‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 233 sur 327 · II. Libermann · texte numérisé non relu

II. Libermann

directoire rassemblera tous les approvisionnements nécessaires à l'armée victorieuse que vous commandez. » |

Mais, «tant que je serai responsable (1), aucun marché ne peut être passé sans ma participation ; sans quoi, Je ne veux pas en répondre. Toutes les fois qu'un commissaire des guerres ou tout autre agent de la république m’aura soumis les conditions d’un marché, je m’empresserai de l’accepter, si la fourniture est nécessaire et si toutes choses égales d’ailleurs, il n’est pas possible d’avoir des conditions plus avantageuses ;: d’où il suit que Ronsin, ou tout autre, peut passer des marchés, pourvu toutefois qu’ils m'en soumettent les conditions, afin que je les autorise après les avoir bien examinées ».

Mais Dumouriez décidé à ne plus garder aucun ménagement envers le ministre, n’attend pas sa réponse pour l’attaquer à fond. Puisqu'on l'empêche, dit-il, de s'occuper de la subsistance de son armée (2), qu’on lui envoie dans ce but des Pick et des Moselmann, il ne peut plus répondre de rien. Il est sans pain, sans fourrage, sans argent. La situation devient inextricable, depuis qu’on a rompu les marchés qui devaient assurer la subsistance de l’armée jusqu’au 1° janvier. «Ne soyez pas étonné, citoyen ministre, que pour établir la vérité de ma position et connaître l’imprévoyance ou la méchanceté de ceux qui me mettent dans tous ces embarras, J'adresse à la Convention copie de toutes les dépêches que je vous enverrai, jusqu’à ce que cet état de choses ait changé. Ne soyez pas étonné non plus, que je donne ma démission, si ce changement ne s’opère pas sous huit jours. »

Un double de cette dépêche est lu à la Convention le 5 décembre (3) et y provoque beaucoup d’émoi. L'assemblée se partage en deux camps. Les girondins soutiennent Dumouriez et demandent de citer Pache à la barre ; au contraire, Marat affirme sa foi dans le patriotisme du ministre et Carra accuse de vol les fournisseurs, les entrepreneurs, les commissaires des guerres.

“ambon fait observer que les dépenses pour les armées ont été pour les trois derniers mois de 198, 148, 122 millions et cependant tout manque ! (je ne sais qui croire, déclare-t-il, du ministre ou du général (4). »

Finalement, l’assemblée décide que Petitjean, Malus et d’Espagnac seront enfermés à Abbaye, que Pache se rendra séance tenante à la Convention pour répondre par écrit à la lettre qu’il

ai

Ibid, 200,

Dumouriez à Pache, 2 décembre, Correspondance, 1883.

Séance du 5 décembre, Moniteur, XIV, 664.

Buchez et Roux, op. cit, XXII, 341, 342. Moniteur, XIV, 664.

Lt:

a reçu du général Dumouriez et affirmera «la certitude où il est de l’approvisionnement de l’armée de Lelgique (1) ».

Or, le ministre en prévision de cette demande, avait préparé un mémoire résumant l’ensemble de la question, pour la soumettre aux comités chargés de l’enquête. C’est ce mémoire dont il va se servir pour répondre à l'assemblée (2). Nous allons le citer en entier.

«Il a été envoyé trois sortes d'états :

«1. Des états d’habillement, ceux-là sont consignés par l’administration de l'habillement qui doit en être responsable.

«2. Des états de subsistances. Ceux-ci peuvent être divisés en deux parties :

«19 états de situation des magasins. Les états sont envoyés par l'administration des vivres à la tête de laquelle est Doumerc. Cette administration doit être responsable des états qu’elle envoie.

«29 Des achats faits dans la Belgique: Les achats sont communiqués par le comité des achats qui doit en être responsable.

«Demander au général les états qu’il argue de faux, afin que les prévaricateurs soient punis.

« Sans doute, aucun marché ne doit être définitif, que le ministre ne l’ait ratifié et c’est sur cette ratification que porte sa responsabilité. Quel est le marché proposé par Dumouriez ou ses commissaires, à l’égard duquel Dumouriez ait suivi ces principes ?

«Il ne m’a été proposé que deux marchés : celui de 20.000 sacs de farine tirés d'Angleterre, dont le prix était de 45 livres le quintal; tandis que les mêmes farines ne cotaient que 30 livres.

«Ce marché a été converti en une commission à 2 %, que les soumissionnaires de Malus disent actuellement ne pouvoir remplir. Le deuxième est celui que Malus a passé à Henri Simons, dont le ministre a prévenu sur le champ la Convention nationale ct pour lequel on faisait payer à la république française 2.400.000 livres ce qui ne lui a coûté que 1.200.000 livres.

1. Décret du 1° décembre, XIV, 665. n 2. A contrario, Chuquet prétend que Pache ne rendit aucun compte CINE 154). Le document cité plus loin se trouve aux Archives de la guerre dans

2a le registre + I A:

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