Pache à Biron, 5 novembre
son ancien lieutenant (1). Pache sait reconnaître comme il convient cette preuve d’un rare désintéressement. La lettre du général est communiquée à la Convention et publiée dans les journaux, qui vantent à l’envi l’abnégation de Eiron.
Le ministre est donc parvenu, en quelques jours, à créer sur nos fronts offensifs, deux véritables groupes d’armées aux ordres de Dumouriez et Custine. Certes, ce sont là des groupements trop nouveaux pour fonctionner utilement. La machine a besoin d’une longue expérience et d’une mise au point et il faudra bien des années avant qu’on y parvienne. [l n’en est pas moins intéressant de constater l’heureuse initiative prise à cet égard par Pache, pour renforcer la vigueur de notre action militaire.
Si pour les opérations qui se déroulent dans les Flandres et le Palatinat, il convient de centraliser le commandement de nos forces, au midi au contraire, il est en réalité impossible au général Montesquiou de diriger de Savoie les mouvements de son lieutenant Anselme dans le comté de Nice. Il devient nécessaire d’accorder à ce dernier une situation indépendante. Pache obtient du conseil le 31 octobre, « que le général d’Anselme (2), qui a dirigé l’expédition du comté de Nice et n’a opéré jusqu'ici que comme lieutenant général attaché à l’armée du Midi sous les ordres du général Montesquiou.. aura le commandement en chef de l’armée française établie à Nice et sur le territoire environnant et qu’en cette qualité, il correspondra directement avec le pouvoir exécutif. »
Pache n’a pas à modifier seulement l’organisation du haut commandement ; tout notre corps d’ofliciers est aussi à réorganiser :
Outre l’émigration, qui a profondément modifié la composition de nos cadres, les commissaires envoyés le 10 août aux armées ont multiplié les suspensions et les nominations. Il s’agit de régulariser au plus tôt cette situation de fait. C’est pourquoi, le comité de la guerre fait adopter le 27 novembre,par la Convention, le décret suivant « le pouvoir exécutif procédera sans délai au remplacement de tous les officiers de l’armée qui sont suspendus ou destitués, tant par ses commissaires auprès des armées, que par ceux envoyés par le corps législatif (3) ».
Le surlendemain, Pache présente au conseil exécutif un rapport sur la question (4) : « peu après l’époque du 10 août, la nécessité de remplacer promptement dans l’armée le grand nombre d’officiers qui, déchus du coupable espoir de trahir la patrie se sont