ses projets sur la Belgique.
Il vient de voir, en effet, le conseil exécutif combler ses plus ardents désirs en le chargeant par un arrêté du 6 octobre, de diriger en chef l'expédition contre les Pays-Bas. Si on lui laisse encore nominalement le commandement de l’armée des Ardennes, il lui est loisible de s’adjoindre autant de troupes qu’il peut en avoir besoin (1).
Le ministre en lui notifiant cette décision, lui mande confidentiellement, que l’on se propose de lui attribuer la direction absolue de la guerre « belgique » : « La France entière vous regarde comme son héros. Vous avez l’estime, la confiance du conseil, Il n’entend pas que vous puissiez être gêné par aucune prétention, par aucun obstacle étranger. Vous aurez la suprématie, le commandement général, la prédominance sur tous les généraux, carte blanche» (2).
Dans ces conditions, Dumouriez s'ouvre sans hésitations à Kellermann de ses projets et lui confie le soin de suivre Brunswick avec l’armée de la Moselle (3) et une partie de celle des Ardennes (4). Il devra le pousser lentement hors du territoire, en évitant tout combat ; car il s’agit de ménager les Prussiens, nos futurs alliés. -
Il dirige alors le reste de ses forces vers Vouziers. Là, il fait filer sur Valenciennes les troupes de Beurnonville, qui constituent le noyau de l’armée de Belgique, et sur Maubeuge le corps de d’Harville venu en renfort de Châlons à la fin de septembre. Puis il écrit au ministre de la guerre, pour lui annoncer sa prochaine arrivée à Paris ; «car il ne croit pas que le devoir d’un général consiste à marcher à la tête ou à la queue de ses colonnes, lorsqu'elles ne sônt pas devant l’ennemi; il préfère employer le temps qu’elles mettent à atteindre leur destination en allant conférer avec le conseil exécutif sur les détails qui peuvent faire réussir les opérations militaires sur lesquelles il médite (5).»
Pendant ce temps, Kellermann et Dillon suivent respectivement Brunswick et le détachement de Hohenlohe-Kirchberg où le landgrave de Hesse commande en personne le corps Hessois.
Dillon se flatte d’imiter Dumouriez, en détachant le land