‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 242 sur 327 · Ternaux, :0p'-citf,,=V · texte numérisé non relu

Ternaux, :0p'-citf,,=V

2. Séance du 10 décembre à la Convention, Moniteur, XIV, 702 ; procès verbal, IV, 157 ; Journal des Débats, n° 83, 180 et no 84, 189 ; Charavay, OP CU, AIT 8258

3. Voici la genèse de cette affaire. Dans un rapport du 25 novembre, le maréchal de camp Meusnier signale avoir trouvé sur le carreau de la douane, environ 30 ballots, contenant des uniformes à destination des armées et restés en souffrance. Le ministre fait ouvrir une enquête par le commissaire Vincent qui trouve en effet 80 ballots de capotes non expédiés depuis plus d’un mois. Il-existe un grand nombre de faits analogues Ciusés par « l'avarice » des commissaires des transports, qui veulent trouver des rouliers au plus bas prix.

Pache propose comme remède de résilier le contrat passé avec le citoyen Gévaudan pour les transports ordinaires : il estime qu'il faudra concurremment employer les transports extraordinaires, malgré leur prix élevé ; car il convient avant tout de ravitailler les troupes.

Pache au Directoire de l'habillement militaire, 9 décembre.

n’est d’ailleurs pas la première négligence qu’on peut reprocher à Pache.

Thuriot : c’est un ministre bien intentionné, né dans la classe obseure. On le calomnie à cause de celà. Il faut le protéger.

Cambon : Pache n’a qu'à poursuivre lui-même les agents défaillants et qu’à résilier ses marchés. Ceci rentre dans la fonction de ministre.

Alors Baraillon : je n’ai cessé de dénoncer le ministre de la guerre à cause de son insouciance ; je réitère ma proposition et je demande que le ministre soit mandé à la barre et que sa conduite soit blämée par l'organe du président. »

Buzot joint ses efforts aux siens: il est inutile de mander le ministre à la barre; car il répondra «j'ai envoyé». Ses bureaux sont remplis d’ignorants et de malintentionnés grâce auxquels les armées manquent de tout. Aussi, il faut que le comité de la guerre présente dans les trois jours un rapport sur sa conduite. «Il y à certainement un projet de désorganiser les armées ; nos ennemis n’ont d'autre moyen de nous vaincre que celui-là et, soit ignorance, soit perfidie, de la part du ministre et de ses agents, nous sommes menacés d’une prochaine réussite. »

Reubell et Pontécoulant défendent le ministre. Il n’est que depuis six semaines à son poste et y a trouvé tout à faire; car Servan accablé par le fardeau laissé par ses prédécesseurs n’a pas réussi à rétablir l’ordre. Tous les magasins militaires étaient vides lors de l'élection de Pache et il lui était impossible de supprimer en trois mois les effets d’une trahison de trois années.

«Ce n’est pas au moment où il travaille à réparer le dénuement total, qu'il faut l’arracher à ses fonctions... »

«Tous les abus que nous avons signalé au ministre ont été réparés», ajoute Doulcet. « Hier encore, poursuit-il, il nous a assuré qu'il avait écarté de ses bureaux l'aristocratie qui l’assaillait. » :

A la suite de cette intervention décisive, le renvoi au comité de la guerre est décrété (1).

Pache triomphe encore de cet assaut; mais sa situation n’en devient pas moins chaque jour plus précaire et il a maintenant en Carnot un ennemi plus redoutable peut-être que Dumouriez (2)

1. Une enquête menée par les bureaux de Pache sur cette affaire, aboutit à la révocation de l'administrateur de Brès. Simonnet et Gévaudan après avoir été arrêtés, sont relaxés ; mais Pache obtient la résiliation du marché exclusif passé en leur faveur les 10, 17 et 19 avril 1792. :

Pache au Directoire de l'habillement des troupes ‘et à la Convention, 13 décembre. ;

2, Carnot attaquera Pache à chaque occasion. Dans son rapport de mission daté du 12 janvier et lu à la séance du 29 (Moniteur, XV, 308), il dira

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