Pache à Biron, 5 novembre
par là au succès des armées de la république. Faites partir vos troupes, dès le moment que Custine le jugera convenable. »
À cette allusion. discrète, est jointe une menace à peine voilée ; «comme Kellermann n’a pas paru adopter ses vues avec le même empressement et que cependant le conseil a résolu de faire marcher l’armée de la Moselle de concert avec celle du Rhin, il n’a pas paru convenable de laisser à Kellermann aucune responsabilité relative à cette expédition. En conséquence, Kellermann est invité à se rendre à Paris et le commandement de son armée est donné à Beurnonville. »
Le ministre ajoute (1) : «le général Beurnonville chargé sous les ordres du général Custine de commander les troupes qui partiront de la Moselle pour se joindre à celles du Bas-Khin, reçoit l’ordre de concerter avec vous les mesures qui pourront assurer cette réunion. »
Biron n’a pas de mal à comprendre les intentions du ministre (2) : «je reçois à l’instant votre lettre du 5 novembre. Je me conformerai avec la plus grande exactitude aux ordres qu’elle contient ; je ne me plains en aucune manière que vous mettiez aux ordres du genéral Custine, indistinctement toutes les troupes qui sont encore aux miens ; elles ne peuvent être en meilleures mains ; nous nous erftendrons toujours parfaitement bien et il ne dépendra ni des hommes, ni des circonstances, de troubler notre bonne intelligence et notre amitié réciproque. »
Il ne fait qu’une seule restriction : si on le dépouille de ses principaux moyens,il ne peut plus répondre du secteur qui lui est confié.
IT écrit également à Custine (3) : « je vous envoie mon ami, copie de la lettre du ministre de la guerre que je viens de recevoir ; elle vous prouvera que toutes les troupes de l’armée que je commande sont à vos ordres, ceux que vous m'adresserez seront promptement exécutés.
Je vous assure que cette disposition du ministre ne m’a donné personnellement aucune humeur et que toutes les manières de contribuer avec vous au succès des armées de la république, ne cesseront jamais de me convenir et de m'être agréables. »
Mais il doit lui faire remarquer qu'on signale un rassemblement important d’ennemis dans le Brisgau et que le peu de moyens dont, il va disposer, ne lui permettra plus d’assurer la défense du Haut-Rhin.
Pache juge Firon timoré. « Vous-ne devez pas craindre de hasarder votre responsabilité en allant au secours de Custine, de la