Séance du conseil exécutif, 11 novembre, Aulard, I
vacant par la destitution de Montesquiou. Kellermann doit rejoindre sans délai (1).
30 À son arrivée au ministère, Pache envoie les instructions suivantes au commandant de l’armée du Rhin (2) : « général, l’évacuation de Verdun et celle de Longwy et la retraite des Prussiens, nous donnent l'espérance de pouvoir remplir sous peu de temps, le plan vaste et hardi que les généraux qui commandent sur les frontières du Nord et de l'Est de la France ont unanimement proposé.
L'importance dont il serait de chasser sous peu de mois les Autrichiens des bords de la Moselle et de ceux du Rhin, est trop grande, pour que la République ne fasse les plus grands efforts pour y parvenir.
Le général Kellermann, se charge de nettoyer les bords de la Moselle ; le général Custine agira sur le bas Rhin, et vous général dans le Haut-Rhin. Vous concerterez ensemble vos opérations, de manière que le résultat soit à la fois le plus rapide et le plus sûr et vous êtes absolument les maîtres de répartir entre vous les forces qui vous sont confiées, de la manière qui vous paraîtra être la plus convenable... |
Je dois ajouter, avant de finir cette lettre, qu’une opération aussi vigoureuse que l'établissement d'un pont dans le Haut-Rhin, aurait une influence immédiate sur le succès de nos négociations avec les Cantons ; cependant, ne tentez pas cette opérâtion, si elle vous paraît trop hasardeuse et si vous croyez pouvoir faire de vos forces un usage plus avantageux. »
Biron hésite à prendre l’offensive et à chasser Esterhazy du Brisgau. Il préfère entrer en négociations avec le duc de Wurtemberg, pour se faire livrer la tête de pont de Kehl. Nous avons vu le ministre développer ce projet devant le conseil exécutif le 4 novembre.
Quoiqu'il en soit, il reste dans l’inaction et il apparaît bientôt à Pache, que’ la meilleure manière d'utiliser son armée, consiste à mettre une partie de ses troupes à la disposition de Custine. Il y à là toutefois une difficulté à résoudre : il faut subordonner Biron à son ancien lieutenant. Le ministre emploie à cet effet un artifice de langage : «le conseil exécutif, général] (3), voit avec plaisir que vous vous disposez à seconder le général Custine et que vous contribuez
1. Néanmoins, Kell:rmann demeure à Paris. Ce n’est que le 28 novembre que le conseil exécutif « délibérant sur la nécessité d'envoyer au plus tôt un général pour prendre le commandement d2 l’armée des Alpes, arrête que le départ du général Kellermann, nommé à ce commandement, cessera d’être suspendu et que le ministre de la guerre lui donnera ordre de se rendre en toute diligence à sa destination. » Aulard, I, 270.