‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 136 sur 327 · Pache à Roland, 29 octobre · texte numérisé non relu

Pache à Roland, 29 octobre

3. Ce compte-rendu lui était ordonné par décret rendu dans la séance du 24 septembre (Moniteur, XIV, 309). À

4, Journal des débats et décrets, n° 41 du 30 octobre, Moniteur du 10 novembre,

5. Journal des débats des jacobins, n° 292, 293, Moniteur, XIV, 462

‘6. Quelques jours plus tard, Saint-Just dira à la ‘tribune des Jacobins : «citoyens, je ne sais qu‘1 coup se prépare ; mais tout se remue, tout s agite dans Paris ». La presse jacobine, en particulier les Révolutions de Paris, se montre très peu rassurée sur les conséquences de la dénonciation de

Louvet (n° 173). is VE nd à eee 30 octobre. Cette lettre fut saisie chez Pache lors

qu'il existe encore à Paris une fermentation sourde, que les malveillants entretiennent dans l’esprit du peuple et je sais que si elle éclatait, il résulterait nécessairement des troubles qui exposeraient la tranquillité publique. Les circonstances actuelles semblent done exiger des mesures de prévoyance, que je crois très instant de prendre pour le maintien de la paix, dont nous jouissons heureusement depuis quelque temps et pour empêcher que de nouvaux désordres se mamfestent. J'aurai pu m'adresser au commandant général de la force armée, pour invoquer sa surveillance à cet égard ; mais le peu de succès qu’ont eu jusqu’à présent les diverses réquisitions que j’ai souvent été dans le cas de lui faire, me déterminent, mon cher collègue, à avoir recours directement à vous.

Vous savez qu’une loi particulière vous a donné la faculté d'employer immédiatement la force armée de la capitale dans des cas particuliers et je pense que vous pourriez faire un usage utile de cette faculté, soit en prenant quelques précautions pour connaître l'esprit des corps militaires que renferme actuellement la capitale, soit par d’autres moyens,sur lesquels je ne puis que m'en rapporter à votre prudence. J’ai lieu de croire que votre zèle et votre amour pour la tranquillité publique, vous porteront à prendre en considération l’avis que je crois pouvoir vous donner. »

Le lendemain, Roland se montre encore plus pressant (1) : «le désordre, mon cher collègue, devient extrême dans Paris ; lon arrête les subsistances à l’entrée de la ville, je n’ai que la réquisition à opposer à tant de maux, et toutes celles que j'ai faites au commandant de la garde nationale ont été infructueuses. Je vous prie d'écouter les bons citoyens qui se présentent à vous et de leur donner main forte, pour que Paris soit approvisionné et maintenu en paix.»

Les réquisitions du ministre de l’intérieur, trouvent le ministre de la guerre entièrement disposé à se prêter au rétablissement de l’ordre, mais différant d'avis sur la manière d’y parvenir. Il estime, quant à lui, que les fauteurs du désordre sont moins les partisans de la Commune, que les fédérés indisciplinés et turbulents qui infestent Paris et dont il convient de se débarrasser au plus tôt (2).

Il est naturellement poussé dans ceste voie par la Commune

de la levée des scellés opérée à son domicile rue de Tournon, le 15 thermidor an IIT ; Sée, Le procès Pache, 17.

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