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Ibid, 5 novembre, A. N, AF IIL

ses mains, et notamment la hiérarchie des autorités constituées, qui forme une partie essentielle du gouvernement.

Considérant toutefois que plusieurs corps administratifs, des tribunaux, des généraux d’armée et d’autres chefs militaires, ont depuis quelque temps, adressé à la Convention nationale leurs lettres, dépêches et autres missives’ relatives à leurs fonctions, tandis que la lettre et l'esprit de la loi veulent que ces objets passent par l'intermédiaire du pouvoir exécutif, sous la surveillance duquel agissent les différents fonctionnaires publics, civils ou militaires.

Arrête, qu’il sera enjoint aux divers corps administratifs ou judiclaires ainsi qu'aux généraux d'armée et à tous les agents du pouvoir exécutif, en vertu des lois existantes, d'adresser désormais au pouvoir exécutif les lettres et les demandes qu’ils seront dans le cas de faire parvenir à la Convention, pour les objets concernant leurs fonctions et qui doivent lui être transmises par les ministres, chacun pour leur département (1). »

L'arrêté du 5 novembre est encore plus précist le conseil exécutif, délibérant sur les règles à prescrire‘aux généraux des armées françaises, relativement aux communications qu'ils sont dans le cas d’avoir avec les généraux et autres agents des puissances ennemies, arrête, que les généraux et chefs militaires, ne pourront avoir avec les généraux et autres agents des dites puissances, aucun pourparler, écouter aucune proposition, entamer ou suivre aucune négociation relative aux intérêts politiques; et qu’en conséquence, il leur sera prescrit par 12 ministre de la guerre, de n’avoir d’autre communication avec les ennemis, que celles qui sont nécessitées par les capitulations des places, cartels, échanges de prisonniers et

1. Cet acte d'autorité du ministre, soulève de vigoureuses protestations de la part de celui contre qui il est en réalité dirigé ; c’est-à-dire Dumouriez. Pache répond à ces réclamations : «la délibération du 29 octobre, ne porte pas atteinte à la liberté, en faisant passer tous les comptes o dinaires du service par le ministre ; elle laisse certainement au général la faculté d'adresser directement à la Convention ses réclamations contre un ministre dont il aurait à se plaindre, sur tout ce qui est personnel. » (Pache à Dumouriez, 16 novembre, Correspondance, 94.)

La discussion prend vite un ton d’aigreur caractérisé.« 11 semble étrange, rétorque Dumouriez, que depuis quelque temps, toutes vos décisions tendent à désorganiser l’armée et à la mettre au désespoir...

Dès que le décret qui ôÔte aux généraux la nomination aux emplois militaires a été rendu, je m’y suis soumis sans humeur ; mais je vous assure que vos bureaux en font un emploi révoltant. C’est ainsi qu'on à farci l'armée que je commande d’adjudants et d’adjoints, qui ne savent pas un mot de leur méti r.… L'intention du décret a été sans doute, de ne pas laisser aux généraux le moyen de se faire trop de créatures dans les armées -par les nominations ; mais ils devraient au moins être consultés pour les emplois supérieurs et pour les emplois de confiance, et surtout, les choix devraient tomber sur des officiers connus des soldats et qui ont leur confiance. » F

Dumouriez à Pache, Correspondance, 83, 188, 191.

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autres détails purement militaires, qu’il est d’usage de traiter à l'amiable entre deux armées ennemies, selon les règles du droit de la guerre et les instructions particulières qu’ils peuvent avoir reçues. » ;

L'administration du personnel de la guerre, nécessite encore deux séries de mesures. L'une, d'extrême urgence, consiste à déterminer au plus tôt l'effectif de nos troupes combattantes, effectif que tant de levées hâtives. laissent dans une indétermination dangereuse ; l’autre, consiste dans le maintien aux armées de Ja gendarmerie, pour renforcer notre cavalerie déficitaire.

Pour déterminer l’effectif de nos troupes, Pache lance circulaires sur circulaires : aux armées (1), aux départements (2). Mais il faudra encore de longs mois, avant d'y parvenir avec quelque précision.

À l'égard de la gendarmerie, le décret du 5 octobre avait décidé la formation de gendarmerie à cheval, destinée à renforcer les armées (3). Plusieurs décrets en avaient facilité l'application (4). Pache, dès son arrivée au ministère, approuve sans réserve cette mesure. Dans une lettre au comité de la guerre, il déclare (5), qu’actuellement les gendarmes sont indisciplinés, que d’autre part, comme leur solde est élevée, ils coûtent cher à la nation. Or, il suffira de les occuper et de les mêler aux autres troupes de cavalerie,pour qu’ils se disciplinent. Quant à la solde, il faudra veiller à apporter remède à ces inégalités, peu importantes sans doute au point de vue pécuniaire ; mais qui ont de graves conséquences au point de vue moral.

I1 faut absolument employer les gendarmes aux armées ; car ils apporteront à notre cavalerie un renfort d'autant plus appréciable, qu’ils sont tous montés et que pour 60.000 cavaliers, nous

1. Le chef d'état-major de chaque armée ou corps détaché, adressera au ministre un double de l'appel journalier qu'il est tenu de soumettre au général, conformément à l'article 17, du titre 12, du règlement sur le svice en campagne. De plus, il enverra au ministre l’ordre de bataille de l’armée, chaque mois et toutes les fois qu'il y sera fait quelques changements (Circulaire du 31 octobre, A.G.).

2. Circulaire du 12° novembre, aux directoires de départements et aux départements (A. G.) « L'irrégularité avec laquelle se sont formés les bataillons de volontaires, etc... y est il dit, n’a pas permis au ministre d'en tenir un état détaillé. Il demande donc de lui faire connaître tout c' que les départements ont envoyé directement aux armées, au moyen

de «routes», délivrées par les corps administratifs, sans que le ministre en ait connaissance, » ;

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