Pache à Dumouriez, 27 novembre, Correspondance
H, Libermann
Aussi, général, j'espère que vous ne renoncerez pas à ce grand plan adopté d’après vous, que vous ne consentirez pas à laisser les Autrichiens et les Prussiens s'établir entre la Meuse, la Moselle et le Rhin et que vous ne leur laisserez pas le loisir de recevoir les subsistances et les renforts qui leur manquent; en un mot, que vous ne renoncerez pas à la gloire d’avoir en une seule campagn®, assuré la liberté française ».
Mais Dumouriez répond (1), que trop d’obstacles does à ce qu'il pousse la campagne au delà de la Meuse. « Quand le pouvoir exécutif les aura levés, alors je pourrai suivre dans toute sa plénitude le vaste plan que j'avais concu pour assurer la liberté de la France, en mettant entre elle et le despotisme, le Rhin pour barrière. Avant d'entrer dans le détail, j'ai à vous dire, citoyen ministre, 1l faut que vous m’assuriez que le conseil a réellement adopté mon plan pour que j'en sois persuadé, car les dispositions qu'il a faites y sont entièrement opposées...
Non seulement le conseil exécutif n’a pas favorisé l'adoption de mon plan; mais a facilité l’invasion de Custine au centre de l'Allemagne, contrairement à toutes les règles de la prudence. On a même mis pour le soutenir le général Beurnonville à ses ordres. Il en résulte, qu'il n’est plus question de la part de Custine et de Beurnonville de prendre Trèves ou Coblentz. Or ces bases sont nécessaires à l’exécution de mon plan.
Or, d’après les extraits de Custine, il voudrait que je transporte la guerre à ma droite vers l'Allemagne, pour soutenir ses opérations extérieures. [Il prétend en effet que c’est par lAllemagne, non par l’attaque directe, qu’on pet chasser les Autrichiens des Pays Bas. Il semble que je n’ai qu'à m'avancer et conquérir comme vous semblez le croire aussi. »
Dumouriez énumère tous les obstacles qui s'opposent à sa marche
10 Il n’est pas maitre de ses moyens ;
29 Il n’a ni pain, ni fourrages, ni géné,
30 L’armée fond de jour en jour, elle n’est plus que de 21.000 hommes ;
49 Le Fabre s’agite, le pays de Liège ne sera organisé que dans quinze jours ;
5° Miranda ne peut être avant huit jours sur la Meuse et doit prendre encore Ruremonde ;
6° I] faut attendre que Valence ait pris Namur ete...
S1 tous ces obstacles sont levés, il se portera sur le Rhin. Encore faut-il que Trèves et Coblentz soient prises avant janvier,