‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 236 sur 327 · Ibid., séance du 26 janvier · texte numérisé non relu

Ibid., séance du 26 janvier

4, Convention, séance du 29 janvier, Moniteur, XV, 308.

correspondance, visité ses bureaux, trouvé tout dans le plus grand ordre. Nous avons vu les minutes de toutes ses lettres écrites de sa main ; mais il était possible qu'avec la plus grande activité un commissaire fit des fautes. Quant aux marchés ils n’ont été passés que sous condition; c’est-à-dire sous l’acceptation du ministre. Quand les chevaux meurent de faim, qu'il en périt trois dans une nuit, on est bien obligé de faire des marchés onéreux avec ceux qui donnent de la nourriture, à quelque prix que ce soit.

Dumouriez donne des ordres à Malus, il les donne autorisé dit-il par l’assemblée Législative et par ses commissaires. Il est fâcheux que Dumouriez ait donné une pareille autorisation ; mais est-il possible au commissaire ordonnateur de refuser ?

Cambon : Malus se trouve dans le cas d’un ministre ; il a perdu la confiance de la Nation.»

Ducos prétend qu’on ne peut comparer un agent subalterne à un ministre et dire « qu'il a perdu la confiance de la Nation» qui ne le connaît pas. [Il demande que l'affaire soit renvoyée au pouvoir exécutif qui l’a nommé et a qualité pour le destituer.

La Convention décrète en fin de discussion, qu'il n’y a pas lieu à accusation contre Malus, qu'il sera mis en hberté et passe à l’ordre du jour en renvoyant au conseil exécutif.

VII Enquêéle des commissaires à l’armée de Belgique. — Départ des commissaires ; dénuement de l'armée ; difficultés auxquelles se heurte Ronsin, successeur de Malus : lettres des commissaires dis 4 et 8 dé cembre ; enquête au çomité de la guerre.

Les commissaires nommés par décret du 30 novembre pour se transporter à l’armée de Belgique, partent successivement re- Joindre leur poste : Camus et Gossuin le jour même, Danton et Delacroix le 1€ décembre, après l’interrogatoire de d’'Espagnae, Malus, Petitjean (1).

Camus et Gossuin arrivent à Liége le 3. Ils ne trouvent dans la caisse militaire que 65.000 livres en assienats, 10.000 en numérare (2). Les malades sont sans soins faute d'officiers de santé (3).

1, Aulard, I, 283.

2. Premier rapport, 15 et 26. I est intéressant de rapprocher de ce rapport un « aperçu de la situation de la caisse du payeur particuli r de l’armée de la Belgique depuis le 24 novembre jusqu’au 29 » trouvé aux Archives de la guerre,

En caisse au 23 novembre’: 359.795 1. espèces ; 7.540 L assignats ; au 29 novembre : 5.600 I. espèces, 4.950 I. assignats. A noter que l’encaisse relativement élevée au 23 novembre résultait des emprunts faits par Dumouriez dont il a été parlé plus haut.

3. Aulard, I, 305, 388 ; lettre de Gossuin 5 décembre, A. N., AF: II, 281.

Le soldat dans les camps est vêtu de guenilles, pourrit sous sa tente, souffre, se dégoûte de servir et menace (1).

La viande est seule exactement fournie (2), le pain manque rarement ; mais il n’y a pas de fourrages.

Le ministre déclare Camus «a été fréquemment, trompé, soit que tant de détails excèdent les facultés d’un seul homme, soit que ses agents manquent de connaissances (3) ».

La situation n’est donc pas brillante ; mais Dumouriez ne fait rien pour faciliter la tâche de Ronsin. Après l'avoir fort mal accueilli, il le soutient plus mal encore auprès de ses subordonnés, qui, dévoués à Malus, le servent à contre cœur. En même temps, Simons dont les marchés ont été cassés, cesse ses fournitures. Pour comble de malechance, les agents du comité des achats, Pick et Moselmann, déclarent qu’ils n’ont encore que des grains et que le comité ne pourra fournir de farine qu’au 4% janvier

Dans ces conditions, Dumouriez somme Ronsin de conclure un marché dans les quarante-huit heures, ou de rétablir celui passé par Malus avec Simons. Ronsin a défense expresse de faire des emprunts ou de passer des marchés, sauf en cas de nécessité. Mais comme les fourrages manquent, que la caisse du payeur est vide, et que l’armée n’a plus que pour trois jours de pain, il doit consentir à contracter un emprunt de 174.000 livres, non sans en avoir référé aux commissaires de la Convention (4).

« Les offres multipliées que des citoyens du pays de Liége me font leur écrit-il (5), de livrer à très bon compte des capotes pour les hôpitaux, des culottes et des bas pour l’armée, le besoin pressant qu’en ont les soldats et l'incertitude de l’époque où ils en seront fournis, me forcent de recourir à vous, pour vous prier de solliciter auprès de la Convention nationale, un décret qui autorise quelques employés militaires de cette armée à passer des marchés d'urgence, tant que l’armée sera en activité, »

Et le même jour (6) : «Je... déclare aux commissaires. que s’il était versé dans la caisse de l’armée des fonds au moins Jusqu’à la concurrence de 400.000 francs, destinés uniquement au paiement des fourrages fournis sur réquisition, les réquisitions à faire et nécessitées par le manque absolu de denrées dans les

1. Premier rapport, 25 ; lettres de Gossuin et Camus du 5 décembre.A. N., Der; Moniteur, XIV. 693.

2, Gossuin à Camus, 10 décembre, tbid., 4 et 5.

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