‹ La Défense Nationale A La Fin De 1792Chapitre 307 sur 327 · CET · texte numérisé non relu

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la république... et que les comptes du ministre de l’intérieur, des contributions et de la justice, seront imprimés et distribués et que les comptes particuliers qui avaient été préparés par les ministres de la guerre, de la marine et des affaires étrangères, seront déposés au comité de Défense générale. »

Mais Roland poussé par les girondins, refuse définitivement de se solidariser avec Pache et “prend la résolution d'offrir sa démission à l'assemblée. Il en escompte sans doute un grand effet et la droite toute entière pense que l’immense majorité de la Convention ne voudra pas se priver des services d’un homme qui personnifie à leurs yeux la justice et la liberté. Aussi n’hésitet-il pas à écrire à la Convention une nouvelle lettre ‘conçue en

ces termes (1) : «Je viens offrir à la Convention mes comptes,

ma personne et lui donner ma démission...

Je n’entends pas échapper à la responsabilité Re délibérations auxquelles J'ai participé effectivement ; mais je déclare que je ne Signerai point le compte général que “doit rendre le conseil au 127 février.

J’en ai donné précédemment les raisons ; 1l doit renfermer dés parties sur lesquelles je mai jamais pu être éclairé, ni satisfait. Je ñne parle pas seulement de ce qui concerne les fournitures. et les vivres de nos armées ; mais du nornbre des hommes qe composent.

A compter d’après nos dépenses, nous avons sur pied 500.000 hommes manquant de tout, ne se soutenant au milieu des plus rudes épreuves, que par l'héroisme de la liberté...

: Ce, même dévouement,;-dont, la; connaissance: paraîtrait, der ‘sourire: à nos ennemis,-fait ressortir une: force morale capable. de les effrayer ;.et si nous, pouvons: les repousser. où les contenir... malgré. les. inconvénients: d’une: ‘administration. (vicièuse,! COMment, ne, les. Vaincrions nous Pas; ‘quand une grande rigénération ‘assurera dans: DOS : armées! Fordre et l'aborndancé:: ::5, ; Mais : en: ‘attendant, cette’ régénération nécessaires: des me souffrent, leur. nombre.diminue, des: maux; ,s’aggravent et:les D agons ‘du conseil :sont!-entravées: au! “ioment le. plus solennel, dans, les. circonstances graves où: la conduite ducs vouvefeme va. décider du: sort'de la Frances: 2115 !

: Par exemple, qu’un général: ‘tel. que Gustine: ou. Site Pre un renfort, comment le lui-procurer et. où peut-on le faire prendre, lorsque l'on ne sait jamais bien le nombre. effectif et l’état des troupes, fe «1 salsurin oi fu

Ce ne peut ‘être cependant que d'après une connaissance cer-

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taine à cet égard, qu’on délibère une sage opération ; car il faut eu combiner les efforts et sur le besoin du général qui réclame et sur celui des frontières et sur nos différents rapports avec l'ennemi sur tous nos points de défense. L'un des commissaires à la trésorerie prouvait l’autre jour au conseil, qu'un seul commissaire des guerres avait fait écouler près de six millions en supposant tel nombre d'hommes qui n’existait pas.

Je pourrais citer d’autres faits ; mais ces aperçus suffisent pour fonder mes raisons de ne pas accorder de confiance au rapport général, dont l’état de nos armées doit faire partie, et justifier ma résolution de ne rien signer qui y soit relatif... »

Alors Hardy (de Rouen): «je demande que cette lettre soit imprimée et envoyée aux départements. Roland n’a fait qu’une faute, c’est de nous avoir indiqué Pache pour ministre. »

Mais la gauche s'oppose énergiquement à cette double mesure et Robespierre jeune va jusqu’à traiter Roland de scélérat. Malgré cette opposition, la majorité adopte la motion ; mais les girondins ont manqué leur effet : ils n’ont pu obtenir que leur ministre soit prié de conserver son portefeuille et n’ont même pas la consolation de voir décréter qu’il emporte avec lui les regrets de la Nation.

Cependant, cette démission va porter à Pache le coup fatal; la Gironde a en effet juré de venger sur lui la défaite de Roland.

Le 24 janvier, elle parvient à faire nommer Rabaud Saint- Etienne président de la Convention, en remplacement de Vergniaud, contre Danton proposé par les montagnards. Dès lors, elle va pousser à fond ses attaques contre le ministre dela guerre (1), en profitant du rapport de Sièyes sur la réorganisation de son département, rapport discuté à partir du 25.

À la suite des premières interpellations provoquées par le dit rapport, que nous avons exposées et dont nous ne parlerons plus, Brûlard, dit Sillery, déelare le 31 janvier : «citoyens, ©’est au moment où toutes les puissances de l'Europe se coalisent contre notre liberté (2), que notre énergie et notre courage doivent balancer leurs efforts... mais... quelle que soit la valeur des troupes françaises, si vous laissez subsister plus longtemps le dénuement total dans lequel elles se trouvent, elles ne pourront résister aux eflorts bien combinés de leurs ennemis. Hâtons-nous donc de faire les changements absolument nécessaires dans l’administration de la guerre. » ee

IT ajoute, qu'il ne se propose pas de discuter le plan Sièyes,

1. Voir T'ernaux, VI, 17 et Charavay, Correspondance de Carnot, I, 321. 2. Séance du 31 janvier, Moniteur: du: 2 février, n°, 338.:

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