Chuquet, IV
2, Aulard, 1, 317. Camus dans son compte-rendu à la Convention déclare : «le 8 décembre soir, Dumouriez se rendit auprès des commissaires. Il nous communiqua une lettre du ministre de la guerre relative à la marche qu’ doit tenir son armée. Il nous a dit que ses vues n'étaient pas conformes à celles du pouvoir exécutif, Dumouriez demande à ce qu’on s’en rapporte à la décision de plasieurs anciens militaires, Quant à nous, nous assurons que l'armée ne demande qu’à marcher. Les soldats quoique nus, quoique manquant complètement de tout, voudraient poursuivre la campagne, Comme nous n'élions envoyés que pour prendre connaissance de l’état des choses et que nos pouvoirs ne nous permettaient pas de prendre les mesures nécessaires. la commission a pris l'arrêté suivant « Moniteur, XIV, 729.
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de dénuement de nos troupes. Thouvenot de son côté, éclairera de conseil exécutif sur les difficultés inhérentes au plan de Custine et de Pache et sur les avantages de celui de Dumouriez (1).
Thouvenot est entendu le 12 décembre. Il expose les points contestés (2). «Ayant reconnu que la principale différence entre l'opinion du général et celle du conseil, provient de ce que le général avait pensé que les ordres qui lui étaient donnés de se mettre en marche vers Cologne,. devaient être exécutés sur le champ, ce qu’il ne croyait pas praticable vu le défaut d’approvisionnements et le besoin de réparation où se trouvait son armée ; 1l a été arrêté qu’il ne serait formé aucun conseil de guerre et qu’il serait pris entre le général et le conseil les mesures conciliatrices qui paraîtraient nécessaires ».
«Le lendemain, Thouvenot (3) a été de nouveau admis au conseil pour convenir définitivement des différents points sur lesquels le général Dumouriez avait semblé en opposition avec le conseil et d’après la discussion qui a eu lieu, il a été arrêté :
19 que le général Dumouriez ne portera pas l’armée française vers la Hollande ; d
20 que ce général pourra faire prendre des cantonnements à ses troupes pour leur donner le temps de se reposer.
30 qu’il disposera ses cantonnements de manière que l’armée puisse être réunie en très peu de temps et se mettre en marche aussitôt que le général en recevra l’ordre ».
Ainsi Thouvenot a défendu sans succès les projets de son général. Ses -arguments n’ont pu convaincre Pache et le conseil exécutif dont le siège était déjà fait (4) et qui s’affirmaient partisans convaincus du plan de Custine seul susceptible de nous assurer une victoire complète. Il faut ajouter aussi que la crainte d’une guerre avec l'Angleterre les poussait à respecter la neutralité des Provinces-Unies et à rester sourds aux supplications des patriotes Bataves (5) et de Dumouriez.
Néanmoins on devait deux mois plus tard regretter l’arrêté du 13 décembre qui sauvait la Hollande,alors sans défense,et plongée « dans la léthargie d’une longue paix (6) ».
C’est ce qu’affirmeront Danton, puis Robespierre devant la Convention le 10 mars 1793.
Le premier déclare : « Dumouriez avait annoncé au conseil
DUT El RS Te UC LÉO Séance du conseil exécutif du 13 décembre, Aulard, I, 321. Chuquet, IV, 126. : * ‘ 5. La députation Batave aux Jacobins, 24 décembre, page 7: un député de la Hollande au comité de la guerre, 18 décembre A. N. AF, Il, 22.
6. Crossard, Mémoires militaires et historiques, 1829, I, 20.
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exécutif et au comité de Défense générale que si l’on n’envahissait pas la Hollande au milieu de l’hiver, il fallait renoncer à tous les avantages obtenus en Eelgique. Puisqu’on a méconnu ee trait de génie, il faut réparer nos fautes (1) » et Robespierre ajoute (2) : «un fait qui ne peut être nié, c’est qu’il ÿ a trois mois, Dumouriez proposait l'invasion de la Hollande et qu’en dépit des réclamations des patriotes bataves, pouvoir exécutif et comité diplomatique se sont mis d'accord pour repousser l’idée du vertueux général ».
Quoiqu'il en soit, Pache informe en ces termes (3) Dumouriez de l’échec de son mandataire : «le conseil à discuté durant deux séances, avec le général Thouvenot, les plans de campagne proposés. Il n’a point adopté le projet de marcher en Hollande et il estime toujours qu'il est préférable qué vous vous portiez sur le Rhin, pour repousser les Autrichiens au delà de ce fleuve.
Occupez-vous done, général, de réparer votre armée, prenez des cantonnements tels que vous puissiez la rassembler promptement, afin qu'aussitôt que vous serez satisfait de son état, vous poursuiviez les ennemis de la liberté et de l'égalité. Voilà général, ce que le conseil attend de votre patriotisme ».
Ainsi autorisé à prendre ses quärtiers d'hiver, Dumouriez étale ses troupes en profondeur pour leur permettre de s’installer dans de bons cantonnements (4). A l’armée de Belgique (5), Dampierre occupe Aix-la-Chapelle avec 12 bataillons. Stengel borde la Roër jusqu'à Alden Hoven, Miacynski est aux environs de Dalem et le colonel Frescheville à. Eupen.
L’armée des Ardenné à son avant-garde à Verviers, Limbourg Stavelot, Spa, Malmédy et se trouve disposée sur 2 lignes de Huy à Liège et Saint-Trond, Rebermont, Hervé...
L’armée du Nord s’installe de Tongres à Rüremonde.
Nos avants postes établis sur la ligne générale Meuse-Rôer, surveillent l’ennemi placé à Juliers et derrière l’Erft.
Les cantonnements une fois établis, Dumouriez demande et obtient un congé. 11 part le 22‘pour Paris, laissant le commandement au général Valence.
Moniteur, 72, XN, 674. 7
Moniteur, 71; Journal des Débats et Décrets, n° 180.
Pache à Dumouriez, 13 décembre, Correspondance, p. 253. Toulongeon, Histoire de France depuis 1789, II.
. 5. Etat des cantonnements des armées Belgique, du Nord, des Ardennes, janvier 1793. A. G.
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B. — Les armées de l'Est (Vosges, Mosell>, Riin).
a) Custine à la tête des 3 armées de l'est : ses projets et ses craintes. Prise de Francfort, retraite sur Mayence.
À la suite de la lettre de Custine dénonçant Kellermann, le conseil prenait la décision de destituer celui-ci. Pache l’annonçait aussitôt à Custine : «Le conseil exécutif a senti la nécessité de faire marcher l’armée de la Moselle de votre côté. En conséquence, Kellermann est invité à se rendre à Paris et Eeurnonville est nommé commandant à sa place. J’adresserai à ce général à Metz, une instruction dont je vous envoie copie. Beurnonville ne commandera que sous vos ordres ; ainsi vous dirigerez sa marche comme vous la jugerez le plus utile au succès des armées de la République.
J’ai assez de confiance en vos talents, général, pour croire que malgré le retard des secours que vous devriez recevoir, la fin de cette campagne ne sera pas manquée et que vous la terminerez aussi glorieusement que vous Pavez conduite jusqu’à ce jour» (1).
Puis, après que Biron se soit mis de lui-même aux ordres de son ancien lieutehant, le ministre ajoute (2): «le concert et l’amitié qui vous unissent au général Biron, me répondent que nos forces sur le Rhin sont confiées à de véritables républicains. J’ai fait part aujourd’hui à la Convention nationale de la lettre que vous a écrit ce général. »
Pache ayant enfin réalisé son projet d'investir Custine du commandement en chef de nos armées de l’est, affirme en ces termes sa foi et sa confiance en lui : «la mesure qu’a prise le conseil en vous confiant le commandement supérieur des troupes françaises sur la Moselle et le bas Rhin, vous répond de Qi nion qu’il a conçue de votre caractère et de vos talents (3) ».
Custine entend utiliser au mieux de ses intérêts les forces nouvelles dont il peut désormais disposer. Beurnonville exécutera l’opération sur Trèves (4), que Kellermann a refusée d’entreprendre et se mettra en liaison avec les éléments de l’armée des Vosges occupant Kreusnach ; puis il attaquera Trarbach, tandis que de sôn côté, il fera enlever Rheinfeld.
Une fois Trarbach et Rheinfeld pris, le général entrera dans l'Empire pour forcer l'ennemi à évacuer sa position de Coblentz
Pache à Custine, 5 novembre, A. G.
Ibid, 14 novembre.
Pache à Custine, 12 novembre, A. G.
. Custine à Päche, 6 novembre.®