‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 198 sur 327 · Beurnonville à Pache, 17 décembre · texte numérisé non relu

Beurnonville à Pache, 17 décembre

Hohenlohe avec 8.009 Austro-Prussiens a suffi pour briser ses efforts.

c) Armée du Rhin. — Biron voyant ses moyens sans cesse réduits et impatient d’être soumis à Custine, demande son changement. Inaction de l’armée du Rhin. Biron nommé au commandement de l’armée d'Italie est remplacé par Desprez Crassier.

Pache avait usé de toute sa dialectique, pour faire comprendre à Biron, qu'il devait se mettre aux ordres de Custine et celui-ci, dans une lettre emphatique, avait paru s’y prêter de bonne grâce, en vertueux républicain. La Convention et toute la presse avaient vanté à l'envie son désintéressement.

En réalité, cette attitude théâtrale n’était que façade ; la preuve en est fournie par sa correspondance avec Custine, qui montre jusqu’à quel point son amour propre avait été blessé. Il répond, en effet, aux pressantes demandes de secours de son nouveau chef: «je pense (1), ainsi que vous, mon cher collègue, que si le rapport qui vous annonce une réunion considérable de Prussiens et d’Autrichiens contre vous, ne mérite pas toute notre confiance, il exige du moins les plus attentives précautions. J’acheminerai..… vers Strasbourg et Haguenau et entre Strasbourg et Landau, tout ce qui m'arrivera successivement de troupes... elles m'’arriveront pour la plupart très fatiguées.. nous les pousserons d’échelon en échelon, sur les points de répartition prescrits par le ministre... =

Je ne doute pas, cher général, que cette disposition seule n'arrête les ennemis, s’ils n’ont pas des forces très supérieures que je ne puis leur supposer. Ne tirant rien de Strasbourg, ni des bords du Rhin, de Strasbourg à Huningue, que dans le cas de la plus impérieuse nécessité, je ne renonce pas du ‘tout au maintien menaçant que j'ai vers Huningue, ce qui entretient une diversion qui vous est très favorable, ‘puisqu'il y à encore à une vingtaine de mille hommes, dont plus de 4.000 de cavalerie. »

Custine répond : «cher ami (2), je ne puis vous dissimuler que ma douleur est extrême en vous voyant varier dans vos résolutions. Je répète ce que j'ai toujours dit : un rassemblement près d’Huningue., un rassemblement près de Strasbourg, car vous devez rétablir le pont de Kehl.…. Le reste des troupes, au nom de la République ! envoyez-le moi, sans vous embarrasser d'établir des camps ou des cantonnements intermédiaires dans

Page 1