Ibid., 11 décembre
VIII Mission de Camus à Paris. — Camus envoyé à Paris par ses collègues arrive le 12 décembre, Séances du comité de la guerre. Décrets du 13, relatifs à l’approvisionnement d2 l’armée.
Les commissaires de l’assemblée à l’armée de Belgique, ont en effet décidé d'envoyer l’un d’entre eux, Camus (1), donner aux comités «les éclaircissements les plus positifs. et répondre à toutes les objections.» Les circonstances leur paraissent assez critiques, pour ne plus perdre un moment. « Hâätez-vous, citoyens représentants, poursuivent-ils, de l’entendre et de rendre d’après son exposé tous les décrets que vous jugerez nécessaires et que votre sagesse vous suggérera pour le salut de la république... Le citoyen Camus vous exposera jusqu'à quel point est monté le dénuement de l’armée. Nous allons porter aux soldats des espérances que votre justice convertira bientôt sans doute en réalités. »
Camus fait diligence et pour gagner du temps, prie de Valenciennes le président de la Convention de convoquer d'avance les comités de la guerre et des finances réunis. Il arrive à Paris le 11 au soir. Le 12. il prend séance avec les comités (2).
Après avoir signalé la désertion qui éclaireit sans cesse nos rangs, Camus aborde la question des approvisionnements et de FÉRRee Il en indique la pénurie et la mauvaise qualité.
« Le ep de la guerre fait des réflexions sur les fournitures et surtout sur l'habillement. Il observe que la plupart des anciens commissaires des guerres avaient l’esprit contre révolutionnaire et qu'il est diflicile en ce moment de trouver dans cette partie des personnes patriotes et assez habiles. Il ajoute, qu'il a pris depuis le peu de temps qu'il est au ministère, tous les moyens d'améliorer l’état de nos armées et tous les renseignements possibles sur les vices de l'administration ; mais que le temps a été trop court pour mieux faire.
Pache apporte des pièces à l'appui de ses dires. On lit une lettre adressée aux généraux et aux agents de l’administration militaire, pour connaître le nombre et la situation des troupes.
Un membre demande la parole sur cette lettre, et après avoir observé qu’elle est le sûr garant de la conduite irréprochable du ministre, il remarque que des auteurs du délabrement dans lequel se trouvent nos armées, sont les agents intermédiaires
1. Lettres ds commissaires à la Convention, 10 décembre, Aulard, 1, 307. 2. Séance du 12 décembre au comité de la guerre, A. N., R. 92, AF II, 14 et Convention 12 décembre, Moniteur, XIV, 729,
entre le conseil exécutif provisoire et les généraux. Il finit par dire que le salut de l'Etat est pour ainsi dire entre les mains des commissaires ordonnateurs et qu’il est de la plus haute importance de ne mettre dans toutes les places et surtout administratives, que des hommes incorruptibles.
Un membre propose de former un conseil d'administration attaché à chaque armée, qui délibérerait dans les circonstances urgentes, des moyens d’approvisionnement ; il veut que dans le conseil, le général de l’armée et d’autres officiers de létatmajor des différentes armes puissent en faire partie, avec le commissaire ordonnateur et d’autres agents administrateurs. Il a fait sentir qu'un tel conseil d’administrateurs serait obligé de soumettre ses arrêtés au conseil exécutif, mériterait la confiance de la nation, qu’on ne peut supposer que l’amour du bien public et la loyauté n’y régneraient pas.
Un autre membre ajoute que ce projet était déjà dans ses vues et qu'il avait le dessein de le soumettre à la sagesse du comité de la BRÈRrE:
Enfin, les membres du comité des achats sont introduits et donnent divers renseignements sur les objets du rapport du citoyen Camus. »
Le soir, la discussion continue (1). L’on parle des fourrages nécessaires à l’armée de Belgique. « Les fournisseurs assurent qu’il doit y avoir d’après les ordres qu’ils ont donné et les renseignements qu'ils ont pris, 50.000 quintaux d'avoine et 70.000 de foin.
Un membre demande s'ils donneraient cette assurance par écrit. Réponse : non.
Un autre membre fait des observations sur la quantité d’approvisionnements en avoine et farine trouvée par l’armée en Belgique. Comment l’armée peut elle en manquer puisqu'il en existe une si grande quantité ? »
Le comité décide de rédiger des projets sur l’ensemble de ces questions et approuve le 13 ceux qui lui sont présentés par Défermon et Camus (2). L'assemblée les vote le même jour (3).
Les décrets ont pour but de limiter les pouvoirs du comité des achats. Le. premier porte
«40° Le conseil exécutif provisoire, sera tenu de rendre compte de huitaine en huitaine, des demandes faites pour les besoins des armées de la république et des moyens qu'il aura pris d’y satis-
faire ;
1. Séance du comité de la guerre, 12 décembre soir, loc. cit.