‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 134 sur 327 · Ibid,, séance du 3 noven bre · texte numérisé non relu

Ibid,, séance du 3 noven bre

d’artillerie et décide de proroger le décret du 29 mai, accordant provisoirement la moitié des places vacantes d’officier aux sousofficiers.

Donc, dès, sa formation, le second comité de la guerre jouit d’une très réelle autorité et représentant d’un pouvoir législatif tout puissant, commence à se subordonner le ministre.

9-0 Situation à Paris. — Liquidation du camp sous Paris : troubles consécutifs à la séance du 29 octobre à la Convention. Envoi des fédérés aux armées.

Le ministre de la guerre, à une époque où la Commune insurrectionnelle demeure très forte, ‘doit s'inquiéter de létat de Paris.

Et tout d’abord, il lui échoit la liquidation du camp établi lors de lPinvasion Prussienne .Ce camp, dont nous avons déjà longuement parlé, avait provoqué de multiples difficultés sous la Législative. La Convention, dès ses premières séances, est assaillie de réclainations à son sujet; en particulier contre Ja manière dont le travail est conduit et la discipline observée. Le 26 septembre, Letourneur ancien officier du génie, vient au nom du comité de la guerre, proposer une loi.en deux titres et 25 articles qui constitue un véritable code du travail, où l’on prend les précautions les plus minutieuses pour éviter abus et désordres (1).

Mais cette loi soulève de graves mécontentements. Le 2 octobre, les travailleurs du camp présentent à l’assemblée une pétition contre elle, appuyée par la signature de 16 des sections parisiennes. Kersaint fait passer à l’ordre du jour et décréter qu’on adressera au peuple une proclamation fraternelle pour éclairer (2).

Le 5 novembre, Letourneur vient signaler à l’assemblée l’effervescence qui règne au camp. Une discussion s'engage aussitôt. Les girondins déclarent que, par suite de la retraite de Brunswick, le camp est maintenant inutile et demandent qu’il soit dissous. Lanjuinais, Goupilleau, Camus, Buzot, Cambon prennent succéssivement la parole dans ce sens; Tallien se joint à eux et sur la proposition de Kersaint, le projet de dissolution du camp est renvoyé au comité de la guerre (3).

Le 8 octobre, une émeute éclate à Montmartre (4). Elle n’est

1. Séance du 26 septembre, Moniteur, n° 271, XIV, 55. 2, Séance du 2 octobre, Moniteur, XIV, 106. ‘ 3, Séance du 5 octobre, Moniteur, n° 281, XIV, 135 ; Journal des Débals, n° 16,-p:.27:

4, Moniteur, n° 286, XIV, 178.

H. Libermann 11

réprimée qu'avec peine. Le 13, Rouyer rapporteur du comité de la guerre, vient rendre compte à la Convention de la situation : les travaux ont été conduits par un sieur Belair, directeur général nommé par la Commune et qui n’a soumis ni l’ensemble, ni le détail de ses plans au ministre de la guerre... [1 termine en demandant la liquidation du camp, qui peut toutefois servir encore à l'instruction des recrues, si on le juge utile. Letourneur appuie cette motion et prétend qu’il faut prévoir des retours de fortune. Kersaint insiste pour obtenir au contraire la suppression immédiate qui va libérer un matériel important, nécessaire à Dumouriez pour sa campagne de Belgique (1).

Ce général profite pendant san séjour à Paris, de l'appui qu’il obtient de Santerre,le nouveau commandant de la garde nationale, pour préparer les esprits à la disparition du camp. Grâce à ses habiles manœuvres, Albitte vient le 16 octobre, proposer au nom du comité de la guerre la cessation des travaux.

Après quelques observations de Lanjuinais, d’Ossolin et de Lecomte Puyraveau, la Convention décrète que le licenciement des travailleurs aura lieu le 20 octobre (2).

En fait, il traine jusqu’à la fin du mois, par suite de la résistance des ouvriers auxquels assemblée doit accorder des secours pour retourner dans leurs départements (3). Une partie d’entre eux reste d’ailleurs à Paris et y constitue un élément permanent d’agitation, à la disposition de la Commune. Ceux qui ne savent pas où aller, sont envoyés travailler au canal de Bourgogne et suscitent bientôt dans l'Yonne une agitation, qui oblige Roland à demander à Pache des forces pour la réprimer (4).

Mais les troupes employées au camp restent disponibles dans la capitale ; elles sont composées en majeure partie de fédérés des départements, dont le nombre a doublé dans le courant d'octobre tobre (5). Leur séjour à Paris est préjudiciable à leur instructon, à leur discipline et entraine beaucoup de dépenses onéreuses. Le général Berruyer, commandant l’armée de l'Intérieur, propose à deux reprises au ministre de les utiliser d’une manière plus avantageuse au pays (6). Celui-ci est également d'avis de les faire partir, au plus tôt, pour les armées ; mais la majorité girondine de l'assemblée est absolument opposée au projet. Elle compte en ellet s'appuyer sur ces troupes, dont le dévouement

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