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Pache à Berruyer, 2 novembre

4, Moniteur, n° 309.

5. Séance du 4 novembre à la Convention, Moniteur, n° 310, Journal des Débats et Décrets, n° 47, p. 52 ; Buchez et Roux XX, 180 à 184; Mortimer-Ternaux, IV, 322.

éclairerons, nous calmerons le peuple; ni les protestations de patriotisme de ces agitateurs, ni la fuite, ni les souterrains, ne pourront les dérober à la vengeance des lois. »

- Aussi, la Convention est-elle assez mal disposée, quand les commissaires des sections sont à leur tour introduits : «le camp w’existe plus, déclare leur orateur, la capitale n’a plus besoin pour se défendre ni de fortifications, ni d'armée. Cependant, et bien qu’il soit de principe constituant que des troupes ne peuvent s’approcher à 20.000 toises du lieu ou siège l’assemblée, des corps d'armée ne cessent d'arriver de tous côtés. Serait-ce pour étouffer la voix, pour enchaîner la volonté du peuple ?... Quel est le motif de ce rassemblement de troupes ? Les représentants du peuple français ne sont-ils pas défendus par les vertus et le patriotisme du peuple de Paris ? Préféreriez-vous des baïonnettes à l'amour et à la confiance du peuple ? Auriezvous la terreur des despotes, vous qui les avez faits trembler, vous qui n'avez mérité notre confiance que par votre courage à les combattre ? Ah! soyez toujours fiers de notre confiance et vous ne Craindrez pas la voix du peuple ; nous nous sommes dépouillés de nos armes pour les donner aux volontaires qui marchaient à la défense des frontières. Nous sommes sans armes et environnés de soldats armés. Nous vous le disons avec franchise : le temps presse, l'orage s’annonce dans le lointain, votre devoir est de le prévenir, vous le remplirez, vous ordonnerez au plus tôt au conseil exécutif de faire marchêr contre l'ennemi les généreux défenseurs de la patrie... c’est le vœu de tout le peuple de Paris. »

Ces paroles troublent profondément l'assemblée. La Gironde réclame l’ordre du jour; la Montagne, le renvoi de la pétition au ministre de la guerre, pour faire donner aux fédérés l’ordre du départ.

Rouyer prend alors la parole : «ces pétitionnaires qui viennent se présenter à la barre, vous ont dit que le peuple a le devoir de vous faire entendre avec franchise le langage de la liberté ; mais je dois leur dire qu'il est temps d'apprendre au peuple de Paris que liberté n’est pas licence. je leur dirai moi : qu’avezvous fait pour maintenir la tranquillité, pour réprimer les agitateurs ? rien...

Je dirai que Paris n’a rien fait pour réprimer les agitateurs… je demande donc que l’on passe à l’ordre du jour. Quant à l’inquiétude des sections sur les fédérés qui se rassemblent à Paris, elles devraient savoir ces sections, que nos frères des départements sont venus faire hommage de leurs bras pour la défense

de leur patrie, » £

Et Barrère : « depuis plusieurs jours, nous nous voyons livrés à des débats qui ne tournent pas au profit de la chose publique ; d’un côté, ce sont les fédérés qui demandent la tête de Marat, de l’autre, ce sont des agitateurs qui proposent des mouvements pour demain...

Maïs toutes ces agitations semblent naïître du projet qui vous est présenté, relativement à la création d’une force armée (1). J’ai dit alors que cette mesure était impolitique et même impuissante ; car que pourrait une garde de 4.000 hommes contre une population telle que celle de Paris ? Je lai combattu comme garde d'honneur... mais 1l est un monstre qu’il faut attaquer ,qu’il faut abattre, c’est le monstre de l'anarchie. (est aujourd’hui que l’on vient nous proposer des pétitions susceptibles d’exciter des mouvements. de quoi s'agit-il dans les pétitions qui vous sont présentées ? d’un cité, des fédérés qui se plaignent des mauvais traitements qu'ils ont essuyé dans leurs casernements et de l’autre, ce sont des

Citoyens qui accusent le ministre de la guerre d’avoir fait partir la plus grande partie des canonniers pour les frontières.

Je demande que le ministre de la guerre vous rende compte de ce qu’il a fait pour les uns et pour les autres... je demande l’impression de l’adresse des fédérés et de celle des citoyens de Paris. »

La discussion et l'impression des deux adresses sont décrétées et le ministre de la guerre chargé de rendre compte des mesures prises pour les casernements des fédérés.

À la suite de cette séance, sous la double pression des jacobins et de la Commune,qui veulent à tout prix se débarrasser des fédérés, Pache après avoir ordonné à Santerre de prendre des précautions et de faire doubler ses postes (2), se décide enfin à proposer

lui-même leur renvoi aux frontières.

Le 8 novembre, il se présente à l'assemblée et annonce qu'il a donné l’ordre de faire partir aux armées les fédérés de Paris ; mais que le général Berruyer commandant militaire de la capitale n’est disposé à l’exécuter, que sous réserve de sa ratification par la Convention. Bien que soutenu par Thurreau, le ministre est fort mal reçu par la majorité girondine (3).

Le surlendemain, Letourneur (de la Manche), appuie les propositions de Pache (4) : « votre comité de la guerre, informé par le sinistre de ce département, de la nécessité de renforcer les armées

1. La Convention avait décidé le 24 septembre un projet de formation d'une garde départementale chargée de veiller sur sa sécurité.

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