‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 248 sur 327 · Séance du comité de la guerre, 9 janvier, Aulard, I · texte numérisé non relu

Séance du comité de la guerre, 9 janvier, Aulard, I

4. Les commissaires en Belgique à la Convention, 13 janvier, Aulard, 1, 461.

5, Séance du 28 janvier, Monileur, XV, 308.

l'extrémité de nos frontières; elle incombe à la Convention qui a frappé d’impuissance ses commissaires en leur interdisant par le décret du 15 novembre, d’ordonner toutes dépenses ou de tirer tout mandat sur les caisses publiques (1).

Mais c’est encore de l’armée des Alpes, que viennent les accusations les plus véhémentes contre le directoire. Les commissaires dans le Mont Hlanc écrivent en effet à la Convention (2) : «l’état de l’armée des Alpes exige de vous une attention spéciale. Frappés du dénuement total dans lequel nous trouvions nos braves frères d'armes, nous recherchions la cause d’une négligence aussi coupable, d’un renversement aussi perfide des principes d’une bonne administration, lorsque le cri qui retentissait autour de nous est parti à la fois de toutes les armées et s’est fait entendre dans le sein de la Convention.

À ce soulèvement général, à cette parfaite unanimité des effets, nous avons reconnu la même force d'inertie paralysant toutes les arinées de la République. »

Au milieu de ce concert de plaintes et de récriminations, seule la voix des commissaires de l’assemblée auprès de l’armée du Rhin s'élève en faveur du ministre de la guerre et de son directoire des achats : «nous informons la Convention (5), que les capotes arrivent enfin successivement, mais beaucoup de nos frères en manquent encore. Leur habillement est toujours néglisé; l’on annonce que c’est beaucoup plus la faute des conseils d'administration que celle du ministre et des payeurs, envers lesquels on ne se met pas en règle.

L’impéritie de quelques quartiers maîtres, de certains commissaires des guerres, ou leur mauvaise volonté ont fait beaucoup souffrir les soldats de la république.

Les mesures que nous avons prises, nous donnent l'assurance que l’armée ne manquera pas de vivres. Cette partie de l’administration à beaucoup souffert, a été même exposée par les débats entre l’ancienne régie et le nouveau directoire.

Nous devons vous dire aussi, que depuis que nous correspondons avec le ministre de la guerre, nous avons acquis la certitude que si les alentours qu'il a eu le courage d’éloigner des bureaux avaient eu, d’aussi bonnes intentions que lui, on n’aurait pas eu tant à se plaindre.»

Cette ‘'aflirmation faite sur place, par des hommes tels que

1. Voir à ce sujet : Libermann, Les commissaires de la Législative et de la Convention, thèse de droit, Paris, 1926.

2. Les commissaires dans le Mont Blanc à la Convention, 8 janvier, Aulard, I, 437.

3. Les commissaires de l’armée du Rhin à la Convention, 14 janvier, Aulard, I, 469.

À LA FIN DE 4792 RlTe

Reubell et Merlin de Thionville, semble impressionnante et laisse planer un doute sur l’impartialité des critiques que nous venons de relater.

VIT. — FaïiLLITE DU DIRECTOIRE DES ACHATS.

Défense du directoire des achats ; il est décrété d'accusation.

I faut convenir, cependant, qu’en face du mouvement général qui se dessine contre lui, le directoire des achats se défend bien maladroitement. Répondant d’abord à la dénonciation du département de la Moselle et à celle de Beurnonville, il déclare que Lipmann Cerfberr à bien été commis aux approvisionnements de l’armée de ce dernier (1); mais que sur l'avis {que par la négligence de l’ancienne administration, le service allait totalement manquer à l’armée de Dumouriez, et quoique non chargé d’y pourvoir, puisque ses opérations ne devaient commencer que le 1er janvier, le directoire crut qu'il était plus convenable d'y envoyer sur le champ le citoyen Lipmann qui dès le commencement de décembre, pourvoit seul au milieu des contrariétés, des vexations, des entraves que les commissaires des guerres, les généraux, les agents de l’ancienne administration lui font éprouver, aux besoins du service.

Ce citoyen ne pouvant donc se rendre à sa première destination ; le directoire a cru devoir écrire à Théodore Cerfberr, l’un des régisseurs de l’armée du Rhin, de se rendre ensuite à celle du Centre... Mais les besoins de l’armée de Custine, qui se trouvait dans la même pénurie que celle de Dumouriez, arrêtèrent encore celui-ci. Le directoire crut devoir s’empresser de charger par intérim le citoyen Dumas, régisseur de la manutention, d’assurer par tous les moyens possibles le service.

…Ces mesures ne sont pas les seules qu’ait prises le directoire, il a acheté dès le commencement de son établissement dans les places les plus‘ importantes des frontières; mais ordonné ses. achats à des prix limités. »

Il a ainsi acquis le plus indispensable et il aurait acquis bien davantage, si l’ancienne administration n'avait établi l’usage ruineux pour la République de payer partie en numéraire.

«Les achats eussent été plus conséquents, si au moment de l'établissement du directoire, il ne s'était manifesté un système d’accaparement dans toute la république, système que le direc-

1. Réponse du directoire des achats aux dénonciations du directoire de la Moselle et du général Beurnonville, 14 janvier. A. G.

toire dénonce et dont il a déjà A et quelques traces qu’il dévoilera. »

Le directoire discute ensuite les griefs qu’on invoque contre lui (1). «D'un côté, l’on se plaint que le directoire a fait hausser les prix-des denrées, de l’autre l’on dit qu'il n’a rien acheté. Ces deux accusations se croisent ridiculement et sont absolument contradictoires.

S'il a fait hausser les prix, il a donc acheté.

Il n’a pu faire hausser les prix en fourrages, puisqu'il a constamment insisté sur des versements qui en ramenant l’abondance, influent nécessairement à la baisse.

Il n’a pu faire hausser le prix des grains, puisqu'il a constamment insisté sur les versements de graius de la Belgique, afin de venir non seulement au secours des approvisionnements militaires, mais encore pour soulager le peuple.

Il est faux que le service ait manqué en fourrages, puisqu'il résulte de l’attestation de notre chargé d’achats, Doisy, attestation confirmée par les régisseurs de la manutention même, que le service est dans ce moment ci assuré par les achats du directoire, jusqu’à la fin du mois et qu’il l’est pour six mois, par les versements indiqués, provenant des achats faits pour le compte de cette armée de l'Intérieur.

Il n'a pas pu manquer en vivres, puisque pour les denrées existant actuellement en magasin, il est assuré pour deux mois et qu'il l’est pour six pour les grains prêts à être versés, sans compter les ressources immenses que nous fournira la Belgique. »

Ce plaidoyer pro domo, parait peu convaincant, puisque les faits qui y sont allégués, sont en contradiction avec les aflirmations de personnes aussi qualifiées que les représentants du peuple en Belgique, chargés spécialement d’enquêter sur place. Aussi, ces commissaires peuvent-ils sans grand peine, porter au directoire le coup de grâce, par l'organe de Camus, chargé du rapport d'ensemble sur la question des subsistances.

Nous devions déclare-t-il (2), prendre connaissance de l’état de l’armée, examiner les dépenses, chercher la cause du dénuement où elle se trouvait. Or, «le défaut de subsistances vient du comité des achats. Si ce que j'ai vu est vrai, comme je n’en puis douter, les membres de ce comité doivent être décrétés d'accusation. Il s’est trouvé des jours où l’armée n’avait ni vivres, ni argent, ni agents. »

Alors Lacroix, un autre commissaire à l’armée de Belgique, de

s’écrier : «je demande que dès cet instant, vous mettiez en état 1. Réponse du directoire des achats, op. cit, 3,

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