Almanach 10oyal pour 1775, op cit
6. Ordonnance du 25 mars 1776 et ordonnance du 27 juin 1776, concernant quelques objets relatifs aux troupes du corps royal de l'artillerie.
7, Ordonnance du 14 septembre 1776, concernant les commissaires des gueires, Op. ci.
ciennes, Metz, Besançon. Après cinq ans de service dans les troupes ou bureaux, ils sont reçus commis.
Leur nombre est fixé à 150 commissaires ordinaires, 18 ordonnateurs, 16 principaux. Ils portent l’uniformé, jouissent d’appointements déterminés par l’ordonnance. Leurs attributions sont réglées par l’ordonnateur, ou commissaire principal qui reçoit directement les instructions nécessaires du ministre ou de Vintendant. D'une manière générale, ils s'occupent de la police des troupes, de l'administration des hôpitaux, des fournitures, des revues, de la conservation des archives, etc.
Cette organisation subsiste sans subir de modifications jusqu’au décret du 20 septembre 1791.
3. La Crise de l’état militaire pendant les dernières années de la Monarchie, le conseil de guerre de 1787. :
Crise de l’état militaire: — L’infériorité de notre armée pendant la guerre de Sept ans montre l’urgence de profondes réformes, Celles-ci entreprises trop rapidement et sans plan d'ensemble par les ministres qui se succèdent au pouvoir, font naître un mécontentement général.
Pendant la première moitié du xvirre siècle, l’armée royale conserve en apparence la belle ordonnance qu’elle doit aux Louvois et aux Chamillart ; mais ce n’est qu'une façade. En réalité la profonde transformation des idées et des mœurs n’a pas été sans l’affecter singulièrement. Elle souffre d’abus innombrables qui apparaissent toujours plus criants à mesure que l'esprit critique s’éveille, que les généreuses idées des philosophes pénètrent peu à peu les masses.
Certes, des ministres éclairés comme d’Argenson ou Belle Isle se sont donnés à tâche de mettre au point les institutions devenues caduques et. ont réalisé d’heureuses innovations ; mais la guerre de sept ans a surpris l’armée en pleine crise de transformation, et a rendu leurs efforts inefficaces. A la rude épreuve du feu, l’armée royale se révèle nettement inférieure non seulement à ses adversaires anglais ou prussiens mais même à ses alliés autrichiens et russes. Les défaites succèdent aux défaites, et malgré de glorieuses pages dues à l’héroïsme des officiers et des soldats, le traité de Paris vient mettre le sceau à notre défaite militaire. L'armée vaincue connaît maintenant sa faiblesse : personne n’'ignore plus dans ses rangs comme aussi dans le pays, qu'il convient pour lui rendre son ancienne vigueur de la transformer entièrement, Mais si tout le monde est d'accord sur le but à atteindre, les avis diffèrent singulièrement sur les moyens à employer pour y arriver et l’on veut avant tout se hâter. Pour ne pas perdre un moment, l’on va se lancer inconsidérément dans
H. Libermann 2
les innovations les plus hardies, quitte à rebrousser chemin sans plus de façons. Cette précipitation intempestive va compromettre l'effet des plus sages mesures (1).
Choiseul le premier, à peine nommé secrétaire d'état à la guerre (1760), entreprend sans attendre la fin des hostilités d’importantes transformations de nos institutions, d’une opportunité au moins douteuse. Après le traité de Paris, 1l développe son action et la poursuit avec plus de tenacité que de bonheur pendant les dix années qu'il reste au pouvoir.
Ses réformes faites sans idée directrice, au heu de présenter un rythme progressif et continu, heurtent brutalement et par à coups des habitudes invétérées €e paresse et d’insubordination, surtout des préjugés auxquels personne n’avait encore osé toucher (2). La'rapidité avec laquelle il entend les imposer, ne permet pas à ceux Jà même qui en bénéficient d'en saisir la portée.
Bientôt, un concert général d’imprécations s'élève contre le ministre: « tout a été changé dans le militaire en France, s’écrie le maréchal de Broglie (3), noms des régiments, uniforme, tenue, discipline, exercices ; mais ce qui est encore d’une importance plus grande, le nombre des régiments, des compagnies, des officiers, lentretien des troupes,la manière de les recruter, les rangs et l’avancement que l'ancienneté avaïît été de tout temps en possession de procurer, tous ces objets ont éprouvé un changement total ».
Bouillé (4) reprochera au ministre d’avoir « renversé brusqueméênt par son inconsidération, par sa légèreté, par son esprit entreprenant et audacieux, tout le système moral et politique que Louis XIV avait fondé » Grimoard et Besenval diront (5} qu’animé de bonnes intentions, il a eu le tort de confier l’exéeution de ses réformes « à des sous-ordres, mauvais faiseurs, qui entravèrent ou gàtèrent plusieures de ses institutions ».
Ce cri général contre Choiseul impressionne profondément le marquis de Monteynard, quand il est appelé à lui succéder (décembre 1770), et le détermine à prendre en quelque sorte le contrepied de réformes si impopulaires. Il réagit systématiquement. contre elles (6) et cherche à « culbuter toutes les ordonnances de son prédécesseur (7) ».
1. Capitaine Latreille, l'Armée et la Nation à la fin de l'ancien régime :- L. Mention, l'Armée de l'ancien régime.