Charavay, op. cit
3. 29 novembre, comité de correspondance, A. N., D. X. 4, 48, n° 98.
4, Lacuée à Pache, 22 novembre.
J'espère, citoyen ministre, que vous verrez dans ma prière le désir que j'ai comme Prancais de pouvoir obliger l'Espagne à se décider à reconnaître notre indépendance... »
Pache répond (À) : «je m’efforcerai, citoyen, de subvenir aux moyens que vous pensiez propres à former promptement l’armée du Midi et dont vous regrettez la suspension momentanée. Entrez dans de grands détails avec moi et je seconderai les vues du général Servan en vous mettant à portée d'exécuter ses ordres.
Je ne puis écrire à la Convention pour l’engager à modifier le décret qu’elle a rendu sur les commissaires qu’elle a chargé de ses pouvoirs. »
Le ministre fait en même temps connaître à Chaderlos de Laclos qu’il estime indispensable de séparer son armée en deux corps distincts (2).
Mais ce dernier fait des réserves « avec la franchise d’un homme libre » (3). Il vaudrait mieux, pense-t-il, ne pas changer sans mûre réflexion la position centrale de Toulouse, choisie par -Servan comme point de rassemblement des troupes. D'ailleurs, cette question ne présente que peu d'intérêt, puisqu'il « n'existe encore, officiellement parlant (4), des troupes composant l’armée des Pyrénées, qu’une-compagnie de chasseurs de Paris et une compagnie d’artillerie de ligne... Il suit de cet exposé que quant à la partie militaire, l’armée est encore dans un dénuement absolu, sans troupes et sans munitions de guerre.
Quant à la partie administrative. vous verrez que nous ne sommes guère mieux pourvus.
Et cependant, c’est dans trois mois que cette armée peut et doit commencer ses opérations. Il est de mon devoir de vous rappeler souvent l’état de pénurie et de non organisation où nous sommes ».
Le surlendemain, le même Laclos écrit aux commissaires de la Convention à Bayonne pour leur déclarer qu’au point de vue administratif, tout reste encore à faire ; qu’au point de vue militaire, la situation n’est guère meilleure et que dans ces conditions, l’armée est réduite à la plus complète inaction (5).
Ces renseignements décident Carnot, déjà fort mal disposé envers Pache, à écrire à la Convention (6) la lettre la plus sévère