‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 185 sur 327 · Moniteurs du 18 et 22 novembre 1792, XIV · texte numérisé non relu

Moniteurs du 18 et 22 novembre 1792, XIV

des Vosges est inquiet et réclame avec insistance des renforts. Pache a déjà donné ordre à Biron de lui envoyer 12.000 hommes tirés des garnisons d'Alsace; il promet de lui fournir davantage (1).

Mais Custine ne se déclare pas encore satisfait (2) : «C’est quand on a vaincu. (3) qu'il faut bien se garder, citoyen ministre, de cesser son activité... Le souverain de la Prusse, le plus imbécile des rois, est décidé à ruiner son armée, à épuiser ses trésors pour soutenir la maison d'Autriche... le roi furieux des petits échees que reçoivent journellement ses troupes, a Pair d’avoir la volonté de m’attaquer. Son armée s’assemble près de Ditz et Limbourg et à moins que ce ne soit pour l’affamer, c’est pour l’exécution d’un vaste plan, au moins Je le suppose (4) ».

Pour faire face à un adversaire qui s'annonce si agressif, 1l ne suffit pas de renforts ; il faut que ceux-ci soient en état d’être engagés sans délai. « Citoyen ministre (5), vous m’annoncez des troupes et j'en ai reçu aujourd’hui près de 10.000 hommes ; mais excepté 1 bataillon du 48€ régiment, toutes ces troupes sont des volontaires et presque toutes de nouvelles levées, par conséquent, sans organisation intérieure et moins encore d'organisation militaire et les bataillons manquent de tout! »

Il n’en est pas moins résolu à combattre : « Je le ferai et même avec vigueur ; mais on me laisse en opposition une immense cavalerie et moi J'ai un dénuement absolu de ce moyen. Je commande à moins de 30.000 hommes; j'ai 34.000 Prussiens et 9.000 Hessois sur les bras... sans état major, sans généraux, il ne peut être

au pouvoir d'aucun humain de faire agir 60.000 hommes qu'il: me faut, pour battre 50.000 Prussiens, Autrichiens, Hessois réunis

et prendre Mannheim à leur vue (6) ».

Dans le courant de novembre, les craintes de Custine ne font que se préciser : (il paraît que décidément le roi de Prusse veut m'attaquer, éerit-il le 27 (7). II a de beaucoup l'avantage du nombre. La disposition du terrain lui donne aussi des moyens qu'il me refuse. Il est done très probable qu'il me battra. Cependant, telle est la position où l’on m'a laissé, que je n’ai rien de mieux à faire que de le combattre. Il faut s'opposer aux progrès de son entreprise, il faut du moins les retarder ».

Le moral du général est atteint avant que de combattre. II subit le prestige des troupes Prussiennes, de leur meilleure orga-

Pache à Custine, 12, 17 novembre, A. G.

Custine à Pache, 17 novembre,

Ibid, 25 novembre.

Ibid., 26 novembre, À. G.

Ibid, 27 novembre.

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