‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 164 sur 327 · Biron à Custine, 11 novembre · texte numérisé non relu

Biron à Custine, 11 novembre

3. L'armée du Midi porte ce nom depuis le décret du 1°' octobre 1792.

4. Pache à Montesquiou, 20 octobre, Correspondance de Montesquiou, Op." cit, 285:

Quand ces instructions parviennent à Montesquiou, ses négociations avec Genève viennent d’être couronnées de succès et il répond au ministre, en lui transmettant le texte de la convention qu'il vient de passer avec cette ville. Les mesures qu’il lui prescrit sont désormais inutiles, « si, comme je l’espère (1), vous adoptez la convention que j'ai faite avec Genève, je n’entrerai pas dans les détails d'exécution d’un plan qui ne doit plus exister. Je vais me livrer tout entier à la négociation, dont le conseil me charge avec les Suisses. »

Cependant, le projet d’accord envoyé par Montesquiou, suscite à Paris de vives critiques, notamment de Ia part de Clavière, dont l'avis est bientôt partagé par Lebrun et Roland (2). Ils emportent celui de la majorité du conseil. « Le ministre des affaires étrangères, sera chargé, arrête ce dernier(3),de renvoyer sur le champ au général ie projet, en y joignant les modifications dont le conseil l’a jugé susceptible, avec les instructions nécessaires pour les faire admettre. »

Lebrun écrit alors au président de la Convention : «que plusieurs des articles. ont paru inutiles ou susceptibles de modifications » et « qu’il sera envoyé au général Montesquiou des observations sur les changements à faire (4). » Il les adresse en effet le même jour au commandant de l’armée des Alpes (5).

Pache tout en se ralliant à l’avis de la majorité du conseil, demeure partisan d’une action militaire énergique et mande également au général(6) : « je ne doute pas que vous n’avez pris dans la négociation que vous avez entamée, tant avec la confédération Helvétique, qu'avec les cantons de Zurich et de Berne et la république de Genève, le ton de fermeté qui convient à une nation puissante et libre, résolue à faire respecter ses droits ; le caractère de ceux avec lesquels vous avez à traiter, les principes de leur politique ou leur faiblesse, les engagent également à vous payer de défaites et à éluder par des subtilités et par des lenteurs, la réponse franche et définitive qui doit décider promptement de nos rapports avec eux. Il convient d'éviter ces longueurs ; aussi, général, que vos négociations n’arrêtent nullement vos préparatifs de guerre : pressez-les de tout votre pouvoir et mettez-vous en état d'agir hostilement et énergiquement, si les Suisses et les Genevois ne veulent pas écouter nos justes revendications. »

vest ainsi que le 27 octobre, la veille même du jour où la convention du 22 allait être ratifiée à Genève par 1.578 voix contre 16,

1. Montesquiou à Pache, 24 octobre, Correspondance, 244. 2. lung, Dubois-Crancé, I, 273 ; Ternaux, V, 31.

3. Séance du conseil exécutif du 26 octobre, Aulard, I, 198. 4, Lebrun au président de la Convention, 27 octobre.

5. Lebrun à Montesquiou, Correspondance, 27 octobre, 256. ,. Pache à Montesquiou, 26 octobre. Correspondance, 263.

Montesquiou reçoit avis du mécontentement des ministres. On lui mande également l'envoi d’un commissaire spécial, le citoyen Genest (1), chargé de surveiller les négociations. « Je vois avec beaucoup de peine, répond-t-il, que je m'étais trompé en croyant m'être conformé aux instructions reçues de vous (2). »

Il entreprend donc de nouveaux pourparlers avec les Suisses et rend compte le 2 novembre (3),° «qu’il dépend de vous à présent, que l'affaire de Genève soit terminée et peut être avec elle, la mésintelligence avec les Suisses ; mais si vous refusez d'adopter la conivention telle que la voilà, je crois inutile de négocier davantage et 1 faut vous résoudre à une guerre ouverte avec la confédération Helvétique. »

Pache ne paraît nullement répugner d’ailleurs à cette solution et s'affirme toujours partisan d’une action militaire vigoureuse. « Je vous écris, général (4), que les négociations dont vous êtes chargé, doivent être appuyées par des préparatifs militaires. Je vous ai prié de leur donner la plus grande activité et de vous mettre à même de forcer s’il le faut les Suisses et Genève à respecter la république. Je vous recommande encore instamment, de tout préparer pour agir. »

Le conseil exécutif imbu des mêmes idées, voit d’un très mauvais œil la continuation des pourparlers. Le 3 novembre (5), « informé du grand nombre de plaintes qui s'élèvent contre le général Montesquiou (6). (il) arrête, qu’il suspend toute résolution à l’égard de ce général, jusqu’à ce que le ministre des affaires étrangères ait reçu des lettres du citoyen Genest, qu’il a envoyé auprès du général Montesquiou, pour diriger la négociation commencée avec les Genevois et qui est chargé de l’informer de l’état des choses. Arrète en outre, que le ministre des affaires étrangères, mettra incessamment sous les yeux de la Convention le traité fait par le général Montesquiou et la république de Genève, ainsi que les résolutions du conseil sur ce traité. »

Quand le conseil reçoit la dernière communication de Montesquiou, il se borne à décider, « que jusqu’à ce que des renseignements ultérieurs lui soient parvenus de la part du citoyen Genest. on se contentera de persister dans les modifications que le conseil a jugé nécessaire d'admettre dans le traité projeté (7). »

Ci-devant ministre à Pétersbourg.

Montesquiou à Lebrun, 31 octobre.

Montesquiou au conseil exécutif, 2 novembre.

Pache à Montesquiou, 1°" novembre, Correspondance, 290.

Séance du conseil exécutif du 3 novembre, Aulard, I, 222.

I1 s’agit en particulier des critiques des représentants Daydier, Prieur du Vernois et Guyton Morveau, en mission sur la frontière du Jura; des

lettres du gén‘ral de Hesse, etc. Jung, op. cit., I, 273. 7. Séance du conseil exécutif du 5 novembre, Aulard, I, 224.

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