V. — Ecxec DE RONSIN EN BELGIQUE
Nouvelles plaintes de Dumouriez, insuffisance des agents du directoire ; leurs opérations au début de janvier. Retour de Ronsin.
«Je vous sais un honnête homme, citoyen ministre, et ce n’est pas à vous que j’attribue l’affreuse position où vous avez réduit l'excellente armée de Belgique (1) », écrit Dumouriez à Pache le 7 décembre, en renouvelant ses plaintes contre le directoire des achats.
Et il ajoute, parlant de Ronsin (2), «vous avez adoptéeun nouveau régime d'achats que j'ai plus de droits qu’un autre de trouver impolitique. En l’adoptant, vous avez ôté toute activité à ce régime d'achats, en défendant au commissaire ordonnateur postiche que vous m'avez envoyé de passer aucun marché... »
Pache répond (3) «je vous ai adressé par ma lettre du 11 novembre Simon Pick, agent du directoire des achats, chargé de prendre vos ordres pour l’approvisionnement de tout genre des comestibles de l’armée que vous commandez. Moselmann est à Bruxelles pour le même objet et Perlan à Ostende.
Je vous préviens par celle-ci, que pour donner plus d’étendue aux mesures déjà prises et pour assurer de manière à ne vous laisser aucun soin, aucune inquiétude, la subsistance des intrépides soldats qui marchent avec vous à la vietoire, le directoire des achats a joint Lipmann Cerfberr aux agents qu'il a déjà près de vous.
Ces mesures, dictées par la nécessité de séparer d’une manière précise les fonctions d’un général d'armée d’avec celle d’administration, remplissent l’objet pour lequel elles ont été prises et J'ai lieu d’espérer que les soldats de la république ne manqueront jamais de ce qu'ils ont le droit d'attendre de sa sollicitude. »
Le 10 décembre, le nouvel agent du directoire des achats,
notamment : «nous avons pris les mêmes soins pour les vivres, fourrages... si l'exécution pouvait suivre la pensée, ou si le ministre de la guerre eut daigné seconder nos travaux, si par une lenteur inexprimable il n'eut glacé le cœur des citoyens qui s’empressaient autour de nous, et se portaient si ardemment à l’accomplissement de nos vœux, nous eussions pu vous permettre d’avoir au mois de mars sur les frontières des Pyrénées une armée en état de soutenir l'éclat de nos premiers succès », Et plus loin « il nous a été pénible d'inculper un ministre qui ne nous est connu qu: parsa réputation de civisme et d'intégrité et nous sommes bien éloignés d’accuser ses intentions ; mais nous ne pouvons sacrifier à cette considération des vérités D si essentiellement la sûreté de l'Etat. » Charavay, op. cit., AUX