Custine à Beurnonville, 12 novembre
'ÉISNES
- Le 13 novembre, Beurnonville informe le ministre de sa présence à Metz : «je n’ai pu, citoyen ministre, arriver. qu’aujourd'hui à 3 heures J’ai trouvé vos diverses dépêches. Je me bornerai pour le moment à vous en accuser réception». Le lendemain, il gagne Sarrelouis pour effectuer son rassemblement (1) et s'occupe de tout ce qui peut accélérer la mouvement (2); mais il observe « qu’il dispose de peu de moyens pour grand chose de bon». |
Le commissaire Carnot Feulins, lui a communiqué une instruction du général Custine qui presse la marche de l’armée de la Moselle sur Mertzig, Consarbrück, Trèves; à défaut l’envoi immédiat à Mayence d’un corps de 6.000 hommes dont 2.000 de cavalerie. Comme il renonce à engager ses troupes dans le défilé de Mertzig, il fait partir pour Mayence le rénfort demandé (3).
Tandis qu’il rassemble ses éléments et se prépare à agir, il reçoit une lettre de Pache dans laquelle le ministre s’efforce de lui faire comprendre ce qu’il attend de lui :« j'ai reçu, général (4), vos dépêches du 13 et du 14; je vois sans surprise que vous regrettez le général Dumouriez et l'avant garde avec laquelle vous avez si glorieusement et si heureusement combattu ; mais Je serais peiné si ce sentiment trop juste, vous empêchait de sentir l’importance des fonctions que le conseil exécutif vient de vous confier.
Vous avez été mis, général, aux ordres du général Custine, parce que la nature des choses exige que vos opérations soient nécessairement liées à celles qu'il dirige immédiatement et qu’il était indispensable qu’un seul général mit de l'unité dans Paction de plusieurs corps de troupes qui doivent agir sur la Moselle et sur le Rhin. Biron l’a si bien senti, qu’il n’a pas balancé à se mettre sous les ordres de Custine qu’il venait de commander. Vous êtes de beaucoup le cadet de ces généraux ; sous tous les rapports, votre carrière a été aussi rapide que brillante et il me semble que c’est encore un grand pas, de passer du commandement d’une avant garde. à celui d’une armée ».
Beurnonville est trop rempli de lui même pour comprendre cette leçon de modestie. Il déclare le plan de campagne de Custine inexécutable (5). « Le général Custine, écrit-il au ministre, regarde comme la tâche d’un instant de nettoyer les gorges