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Custine à Biron, 8 novembre

Léhe

un pays vis-à-vis duquel il n’y a point de troupes et que j'ai totalement dépouillé de subsistances. Quand il deviendra nécessure d’y apporter des troupes pour sa défense, je les y porterai. Ne vous inquiétez pas du Bas-Rhin ; Kellermann marche. D’où pourraient donc pleuvoir les troupes qui voudraient attaquer ce département ? Mais au nom de la République! je vous le répète, mettez-moi dans la possibilité de soutenir avec forces loccupation de Francfort. j'en appelle à votre bon esprit. »

Et il ajoute (1) : «puisque vous ne m’envoyez aucune troupes avec lesquelles je puisse opérer, il faut bien me résoudre à combattre... D’après celà, je ne doute pas qu’au lieu de faire de petits pelotons de vos troupes, vous n’alliez les réunir et vous emparer de Kehl; car ce ne sera pas une attaque.

Fortifiez ce poste, pour avoir une bonne tête de pont et qu’on ne vienne plus vous fermer la communication de l’Empire. »

Il envoie en même temps copie de cette correspondance à Pache «je ne conçois pas, écrit-il (2), comment lorsqu'il s’agit du bien général, l’on n’impose pas silence aux petites passions privées. Je crois lui en avoir donné un grand exemple, lorsque j'ai été un des plus fidèles observateurs de ses ordres, après lui en avoir toujours donné, l’avoir primé par les services, l’âge, j'ose dire lés connaissances et même le caractère ; mais J’estime sa bonhomie dans le commerce ordinaire de la vie, et je ne m’en séparerai jamais. Nous agirons d'intelligence, parce que je compte sur son cœur et sur ses qualités et que ce sera toujours le tribunal auquel j'en appellerai. »

En tous cas, Biron répond en termes peu amènes : « J’ai ordre, mon cher collègue (3), de vous envoyer les troupes que vous me demandez et j’exécuterai vos ordres avec exactitude et promptitude. Je désire vivement que l’abandon absolu dans lequel vous laisserez le Haut-Rhin, n’entraine les plus grands et les plus irréparables malheurs.

Il est de mon devoir de vous rappeler pour la dernière fois, en obéissant, que les 13.000 hommes que j'ai de disponibles, sont composés de forces que j'ai tirées des garnisons de Strasbourg, Neuf-Brisach, Huningue, Belfort et pays de Porrentruy, que quand je vous aurai envoyé 8.000 hommes, il n’en restera plus que 5... -

Je vous demande avec quoi vous voulez que je passe à Kehl, la garnison de Strasbourg étant réduite de moitié. quant à

-1. Custine à Biron, 10 novembre.

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